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Traam documentation

Publié le 15 juin 2017 Modifié le : 15 sept. 2018

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Le  jeudi 15 juin 2017

COOP'CDI : la démocratie en marche - TraAM documentation 2016-2017

Evelyne MONTEL-ROUX, collège Jean Malrieu à Marseille. Coopération, collaboration, créativité, CDI, élèves, auto-gestion, évaluation

  • COOP'CDI, E. Montel-Roux TraAM documentation 2016-2017

     

     

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    1. L’état de la réflexion en septembre 2016

     

    Questionnement  général

     

    Comment impliquer les élèves dans la vie de l'établissement et plus particulièrement comment faire en sorte qu'ils s'approprient les espaces de vie de leur quotidien collégien ?  Est-ce que le fait de développer des espaces d’apprentissage, de participation et de responsabilisation des élèves agit sur la motivation scolaire ? En quoi les pratiques démocratiques et citoyennes peuvent-elles améliorer le climat scolaire ?

     

    Questionnement particulier

     

    A travers la mise en place du Conseil de vie collégienne qui abordera entre autres la question des espaces et des activités, est-ce que la création d'une coopérative CDI va permettre à ses membres de construire des postures et des outils pour savoir travailler ensemble à la gestion et l'animation du pôle "lecture plaisir"?

     

    Questionnement Traam

     

    Comment par l'intermédiaire du CDI peut-on faciliter la coopération et la créativité dans l'établissement ?

     

     

     

    2. Un atelier pour l’exercice de la démocratie

     

    La mise en place de la coopérative du CDI visait trois objectifs : socialisation, coopération et collaboration afin de permettre aux élèves d’expérimenter l’apprentissage de la démocratie. Pour cela j’avais décidé, une fois l’objectif de l’atelier annoncé (« être force de proposition pour le CDI »)  de laisser les élèves s’organiser et n’intervenir que si la demande en était exprimée. Il va de soi que cette posture n’est pas facile et doit être ajustée pour que le groupe puisse exister. Le laisser faire ne doit pas se transformer en un laisser faire n’importe quoi ; d’où  trois attitudes importantes :

     

    • faire confiance aux élèves
    • observer sans s’imposer
    • proposer des outils pour aider les élèves à trouver des solutions.

     

    Dans ce projet, le professeur documentaliste accompagne et facilite les apprentissages, comme il le fait lors des séances de formation,  mais avec une différence de taille : il ne maîtrise pas les contenus. Ce sont les élèves qui proposent, s’organisent, produisent. De ce fait leur posture est différente de celles qu’ils ont en cours ; ils sont actifs et participent à leur propre éducation. Tout un travail sera d’ailleurs nécessaire pour leur faire prendre conscience des compétences développées dans cet atelier.

     

    Il a fallu du temps pour que le groupe existe, c’est à dire pour que les élèves soient capables de s’écouter, de proposer des actions et de collaborer sans tiraillement. La plus grande réussite de ce groupe est d’avoir compris que d’établir des règles communes et les respecter, donner des responsabilités à chacun, expliciter les idées, travailler pour un intérêt commun... supprimaient le besoin d’avoir « un chef ». 

     

    Le facteur temps a été également important. Les élèves ont pris conscience que si le tâtonnement ne donnait pas de résultats immédiats, il laissait le temps de la réflexion et de l’échange et développait solidarité et responsabilité.

     

    Pour rendre compte de cet atelier, il me semble intéressant d’organiser mon propos selon trois axes :

     

    1. Constitution du groupe
    2. Des tâches et des projets
    3. Les compétences en jeu

     

    Les deux premiers axes décrivent le déroulement de l’atelier : sa mise en place, ses règles, les tâches de travail, les projets.

     

    Le dernier axe rend compte de la réflexion conduite par les élèves sur les compétences qu’ils ont développé en participant à cet atelier.

     

     

          A. Constitution d’un groupe

     

                L’appel aux volontaires

    affiche appel atelier

     

    Une affichette apposée en différents lieux du collège et une information rapide dans les classes.

    Une première réunion explicative (qu’est-ce qu’une coopérative et comment pouvait fonctionner l’atelier) a eu lieu à la mi-novembre.

    Les élèves intéressés se sont inscrits et le groupe a vu son effectif augmenter au fil de l’année. De cinq élèves fin novembre, le groupe est constitué de dix élèves (sept filles et trois garçons)  fin mai. Huit élèves issus des classes de cinquième et un élève de sixième.

    Les réunions de la coop’ CDI  se tiennent le jeudi entre 12h45 et 13h20. Les autres jours, les élèves viennent pour réaliser les tâches définies ou avancer sur leurs projets.

     

     

    Se donner un nom, investir un lieu

     

    Un des premiers besoins exprimés par le groupe  a été de se donner un nom et de pouvoir investir la petite salle de travail du CDI.

    Deux réunions ont été nécessaires pour que les élèves s’entendent sur l’appellation à donner au groupe et sur le logo associé.

    Une fois le logo établi, il a été photographié pour servir d’identifiant au groupe :

    • Affiché sur la porte de l’espace qu’ils occupent lors de leurs réunions et qu’ils investissent pour leurs projets.
    • Signature de leurs réalisations

     

    mulcdi

     

     

     

     

     

    Se donner des règles

     

    Très vite, la nécessité d’établir des règles  a été ressentie.

    Un premier règlement a été écrit ; il s’est avéré que certains élèves n’arrivaient pas à le respecter et une « crise » majeure a explosé.  Un élève, excédé a imprimé une affiche « ATTENTION » qu’il a collée sur la porte de l’espace des multiples. Cet évènement a  provoqué une réaction salutaire. Le groupe a dû réfléchir aux relations qu’ils entretenaient. Ils se sont ainsi questionné sur leur façon d’être, sur la manière dont ils se parlaient, sur le ton qu’ils employaient, sur leurs a priori. Ils ont pris conscience que l’on pouvait travailler ensemble, avancer sur un projet sans pour autant être toujours d’accord sur tout. Ils ont compris que collaboration, coopération, association ne sont  pas des synonymes d’amitié. Être ami et  faire ensemble est possible, faire ensemble sans être ami l’est aussi. Ils ont pris conscience que ce qui comptait avant tout était l’entente, le respect, l’adhésion au projet.

     3 règles

      

        

          B. Des tâches et des projets

     

    Lors des réunions du jeudi, les idées sont discutées. Autant les tâches en lien avec la gestion du CDI relèvent de tous les élèves du groupe, autant les projets sont conduits par les élèves initiateurs et ceux qui sont intéressés de participer. Chaque projet est discuté collectivement lors des réunions du jeudi. Si en début de projet la fréquence des réunions était hebdomadaire, depuis fin mars, elles sont beaucoup plus espacées, le groupe ayant trouvé son rythme de travail

     

     

    Tableau des tâches

     Screen Shot 06-15-17 at 05.08 PM

     

     

    Les premières tâches sur lesquelles les élèves se sont accordés concernent la gestion du CDI. Pour cela, ils ont réalisé un tableau que chaque multiple s’engage à renseigner à chaque fois qu’il accomplit une tâche. Les élèves ont décidé qu’il n’était pas nécessaire de tourner sur les différents postes dans la mesure où certains avaient des préférences et que ces préférences n’étaient pas source de conflit. Le tableau est affiché dans l’espace de travail de l’atelier. Les élèves le remplissent en notant le numéro de la tâche en regard de leur prénom.

     

     

    Une vitrine pour un coup de cœur

     

    En lien avec le Prix du livre de Marseille, quatre élèves ont imaginé une mise en valeur de leur livre coup de cœur pour la librairie  « L’histoire de l’œil ».

     

    Une cage à hamster, un rat en peluche déguisé en cochon d’inde, un portrait de Sauveur Saint Yves, un portrait de son fils Lazare, des impressions... et le livre de Marie Aude Murail est mis en valeur dans la libraire de notre quartier

     vitrine

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    Les coups de cœur

     

    Screen Shot 06-15-17 at 05.11 PM

     

    Des élèves ont proposé de réaliser une affiche présentant leurs coups de cœur. Cette affiche est apposée à l’entrée du CDI et en salle de permanence. A ce jour, seules deux affiches ont été réalisées. Les élèves porteurs de ce projet veulent revenir sur la mise en en page de leur travail  ainsi que sur la fréquence des coups de cœur

     

     

    D’autres projets en cours ou en  préparation

     

    Une visite à la librairie « La réserve à Bulles » pour préparer la commande de bandes dessinées pour la rentrée est programmée à la mi-juin avec tout le groupe.

    Régulièrement quatre élèves du groupe recouvrent les livres.

    Plusieurs élèves travaillent sur un projet de boîte à livres à installer en salle de permanence et au foyer.

    Deux élèves pensent tester une table « retour » dans la cour de récréation  pour voir si l’idée est à poursuivre l’année prochaine.

    Des  projets à conduire l’année prochaine seront en  discussion lors de la réunion du 8 juin. L’objectif est de pouvoir faire des propositions au  premier conseil de vie collégienne à la rentrée prochaine.

     

     

     

     

    3. Les mots / maux de l’atelier

     

    Proposition a été faite aux élèves de noter en fin d’atelier ou chaque fois que besoin un mot qui dise le vécu positif ou négatif du moment passé ensemble.  Un post it rose pour un ressenti négatif, un post it jaune pour un ressenti positif.  Au fil de l’année possibilité était donnée d’enlever des mots.

     

     

    Le positif

     

     Screen Shot 06-15-17 at 05.15 PM

     

     

    Le négatif

     

     Screen Shot 06-15-17 at 05.16 PM

     

    En cette fin d’année restent accrochés au mur tous les mots positifs ainsi que deux mots négatifs « bavardage » et « immaturité ».

     

    L’affichage permettait ainsi une visualisation des difficultés et  des avancées du groupe en matière de vie collective. C’est  en s’aidant de ces mots que les élèves ont été amenés à réfléchir aux règles de vie. Il les ont organisés en carte mentale puis ont rédigé leur texte. Ce travail rend compte de l’importance que les élèves ont accordé à la mise en place du groupe et aux tensions qu’ils ont dû dépasser pour que le groupe prenne forme sans pour autant faire disparâitre ce que chacun était.

     

     

     

     Faire ensemble

     

    Au mois de mai,  j’ai proposé aux élèves d’analyser ce que le projet leur avait apporté. Il était important de leur faire prendre conscience des capacités et des attitudes qu’ils avaient développées. 

     

    La réflexion s’est alors engagée sur ce que les  tâches réalisées et les projets avaient développé. Nous avons relu ensemble les listes de mots, les résolutions et les règles, puis nous avons fait le point sur ce qui avait été réalisé et un brainstoming a été lancé. Les élèves ont organisé le fruit de leur réflexion sous la forme d’une deuxième carte, qu’ils ont ensuite traduite sous forme de tableau afin de pouvoir chacun le compléter.

     

    Une discussion s’est engagée sur le branche « respecter ». En effet, certains élèves pensaient que « Respecter les règles du groupe » ne devaient pas appara^tre puisque ces règles étaient ensuite nommées. La branche a été laissée en l’état  car les élèves sont arrivés à la conclusion suivante : « on peut avoir le sentiment d’avoir respecté les règles du groupe mais il se peut que  l’on respecte plus le droit de parole que les idées des membres ou d’autre points ; c’est important de tout garder pour que l’on sache vraiment où l’on en est. »

     

     carteeva

     

    En conclusion...

     

    Un atelier plein de promesses pour les années à venir. Les élèves impliqués  ont vécu l’apprentissage de la vie associative. Ils se sont fédérés autour des activités qu’ils ont développées et ont su dépasser les problèmes relationnels et petites crises d’autorité. Ils ont envie de poursuivre l’aventure l’année prochaine en développant leur champ d’intervention en dehors du CDI.

     

    Une affaire à suivre...