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Contributions PHILOSOPHIQUES

Publié le 1 mars 2017

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Le  mercredi 1 mars 2017

APRÈS BABEL, TRADUIRE

Exposition du 14 décembre 2016 au 20 mars 2017

  • Le Mucem présente du 14 décembre 2016 au 20 mars 2017 l’exposition Après Babel, traduire. “Babel” : en hébreu, cela veut dire “Confusion”. Babel, la diversité des langues, est-ce une malédiction ou une chance ? Réponse : une chance, à condition de traduire.   La traduction est l’un des grands enjeux culturels et sociétaux d’un monde globalisé. Traduire, c’est préférer à une communication rapide et basique dans une langue dominante plus ou moins artificielle (aujourd’hui le « global english » ou globish) un travail coûteux et parfois déconcertant sur la différence des langues, des cultures, des visions du monde, pour les comparer et les mettre en harmonie.   La traduction est d'abord un fait d'histoire : les routes de la traduction, via le grec, le latin, l'arabe, sont celles de la transmission du savoir et du pouvoir. «La langue de l’Europe, c’est la traduction», a dit Umberto Eco. Les civilisations d’Europe et de Méditerranée se sont construites sur cette pratique paradoxale : dire « presque » la même chose, et inventer en passant, à la confluence des savoirs et des langues.   C'est aussi un enjeu contemporain. La diversité des langues apparaît souvent comme un obstacle à l’émergence d’une société unie et d’un espace politique commun, mais l’exposition Après Babel, traduire inverse cette proposition et montre comment la traduction, savoir-faire avec les différences, est un excellent modèle pour la citoyenneté d’aujourd’hui.   Partant d’une abstraction - le passage d’une langue à une autre -, l’exposition donne à voir, à penser et à voyager dans cet entre-deux. Du mythe de Babel à la pierre de Rosette, d’Aristote à Tintin et de la parole de Dieu aux langues des signes, elle présente près de deux cents œuvres, objets, manuscrits, documents installations, qui manifestent de façon spectaculaire ou quotidienne les jeux et les enjeux de la traduction.

     

    Traduire

     

    « Après Babel, traduire ». Traduire : un verbe. Un processus. En effet, il s’agit moins de donner à voir la nécessité des traductions que l’acte même de traduire, de passer d’une langue à l’autre, de séjourner dans l’entre-deux langues. Toutefois, si abstraite que puisse sembler l’opération qui oeuvre entre deux langues, elle prend matière dans des textes, des traces gravées ouimprimées, et inscrit ses effets dans le monde et les cultures, comme en témoignent les oeuvres scientifiques, littéraires et artistiques ainsi que les objets techniques exposés.

     

     

    L’exposition s’organise en trois volets :

     

    • le premier invite à se demander si le mythe biblique de Babel est à entendre comme une malédiction ou au contraire comme une chance, et permet de saisir les enjeux politiques de la question, en particulier pour l’Europe.
    • Le deuxième volet nous emmène sur les « routes de la traduction », empruntées mais aussi tracées par les hommes, les oeuvres et les savoirs.
    • La dernière partie de l’exposition, s’attachant aux « intraduisibles », nous confronte à la matière même des mots, à leur présence physique, elle montre moins ce que l’homme fait de ses langues que ce qu’elles font de lui et, en quelque sorte, sans lui, non seulement lorsqu’il tente de traduire, mais aussi lorsqu’il parle, crée, s’amuse, travaille.

     

    C’est en s’ouvrant à la diversité des langues que l’homme réalise qu’il est un être de langage, parlant une langue particulière autant qu’il est, pour ainsi dire, parlé par elle.

     

     

    Ci-joint le dossier pédagogique de l'exposition