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Orthographe

Publié le 2 sept. 2011

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Le  vendredi 2 septembre 2011

Enseigner l'orthographe en 6ème

Recherche action organisée sous la direction de Monsieur DESVAUX Philippe, IA – IPR de Lettres, avec la participation de Laurence ARGENTIN, Clg de la Belle de Mai, Marseille (ZEP), Bénédicte ASTIC, Clg Marie Mauron, Pertuis (84), Marie Claude DUVAL, Clg JMG Itard, Oraison (04), Marie Claude GRAFF, Clg provisoire de Plan de Cuques (13), Nicolas SAINT-GIRONS, Clg M. Ferrandi, Septèmes les Vallons (13).

  • ENSEIGNER L’ORTHOGRAPHE EN CLASSE DE SIXIEME

     

    A télécharger : le bilan complet de la recherche-action sur l'enseignement de l'orthographe en 6ème

     

    Principes et acteurs de la recherche-action

     

            Depuis plusieurs lustres, l’enseignement de l’orthographe au collège n’inspire plus guère la réflexion didactique. Dans le même temps, tous les indicateurs dont nous disposons, notamment les évaluations nationales à l’entrée en Sixième, soulignent l’importance des difficultés que les élèves, dans leur ensemble, éprouvent dans ce domaine. Or une insuffisante maîtrise de l’orthographe, outre qu’elle témoigne d’une relation défaillante à la langue française, constitue toujours un handicap scolaire et social très pénalisant. Pour cette première raison, il faut s’intéresser à l’enseignement de l’orthographe si l’on veut servir l’intérêt des élèves.

     

            D’autre part, la question de l’orthographe soulève des questions pédagogiques et didactiques dont la portée et l’intérêt dépassent assez largement ce seul domaine de compétence.

     

            Tout d’abord en effet, l’orthographe soulève des problèmes fondamentaux de construction de compétences, beaucoup plus que d’acquisition de connaissances ; on ne cherche pas à former de petits linguistes savants, mais des adolescents écrivant correctement le français. La maîtrise orthographique passant fondamentalement par une automatisation de l’application des « règles », son enseignement doit s’inscrire dans le cadre de pratiques d’écriture fréquentes, diversifiées, régulières et contrôlées et, d’autre part, les processus d’appropriation par les élèves des fameuses règles d’orthographe doivent être repensés. On est bien obligé de constater que de telles orientations ne sont pas majoritaires dans l’enseignement du français.

     

            Ensuite, l’orthographe pose nécessairement la question d’une approche individualisée de son enseignement et d’une diversification des objectifs didactiques. D’une part, le professeur ne saurait ignorer les difficultés orthographiques les plus prégnantes dans la classe et se voit contraint d’opérer des choix. D’autre part, dans le domaine de l’orthographe tout particulièrement, la diversité des degrés de maîtrise chez les élèves à l’entrée en Sixième est tellement évidente que l’on ne peut concevoir les mêmes objectifs et les mêmes approches pour tous ; apparaît ici notamment la nécessité d’une gestion dialoguée de l’erreur et de la difficulté.

     

     

    orthographe

     

     

    Les principes de l’action

     

    Tout d’abord, il ne s’agit pas de mettre en place une situation d’enseignement « en laboratoire ». Les 5 professeurs de lettres qui ont accepté de participer à cette réflexion concrète exercent dans des situations très représentatives de la diversité de nos collèges et de nos classes de Sixième ; mobilisant la diversité de leurs goûts, de leurs lectures et de leurs idées, ils ne se sont pas impliqués dans une « expérience scientifique », mais ont poursuivi leur métier d’enseignant dans les conditions habituelles, même si les choix effectués se fondent souvent sur les travaux de N. Catach ou de Michel Gey qui font autorité pour l’enseignement de l’orthographe. Ce qui fonde la cohérence de notre entreprise, c’est le respect des principes fondamentaux suivants.

     

    Priorité aux compétences d’écriture 

     

        Chaque professeur consacre un tiers de l’horaire hebdomadaire de français à des activités d’écriture qu’il décide, accompagne ou conduit. Ce tiers temps ne suppose évidemment aucun emploi du temps hebdomadaire figé et doit s’entendre à l’échelle de la séquence. Les activités d’écriture sont elles-mêmes très diversifiées et ne sauraient se limiter aux exercices traditionnels de la dictée et de la rédaction….

     

    Enseignement spécifique de l’orthographe 

     

        45 minutes hebdomadaires seront, en moyenne sur le temps global de chaque séquence, consacrées à l’orthographe. Cela ne signifie nullement qu’une plage horaire fixe soit assignée à l’orthographe. Le professeur ne se contente évidemment pas d’évaluer l’orthographe de ses élèves à partir d’un nombre plus ou moins grand de dictées ; il met en œuvre un véritable enseignement de l’orthographe. Ceci suppose que soient définis, à partir d’une évaluation initiale commune, des objectifs précis pour chaque classe, voire pour certains groupes particuliers d’élèves ; ceci suppose qu’un temps suffisant soit consacré à l’observation de la langue, à la formulation et à la mémorisation des « règles » ; ceci suppose que soient mises en place des procédures d’évaluation à la fois précises, diversifiées et stimulantes.

     

    Attention accordée aux processus d’apprentissage des élèves 

     

    Loin d’en rester à une formulation essentiellement grammaticale des règles (« clé » de l’analyse), le professeur s’attachera à diversifier les entrées dans le système orthographique : clé de la prononciation, clé de la place, clé de la position, clé de la substitution, clé de la dérivation et clé de la mémorisation. Cette typologie est directement empruntée à Michel Gey ( Ortho Plus 6ème Nathan) ; elle est liée à une démarche qui vise à faciliter et accélérer la décision orthographique, en évitant de la suspendre systématiquement au terme d’une analyse grammaticale longue, difficile et rapidement ingérable pour l’élève. Par ailleurs, l’analyse des origines de l’erreur ou de la difficulté chez les élèves, notamment ceux qui sont parmi les plus défaillants dans le domaine de l’orthographe, fera l’objet d’un travail dialogué et individualisé, en particulier dans les dispositifs habituels d’aide.

     

    Les acteurs

     

    Cinq professeurs certifiés de lettres ont accepté de mettre en œuvre ces principes de travail pendant toute l’année scolaire : Laurence ARGENTIN, Clg de la Belle de Mai, Marseille (ZEP), Bénédicte ASTIC, Clg Marie Mauron, Pertuis (84), Marie Claude DUVAL, Clg JMG Itard, Oraison (04), Marie Claude GRAFF, Clg provisoire de Plan de Cuques (13),Nicolas SAINT-GIRONS, Clg M. Ferrandi, Septèmes les Vallons (13)

    Pour, leur disponibilité, la qualité de leur implication et de leur réflexion, je tiens ici à les remercier et à les féliciter.

     

    Parallèlement au travail de ces enseignants dans 5 classes de Sixième, 5 autres classes « témoins », dans des collèges différents mais comparables avec les précédents sur le plan de leur population scolaire, ont bien voulu procéder à des évaluations initiale et terminale communes permettant de mesurer l’efficacité de la démarche retenue. Ces 5 classes se trouvent dans les collèges suivants : Clg Les Garcins, Briançon (05), Clg M. Javelly, Riez (04), Clg de L’Estaque, Marseille (ZEP), Clg Clair Soleil, Marseille (ZEP), Clg A. Malraux, Marseille.

    Là encore, je tiens à remercier les enseignants et les chefs d’établissement concernés.

     

    La présentation de ce bilan

     

    Le lecteur trouvera dans un premier temps un bilan global de l’action engagée dans les 5 collèges. Ce bilan s’attache à mettre en lumière les progrès globaux, particulièrement stimulants, réalisés dans le domaine de l’orthographe par l’ensemble des élèves concernés, ainsi que les caractéristiques communes aux démarches mises en œuvre.

    Cette présentation synthétique est suivie des comptes rendus individuels du travail réalisé par chacun des 5 professeurs engagés dans cette action. Ces documents, plus longs et plus détaillés, mettent en évidence, au-delà des principes généraux de l’action, la réelle diversité de leurs pratiques pédagogiques, que ce soit pour la définition d’objectifs spécifiques à chaque classe ou pour les éclairages qu’apporte l’évaluation des individus élèves.

     

    Philippe DESVAUX

    IA-IPR des lettres