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Publié le 19 juin 2017

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Le  lundi 19 juin 2017

Actualités 2016 -2017

L. Auffant

  • Des liens, des documents pour servir, donner des idées, d'"accroche" par exemple.

     

     

    Actualité 2016-2017

     

     

     

    Science économique

     

     

     

    Croissance, fluctuations et crises

     

     

     

    Croissance France :

     

    https://www.economie.gouv.fr/cedef/indicateurs-conjoncture-economique, https://www.insee.fr/fr/statistiques/2662600

     

    « Le PIB progresse de 0,4 % au premier trimestre 2017. »

     

     

     

    Croissance zone euro :

     

    https://ec.europa.eu/france/news/20170203_previsions_economiques_hiver_fr

     

     

     

    « Pour la première fois depuis près de dix ans, les économies de tous les États membres de l'UE devraient croître sur l'ensemble de la période de prévision (2016, 2017 et 2018). Toutefois, les perspectives sont plus incertaines qu'à l'accoutumée.

     

    Le PIB réel de la zone euro est en hausse depuis 15 trimestres consécutifs, l'emploi progresse à un bon rythme et le chômage continue de reculer, bien qu'il soit encore supérieur à ses niveaux d'avant la crise. La reprise reste tirée par la consommation des ménages. La croissance des investissements se poursuit, mais à un rythme modéré.

     

    Dans ses prévisions d'hiver publiées aujourd'hui, la Commission européenne table sur une croissance du PIB de 1,6 % en 2017 et de 1,8 % en 2018 dans la zone euro. Ces prévisions ont été légèrement revues à la hausse par rapport aux prévisions d'automne […] Pour ce qui est de l'ensemble de l'UE, la croissance du PIB devrait suivre une évolution similaire pour s'établir à 1,8 % cette année et l'an prochain [...]

     

    La reprise de l'économie mondiale devrait s'accélérer [….]

     

     

     

    Remontée de l'inflation

     

    L'inflation dans la zone euro a repris récemment, car la baisse des prix de l'énergie observée dans le passé a fait place ces derniers temps à un renchérissement. Après avoir enregistré des niveaux très faibles ces deux dernières années, l'inflation devrait désormais s'orienter à la hausse en 2017 et 2018, tout en restant en deçà de l'objectif de taux «inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme» qui définissent la stabilité des prix. L'inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l'énergie et des denrées alimentaires, ne devrait augmenter que progressivement. Globalement, l'inflation dans la zone euro devrait passer de 0,2 % en 2016 à 1,7 % en 2017 et à 1,4 % en 2018. Dans l'ensemble de l'UE, les prévisions tablent sur une hausse de l'inflation qui, de 0,3 % en 2016, s'établirait à 1,8 % en 2017 et à 1,7 % en 2018.

     

     

     

    La demande intérieure devrait rester le fondement de la croissance économique

     

    La croissance devrait continuer à être tirée principalement par la consommation des ménages, soutenue par des améliorations durables de l'emploi et une hausse plus importante des salaires nominaux. Toutefois, la croissance de la consommation privée est appelée à ralentir car l'inflation va augmenter et limiter la hausse du pouvoir d'achat des ménages cette année et l'année prochaine.

     

    L'investissement devrait certes poursuivre sa progression, mais à un rythme modéré, stimulé par un certain nombre de facteurs tels que des coûts de financement très faibles et le redressement de l'activité mondiale. Les projets financés au titre du plan d'investissement pour l'Europe devraient soutenir de plus en plus les investissements privés et publics au fur et à mesure qu'ils passent de la phase d'approbation à celle de la mise en œuvre. Dans l'ensemble, il est prévu que les investissements dans la zone euro augmentent de 2,9 % cette année et de 3,4 % en 2018 (2,9 % et 3,1 % dans l'UE), soit une hausse de 8,2 % depuis le début de la reprise au début de 2013. Toutefois, la part des investissements dans le PIB reste inférieure à ce qu'elle était au tournant du siècle (20 % en 2016 par rapport à 22 % en 2000-2005). Cette faiblesse persistante de l'investissement sème le doute sur le caractère durable de la relance et le potentiel de croissance de l'économie.

     

     

     

    La croissance de l'emploi contribue à faire baisser le chômage

     

    La reprise économique continue à avoir d'importants effets positifs sur les marchés du travail, après les réformes structurelles de grande ampleur menées dans plusieurs États membres. L'emploi devrait continuer à croître à un rythme relativement soutenu, mais un peu moins rapidement en 2017 et 2018 par rapport à l'an dernier. Le taux de chômage dans la zone euro devrait continuer à reculer, passant de 10,0 % en 2016 à 9,6 % cette année et à 9,1 % en 2018. Pour ce qui est de l'UE dans son ensemble, le chômage devrait diminuer, de 8,5 % en 2016, à 8,1 % en 2017 et à 7,8 % en 2018. Ces chiffres du chômage sont les plus bas depuis 2009, mais restent supérieurs aux niveaux d'avant la crise.

     

     

     

    Diminution de la dette souveraine et des déficits publics

     

    Dans la zone euro, le déficit public agrégé et le ratio de la dette au PIB devraient continuer à baisser en 2017 et 2018. Le déficit public de la zone euro devrait reculer, de 1,7 % du PIB cette année à 1,4 % en 2017 et 2018. Cet allègement s'explique par des dépenses moins importantes au titre des intérêts imputables à des taux d'intérêt exceptionnellement bas. Il rend compte également des améliorations sur le marché du travail: le nombre de personnes qui paient des impôts et des cotisations augmente, tandis que celui des bénéficiaires de transferts sociaux diminue. Le ratio de la dette au PIB devrait baisser progressivement pour passer de 91,5 % en 2016 à 90,4 % en 2017 et à 89,2 % en 2018.

     

     

     

    Croissance de toutes les économies des États membres

     

    Pour la première fois depuis 2008, les prévisions de la Commission laissent entrevoir une croissance économique dans tous les États membres de l'UE sur l'ensemble de la période de prévision (2016, 2017, 2018). Même les États membres les plus durement touchés pendant la récession devraient aussi avoir renoué avec la croissance l'an dernier. Les conséquences de l'appréciation du dollar américain et la hausse des taux d'intérêt à long terme pourraient toutefois creuser les écarts de taux de croissance entre les États membres.

     

     

     

    Des risques exceptionnels pèsent sur les prévisions d'hiver

     

    Les incertitudes particulièrement grandes qui entourent ces prévisions d'hiver s'expliquent par le fait que la nouvelle administration américaine doit encore clarifier ses intentions dans des domaines clés, ainsi que par les nombreuses élections qui doivent se tenir en Europe cette année et les prochaines négociations avec le Royaume-Uni en vertu de l'article 50.

     

    Même si les risques ont augmenté tant à la hausse qu'à la baisse, la tendance reste orientée à la baisse. À court terme, les mesures de relance budgétaire aux États-Unis pourraient avoir des incidences plus marquées sur la croissance que ce qui est actuellement prévu. À moyen terme, les risques qui pèsent sur les perspectives de croissance sont liés aux conséquences des crises récentes; au vote du Royaume-Uni en faveur d'une sortie de l'Union européenne; aux perturbations potentielles des échanges commerciaux; à un resserrement monétaire plus rapide aux États-Unis, qui pourrait influencer négativement les économies de marché émergentes; enfin, aux conséquences potentielles d'un endettement élevé et croissant en Chine.

     

     

     

    Contexte

     

    Les présentes prévisions reposent sur un ensemble d'hypothèses extérieures concernant les taux de change, les taux d'intérêt et les prix des produits de base, au 1er février 2017. Les chiffres utilisés correspondent aux attentes des marchés des produits dérivés à la date des prévisions. Pour toutes les autres données, y compris les hypothèses relatives aux politiques publiques, les présentes prévisions prennent en considération des informations jusqu'au 1er février 2017 inclus. Seules les politiques annoncées de façon crédible et définies de manière suffisamment détaillée sont intégrées et les projections reposent sur l'hypothèse de politiques inchangées. »

     

     

     

    Reprise https://www.insee.fr/fr/statistiques/2019065?sommaire=2019072

     

    « La reprise s'auto-entretient dans la zone euro

     

    L'année 2016 a commencé par une nouvelle accélération de l'activité dans la zone euro (+0,6 % après +0,4 %). Le produit intérieur brut a augmenté plus vivement qu'attendu en France et en Allemagne et la croissance n'a faibli ni en Espagne, ni en Italie. Les fondamentaux de cette croissance semblent désormais robustes, comme l'atteste la bonne orientation du climat des affaires. » (Juin 2016)

     

     

     

    Inversion courbe du chômage ? http://statistiques.pole-emploi.org/stmt/publication « Fin avril 2017, en France métropolitaine, le nombre de demandeurs d'emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) s'établit à 3 471 800. »

     

     

     

    Mondialisation, finance internationale, intégration européenne

     

     

     

    D Trump et le protectionnisme, réaction de Xi Jinping :

     

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/01/31/protectionnisme-jusqu-ou-trump-peut-il-aller_5072273_3232.html

     

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/01/27/le-national-economisme-de-trump_5070046_3232.html

     

    https://www.lesechos.fr/19/11/2016/lesechos.fr/0211511922316_libre-echange-chinois-contre-protectionnisme-de-trump.htm

     

    Puissance des FMN : Apple : une entreprise dont la capitalisation boursière = 802,2 milliards de dollars en mai 2017

     

    Délocalisations : Whirpool Amiens  (production de sèche-linge) : délocalisation vers la Pologne : http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/01/24/whirlpool-lance-la-reorganisation-de-son-usine-d-amiens_5068148_3234.html

     

     

     

    UE : infos ci-dessus + vaste étude INSEE sur inflation depuis le passage à l’euro en France : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2854085

     

    « De 2002 à 2016, les prix à la consommation ont augmenté de 1,4 % en moyenne par an. Cette inflation est inférieure à celle des quinze années précédentes (+ 2,1 % en moyenne entre 1986 et 2001). Pourtant, le passage à l’euro en 2002 a nettement accru la divergence entre la mesure de l’inflation et la perception qu’en ont les ménages. Cet écart s’explique en partie par le fait qu’ils sont plus sensibles à l’évolution des produits achetés fréquemment, dont ils se rappellent plus facilement le dernier prix valorisé en francs, une référence qui s’éloigne dans le temps au fil des ans. Or, si les prix de ces produits ont été revalorisés plus fortement lors du basculement vers de nouvelles grilles tarifaires psychologiques en euros, leur hausse depuis quinze ans n’est pas plus prononcée qu’au cours de la décennie précédant le passage à l’euro. »

     

     

     

    Économie du développement durable

     

     

     

    COP22 en 2016 (+ info sur COP 21) http://www.lemonde.fr/conferences-climat/article/2016/11/07/tout-comprendre-aux-negociations-de-la-cop22_5026432_5024922.html

     

    (La Cop 23 aura lieu à Bonn en novembre 2017)

     

    Accord de Paris (COP 21 en 2015) et déclaration de D Trump : https://reporterre.net/Sortir-ou-pas-de-l-Accord-de-Paris-sur-le-climat-Trump-ne-parvient-pas-a-se puis retrait de l’accord de Paris le 1er juin 2017 (motifs : cet accord nuirait à l’emploi aux USA, cet engagement n’aurait que peu d’effet sur le changement climatique)

     

     

     

    Sociologie

     

     

     

    Classes, stratification et mobilité sociales

     

     

     

    Inégalités : lutte contre les inégalités scolaires : des classes de 12 élèves en CP et CE1 dans les écoles de l’éducation prioritaire ? Rapport PISA (de l’OCDE) : France un des pays les plus mal classés en terme de réduction des inégalités scolaires.

     

    Inégalités hommes/ femmes et cinéma : http://www.lesinrocks.com/2017/02/27/cinema/femmes-lindustrie-cinema-inegalites-toujours-de-mises-malgre-ameliorations-11916957/

     

    Vote : le reflet de l’appartenance à une classe sociale ? https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/0211992880832-le-vote-de-classe-structure-toujours-la-presidentielle-2081185.php (le vote de classe structure toujours l’élection présidentielle)

     

     

     

    Classes sociales, mobilité et immobilité : thème d’un des livres les plus vendus cette année (Elena Ferrante, Une amie prodigieuse tome 3  notamment Celle qui fuit et celle qui reste) : http://www.lefigaro.fr/culture/2017/01/12/03004-20170112ARTFIG00204-elena-ferrante-quatre-raisons-de-devorer-sa-saga-napolitaine.php

     

     

     

    Intégration, conflits, changement social

     

     

     

    Conflits sociaux :

     

    chauffeurs de camions citernes soutenus par la CGT : « Le syndicat a décidé de transformer en grève son épreuve de force engagée lors des négociations paritaires amorcées par l’ensemble des partenaires sociaux sur la refonte de la convention collective du transport routier. Lors de ces réunions, la CGT a présenté des revendications spécifiques pour les chauffeurs des camions transportant des matières dangereuses. « Au volant de ces véhicules, la vigilance doit être redoublée, un accident pouvant avoir des conséquences catastrophiques, explique M. Delaunay. Les salariés sont au contact de produits potentiellement toxiques. C’est pourquoi la CGT demande pour ces chauffeurs une réduction de douze à dix heures du temps total de service, un repos hebdomadaire de quarante heures sans dérogation, et des visites médicales plus fréquentes qu’aujourd’hui. Sans compter des mesures salariales : ajout d’un treizième mois et hausse du salaire horaire brut à 14 euros. » Source : http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2017/05/29/les-conducteurs-de-camion-de-carburant-toujours-mobilises_5135282_1656968.html

     

     

     

    taxis, loi travail (nuit debout), élections présidentielles,

     

    Occupy Wall Street : article écrit par M Piore (segmentation du marché du travail : Piore et Doeringer) : http://www.metiseurope.eu/regain-de-contestation-sociale-aux-etats-unis_fr_70_art_29291.html,

     

    conflit dans une entreprise : Air France en octobre 2015 (DRH chemise arrachée) : https://www.franceculture.fr/emissions/lesprit-public/comprendre-le-conflit-social-air-france-la-campagne-pour-lelection, le conflit à Whirlpool, le conflit chez le sous-traitant automobile GS&M (menace de faire exploser des bouteilles de gaz si plan social et licenciements), Vivarte, Tati  (conflits défensifs):

     

    https://www.lesechos.fr/economie-france/social/0212088127470-des-plans-sociaux-genants-pour-le-nouvel-executif-2087020.php

     

     

     

     

     

    Regards croisés

     

     

     

    Justice sociale et inégalités

     

     

     

    Impôts sur le revenu : vers le prélèvement à la source mesure présentée par F Hollande (censé augmenter l’efficacité du système fiscal) ? ou vers sa suppression par le président E Macron ?

     

    vers la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages afin de réduire les inégalités (est-ce possible d’un point de vue économique ?) : http://www.francetvinfo.fr/economie/impots/impots/supprimer-la-taxe-d-habitation-pour-80-des-francais-cinq-questions-sur-la-promesse-d-emmanuel-macron_2074431.html

     

    Un revenu universel ?

     

    Inégalités record ? Occupy Wall Street : « nous sommes les 99 % »

     

     

     

    Travail, emploi, chômage

     

     

     

    Statistiques chômage :

     

    Délocalisation et chômage : l’exemple de Whirpool

     

    Vers la suppression de la loi Travail (loi El Khomry) ? vers une nouvelle loi travail pour lutter plus efficacement contre le chômage (réforme concernant le dialogue social, la flexibilité de l’emploi notamment) :

     

     

     

     

     

    High Tech

     

     

     

    Apple : pomme de reinette ou pomme d’api ?

     

     

     

    Christian Chavagneux 09/05/2017

     

    Apple impressionne par ses résultats et sa puissance financière. Pourtant, la firme américaine concentre plusieurs fragilités. Sera-t-elle, demain, la belle pomme d’or, la pomme de reinette, ou bien la petite pomme aplatie et rougissante, la pomme d’api ?

     

     

     

    Une puissance impressionnante

     

    Apple est l’entreprise de tous les records. Le 9 mai dernier, elle pèse environ 800 milliards de dollars en Bourse, l’équivalent de plus 730 milliards d’euros. Par comparaison, si l’on fait la somme des trois premières capitalisations boursières françaises (LVMH, Total et Sanofi), on aboutit à 350 milliards d’euros, même pas une demie pomme !

     

    L’activité d’Apple lui a permis de faire des bénéfices tels qu’elle a accumulé un trésor de guerre estimé à 257 milliards de dollars, dont 90 % sont logés dans les paradis fiscaux. La loi fiscale américaine taxe les profits réalisés à l’étranger au taux de l’impôt sur les sociétés de 35 % uniquement lorsqu’ils sont rapatriés sur le sol national. Ils bénéficient d’un report d’imposition tant qu’ils restent au dehors. D’où la stratégie d’Apple et de toutes les grandes multinationales américaines consistant à laisser la trésorerie gagnée à l’étranger dans les territoires où elle est peu ou pas taxée.

     

     

     

    Un trésor de guerre estimé à 257 milliards de dollars dont 90 % sont logés dans les paradis fiscaux

     

    Pour se faire une idée de ce que représente un tel trésor de guerre, on peut imaginer que l’entreprise pourrait par exemple offrir un yacht de luxe à chacun de ses 115 000 employés. Les amateurs de football avaient été frappés par l’énormité du prix payé l’an dernier par Manchester United pour acheter l’attaquant français Paul Pogba. Une paille pour Apple qui pourrait se payer 2214 joueurs de ce calibre. Plus stratégiquement parlant, la firme aurait la possibilité d’acquérir Tesla, Netflix, Uber, Snapchat et Twitter pour 235 milliards de dollars et il lui resterait encore des réserves.

     

    Ce n’est pas la stratégie adoptée par Apple. Après avoir conservé tous ses profits, elle a décidé depuis 2012 de distribuer des dividendes à ses actionnaires. Là aussi, la démesure prévaut : 300 milliards de distribution prévue d’ici la fin 2019, ce qui en fait l’entreprise la plus généreuse au monde en la matière.

     

     

     

    Les clés du succès

     

    Comment Apple a-t-elle pu en arriver là ? Son succès repose sur plusieurs piliers. Elle a réussi à inventer un produit, savant mélange entre un design attirant ; incitant à détenir le produit physique, et les services qu’il peut rendre. Ce succès lui permet d’appliquer un taux de marge de 40 % : un prix de luxe pour la profitabilité d’une marque de luxe pour un produit vendu au grand public. Dans ces conditions, les recettes pleuvent.

     

    Mais la prospérité de la marque à la pomme repose également sur sa capacité à reporter une partie de ses coûts sur les contribuables par une stratégie d’optimisation fiscale très agressive. A la fin de l’été 2016, une enquête de la Commission européenne, faisant suite à celle du Sénat américain allant dans le même sens, a révélé qu’Apple bénéficiait en dehors des Etats-Unis d’un taux d’imposition de 0,005 %. Les grandes entreprises transfèrent généralement leurs profits de manière artificielle vers les paradis fiscaux. La Commission a montré qu’Apple les redirige vers un siège social qui n’existe nulle part.

     

     

     

    La profitabilité d’une marque de luxe pour un produit vendu au grand public

     

    On peut alors être surpris qu’avec toutes ses ressources financières, l’entreprise soit endettée à hauteur d’environ 100 milliards de dollars. Les intérêts d’emprunt étant déductibles des bénéfices, cela contribue à réduire les impôts de l’entreprise. Mais Apple va plus loin : elle utilise des techniques d’optimisation qui lui font économiser plusieurs milliards d’impôt chaque année, ce qui contribue à accroître le déficit budgétaire américain et donc la dette, dette dont Apple souscrit les titres obligeant ainsi le contribuable américain à lui payer des intérêts au lieu de toucher ses impôts. Bloomberg estime ainsi qu’entre 2012 et 2016, le gouvernement des Etats-Unis a versé 600 millions d’intérêts à Apple dont 22 % du matelas financier est placé en titres de dette publique.

     

    L’agence d’information américaine a également mis au jour le fait qu’avec 58 % de son trésor de guerre placé dans les obligations d’entreprises, Braeburn Capital, la filiale financière de la société, est aujourd’hui le premier investisseur obligataire mondial. Quand les grandes entreprises mettent leur argent dans les paradis fiscaux, c’est que celui-ci y est officiellement enregistré mais n’y reste pas : il est placé sur les grands marchés de dette publique et privé internationaux. Apple illustre ce mécanisme à la perfection.

     

    Apple, un acteur financier de premier plan

     

    Répartition des placements d’Apple, avril 2017, en % du total

     

    *Produits financiers: produits dont la valeur est fondée sur la titrisation, c’est-à-dire la vente de crédits octroyés par des acteurs bancaires et financiers

     

     

     

    Les risques pour l’avenir

     

    En dépit de toute sa fortune, Apple est désormais confrontée à de grands défis pour son avenir. C’est une entreprise fragilisée. En effet, elle reste, en dépit de ses efforts, essentiellement mono produit. L’Iphone représente 68 % de son chiffre d’affaires. La seule chose qui intéresse les clients est la date de sortie de l’Iphone 8. Apple n’avait pas hésité à lancer l’Ipod et l’Ipad, des produits susceptibles de cannibaliser la vente de ses téléphones, mais le succès n’est pas au rendez-vous comme relais de croissance. Elle tente également de développer des offres plus axées sur les services comme le cloud, le streaming musical ou Apple Pay – le paiement sans contact avec son téléphone.

     

    Mais le tout ne continue à représenter qu’une part minime de son chiffre d’affaires. Apple Pay, un moyen de paiement sur lequel la firme prélève 0,15 % sur chaque transaction, n’a séduit qu’environ 10 % des Américains. Et, BPCE mise à part, les banques françaises se refusent aujourd’hui à en faciliter le développement, considérant que l’entreprise américaine est trop gourmande. Dans tous les nouveaux domaines où Apple tente de s’installer, la concurrence est plus forte.

     

     

     

    Apple reste essentiellement une entreprise mono produit

     

    De ce fait, l’importance du trésor de guerre de la firme souligne son absence de choix stratégiques. Elle pourrait racheter n’importe quelle entreprise mondiale dans n’importe quel secteur mais elle ne choisit pas. Elle reste mono produit, c’est un handicap pour l’avenir.

     

    Enfin, du G20 à la Commission européenne en passant par diverses initiatives nationales, les Etats ont décidé de s’attaquer aux pratiques fiscales les plus agressives. De ce point de vue, il faudra attendre encore plusieurs mois pour connaître l’issue de la bataille juridico-fiscale entre la firme américaine et la Commission. Il y a ainsi de grandes chances pour qu’Apple doive payer plus d’impôts dans les prochaines années. Le président Trump l’a bien compris qui souhaiterait que la manne d’Apple et des autres grandes entreprises située dans les paradis fiscaux prenne le chemin du retour vers les Etats-Unis. Il entend pour cela leur proposer un taux d’imposition réduit (10 % ou moins) en cas de rapatriement des capitaux. Reste à voir si le Congrès américain le suivra dans cette voie et dans quelle mesure les multinationales comme Apple souhaiteront en profiter.

     

    Apple dispose d’une force de frappe financière inégalée. Mais elle doit démontrer qu’elle est capable de l’utiliser à bon escient pour garantir son avenir à long terme.