Connectez-vous

Accueil

Entreprises

Publié le 21 sept. 2018 Modifié le : 15 mars 2020

Écrire à l'auteur

Le  vendredi 21 septembre 2018

ITER Robot Junior : premier prix pour l'école Saint-André d'Embrun

Première édition de la version junior du concours ITER Robot

  • ITER Robot Junior : premier prix pour l'école Saint-André d'Embrun

     

    La classe de CE2, CM1 et CM2 de l'école de Saint-André d'Embrun a remporté la première édfition ITER Robot Junior qui a eu lieu le mardi 5 juin au collège Louis Philibert du Puy-Sainte-Réparade.

     

     

    Témoignage de Pascal Buch, enseignant à l'école de Saint-André-d'Embrun

     

    C’est en regardant les épreuves ITER Robots 2017 pour les collégiens et lycéens, que nous nous sommes demandés pourquoi cela n’existait pas pour les écoles primaires… et par un heureux hasard, nous apprenions quelques semaines plus tard, sur Twitter, qu’une version 2018 junior allait se dérouler !

     

    Sans hésiter, nous nous sommes inscrits. Jusqu’à présent, les élèves de l’école participaient régulièrement aux concours Castor-Informatique et Algorea avec des scores honorables, codaient avec Scratch JR, Scratch 2. L’an dernier, nous avions participé au challenge Astropi organisé par l’ESA et le CNES et fait partie des 5 lauréats pour la France… en découvrant un nouveau langage de programmation Python qu’il a fallu s’approprier. Voir nos programmes s’exécuter dans l’ISS et ensuite analyser les données recueillies a été un moment important pour les élèves, dont un CM2 a décidé de devenir astrophysicien depuis ce jour !

     

    ITER robot juniorEn redescendant sur Terre, le défi ITER relevait d’un autre enjeu, car si les élèves avaient déjà utilisé des robots Thymio à l’école, ils n’avaient pas réellement abordé le codage de ceux-ci. Toutefois depuis décembre 2017, nous nous étions équipés de 10 robots Edison permettant aux élèves de découvrir diverses façons de les programmer et ainsi de s’initier à la robotique.

    Au retour des vacances de février, après avoir étudié les différentes épreuves techniques, les élèves ont décidé de toutes les faire. Sachant que le défi comprenait des CM et des 6e, alors que la classe est composée de CE2, CM1 et CM2, nous n’avions que très peu de chance de gagner !

    Très rapidement, les groupes de travail se sont formés : technique, culture générale, stand. Chaque après-midi une heure était consacrée au projet, une fois par semaine nous faisions le point ; à la fois pour que chaque groupe puisse connaître le travail des autres, apporter des commentaires voire des solutions. A plusieurs reprises, des élèves ont changé de groupe, en fonction des compétences ou des envies. Collaborer n’a pas été toujours facile pour tout le monde, il a fallu souvent procéder à des réajustements quant au comportement, à la gestion des discussions, le consensus, etc.

     

    L’enseignant a également ajouté une contrainte : utiliser un langage événementiel, le VPL. Dans un premier temps, nous avons utilisé les Thymio wifi sur les tablettes Android de l’école avec l’appli VPL afin d’aborder les fonctionnalités de base. Très vite, les élèves se sont rendus compte de la limitation de cette version pour effectuer correctement les épreuves techniques. Nous sommes donc passés au VPL avancé que nous avions installé sur des vieux portables récupérés…

    En parallèle, d’autres groupes ont effectué des recherches sur les pays participant au projet ITER ; il a fallu trouver des explications simples et adaptées pour comprendre la fusion nucléaire et ses enjeux pour le futur.

    Enfin, il a fallu trouver un nom à nos équipes. Dans un premier temps, tout le monde s’accordait sur "les killeurs", un peu trop guerrier et sans doute risible si on finit dernier ! Après rediscussion, la classe a choisi d’être "les robotiseurs".

    A mi-parcours, nous nous sommes rendus à la "revue de projet" au collège de Puy-Sainte-Réparade : un moment où les groupes techniques ont soutenu devant un jury leur projet avec ses avancées, ses problèmes techniques à résoudre tout en argumentant sur leur façon de travailler à plusieurs. Cette étape a été décisive pour la suite des événements : les élèves venaient de comprendre l’ampleur de la tâche et l’intérêt suscité par des adultes professionnels pour leur démarche.

     

    Les élèves ont alors volontairement abandonné partiellement les temps de récréations, utilisé les heures restantes d’APC (activités pédagogiques complémentaires) pour conduire leurs projets. Il y eut des oublis de sauvegarde des programmes… qu’il a fallu reprendre à zéro, des aspects techniques insurmontables et donc la recherche d'alternatives. En particulier l’usage de balises afin que les capteurs infrarouges des robots soient efficaces : balises en bois, en métal, de différentes couleurs, miroirs… et même des bougies !

    Bien sûr, quelques moments de répit ont permis aux élèves de se consacrer à la customisation des robots (lumière, sons, lego, etc.).

     

    A J-3, l’ambiance s’électrisait, les groupes étaient en effervescence. Le groupe culture générale révisait les données des pays, resituait les pays sur les atlas, s’auto-interrogeait pour la présentation en anglais.

    Un temps de bilan et de préparation à la finale a été nécessaire pour vérifier chaque épreuve, si rien n’avait été oublié, et pour revoir les rôles de chacun.

     

     

     

    Le jour de la finale

     

    Le 5 juin, départ à 8h du matin pour la finale. Tout le monde était en avance, avec une petite dose de stress. Une fois sur place, et après avoir revêtu les T-shirts orange offerts par ITER, chacun des groupes était concentré pour passer les épreuves ; les phases de test avant de passer devant le jury ont montré que rien n’était gagné : les robots ne se comportaient pas exactement comme à l’école. Il a fallu réajuster les programmes, voire même pour l’épreuve de transport résoudre l’impact de la luminosité très forte dans le gymnase qui perturbait les capteurs.

     

    Les élèves ne se sont pas découragés, a contrario de l’enseignant qui commençait à douter ! En persévérant et en trouvant une alternative, cette épreuve a été passée de justesse…

     L’épreuve de vitesse s’est déroulée normalement ; toutefois les élèves ont été un peu déçus du score (24 secondes) alors qu’à l’école, ils étaient descendus en dessous des 20 secondes en procédant à de nombreuses modifications des paramètres des moteurs du robot. L’autre épreuve technique (suivi de tracés) n’a pas rencontré de problème particulier. Celle de dessin (tracé du mot ITER), qui a été réalisées par les élèves de CE2 de la classe avec des robots Edison, a rencontré quelques soucis de maintien des feutres. Les élèves avaient utilisé 4 robots Edison qui se synchronisaient entre eux par message infrarouge en les codant avec le langage Edblock : une prouesse technique pour eux.

     

    https://madmagz.com/fr/magazine/1108871

     

     

     

     ITER robot junior finaliste stand 2

    Le groupe "stand" a bien joué le jeu de présentation aux différents visiteurs avec des photos, des documents, le thymio géant et ses petits, répondu aux questions des uns et des autres, offert des badges "fait-maison" et bien sûr trouver les bonnes réponses pour le jury, pendant que le groupe de "journalistes" interrogeaient les différents participants, prenait des photos pour ensuite rédiger la dernière page du MadMagz.

     

     

    A la pause déjeuner, chacun allait de son pronostic, mais une chose était sûre nous n’allions pas gagner… ni finir les derniers !

     

     

     

     

     

     

     

    L'annonce des résultats


    Le moment de l’annonce des résultats est arrivé. Sur les visages des élèves on détectait à la fois de l’inquiétude et l'enthousiasme d’avoir participé à une journée importante de l’année scolaire. Au fur et à mesure qu’étaient annoncés les résultats avec la remise des diplômes aux établissements scolaires, le stress augmentait, notre école n’étaient toujours pas nommée… puis le jury prononce le nom de l’école comme étant la finaliste de la première édition du challenge ITER Robots Junior !

     

    L’excitation était à son comble, l’émotion également avec quelques larmes de joie. Un travail de longue haleine récompensé alors que nous pensions simplement participer et voir comment allait se dérouler cette nouvelle initiative inter-académique en partenariat avec ITER, quitte à revenir l’année suivante après l’analyse des erreurs.

    Deux semaines ont passées, mais les élèves, les parents, les élus de la commune continuent d’en parler. Tout le monde est fier, conscient que pour atteindre des objectifs, cela peut demander des efforts importants car il a fallu travailler ensemble, accepter la parole de l’autre, apprendre de nouvelles notions algorythmiques, acquérir des connaissances géographiques, s’exprimer devant un public d’adultes…

    Il nous reste encore quelques jours avant les vacances, pour découvrir et profiter prix remis : un casque de réalité virtuelle… et pourquoi pas entrevoir des utilisations pour la rentrée prochaine.

     

     

     ITER robot junior finaliste 3

     

     

     

    Plus d'informations :