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Publié le 30 nov. 2014 Modifié le : 21 janv. 2015

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Le  dimanche 30 novembre 2014

"La disparition des lucioles" ou l'art dans la prison

Géraldine Picard, collège Miramaris, Miramas, exposition collection Lambert

  • La disparition des lucioles

     

    « LA DISPARITION DES LUCIOLES » OU L'ART DANS LA PRISON

    Géraldine Picard, collège Miramaris, Miramas, 2014-2015

    C’est derrière le Palais des Papes que se niche la prison Sainte Anne, qui s’est transformée en lieu d’exposition de mai à novembre 2014. C’est cet espace désaffecté depuis 2003, qui a été choisi pour accueillir la collection d’art contemporain Lambert le temps des travaux d’extension de la fondation. Une rencontre sensible que je vous invite à découvrir…

    Dès l’entrée de l’exposition, accueilli par des policiers en résine, sortis de l’imagination de Xavier Veillan, le visiteur sent sourdre en lui une sensation étrange et pressent une déambulation hors du commun. C’est amusant d’ailleurs de le voir échanger et communiquer avec les gens qui l’entourent pour chasser ce premier sentiment de malaise. Promenant librement à travers les trois étages qui composent la prison, il découvre plus de 150 dessins, tableaux, sculptures, installations visuelles ou sonores. Chaque cellule lui livre son trésor, à travers ses grilles ou le temps d’un instant volé par le judas d’une lourde porte en bois. Geôles mais également couloirs, et cours abritent des œuvres et chacune y prend un sens et une résonnance particulière.

    Des créations d’artistes majeurs comme Basquiat, ManRay, Boltanski, Haring, ou la célèbre « chaise électrique » d’Andy Warhol côtoient les traces laissées par les anciens détenus.

    Le temps qui passe ou celui qu’il fait, l’isolement, la solitude et la liberté sont les thèmes récurrents qui accompagnent la visite. Certaines œuvres créées pour l’occasion, comme le « Cobaye » de Gloria Friedmann rendent réel cet enfermement. La taille de cette silhouette de terre et d’acier la condamne incontestablement à rester prisonnière de sa cellule.

    La magie de l’exposition et de sa scénographie opère et l’espace carcéral se mue lui-même en œuvre d’art. Les couleurs des portes des différents quartiers : les pastels de celui des femmes, le rouge chatoyant des isolés, le vert vif de celui des hommes éclairent cet univers sombre et l’on se surprend à chercher soi-même le cliché artistique.

    Référence à l’article de Pasolini, « La disparition des Lucioles », nous rappelle que ces petites lueurs artistiques qui nous éclairent sont éphémères et fragiles.

    Si vous avez manqué ce moment, vous pourrez toujours retrouver les œuvres de la fondation Lambert à sa réouverture au printemps 2015, dans un autre contexte... 


    EN CLASSE

    Cette exposition est le départ d'un projet avec une classe de 3e dans le cadre de l'histoire des arts qui conduire les élèves à réaliser leur propre exosition. La séquence ici : LA MISE EN SCENE DE L'OEUVRE : «LA DISPARITION DES LUCIOLES» OU L'ART DANS LA PRISON


    Pour aller plus loin

    - Le dossier pédagogique de l’exposition :

    https://www.pedagogie.ac-aix-marseille.fr/upload/docs/application/x-download/2014-06/dossier_pedagogique_c._lambert.pdf

    - Le site de la collection Lambert : http://www.collectionlambert.fr/

    - Des articles de presse :

    http://www.telerama.fr/art/la-disparition-des-lucioles,115048.php

    http://www.franceinter.fr/evenement-la-disparition-des-lucioles

    - Des vidéos :

    TV5 monde : https://www.youtube.com/watch?v=FmItQTl6gxc

    JT du off Avignon 2014 : http://jtduoff.fr/prison-st-anne-disparition-lucioles/