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Différenciation pédago., mars 2019

Publié le Apr 16, 2019

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Le  Tuesday, April 16, 2019

Stage différenciation, partie 2

Théorie et pratique ; I. Roux

  • Partie 1 : L’enquête sociologique par questionnaire

     

    Remerciements :

    Merci à Lucile Auffant pour sa relecture attentive !
    Merci à Mme Bouquet, professeure documentaliste au lycée Montmajour, avec laquelle j’ai travaillé.

     

    Il a été fait le choix de fractionner le fichier texte selon les étapes, les annexes, les documents... certes 47 pages mais en principe le fichier word "sommaire" (PJ) est dynamique

    • Introduction. 3
    • Etape 0 : Quelle préparation en amont par l’enseignant ? Conseils pour démarrer. 9
    • Etape 1 : Lancement du sujet et de la problématique, formulation des hypothèses. 10
    • Etape 2 : Mise en œuvre d’un questionnaire : création et administration. 11
    • Etape 3 : Dépouiller. 13
    • Etape 4 : Faire le bilan : compte-rendu, bilan critique, évaluation, diffusion. 14
    • Bibliographie, Sitographie, Logiciels spécifiques. 15
    • Annexe 1 : Lettre pour le chef d’établissement 16
    • Annexe 2 : Document élève pour lancer le sujet 17
    • Document 1 : La démarche scientifique en sciences sociales. 17
    • Une étude sociologique constitue un cheminement vers une meilleure connaissance sociologique d’un objet de recherche et elle doit être acceptée comme telle, avec tout ce que cela implique d’hésitations, d’errements et d’incertitudes. Une question de départ (…) se résume souvent à l’articulation de plusieurs mots clés interrogatifs : 17
    • Source : La mise en œuvre d’un protocole de recherche exploratoire en sociologie, https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01651443/document 17
    • 1)    Quelles sont les étapes de la mise en œuvre d’un protocole d’enquête ?. 17
    • 2)    Justifiez la citation de Bachelard à partir d’un exemple du texte : « La science (…) s’oppose absolument à l’opinion (…) de sorte que l’opinion a, en droit, toujours tort. ». 18
    • Document 2 : Document d’introduction :cf le document d’introduction selon le thème choisi (applications)è La problématique du projet est définie à l’issue de ce document (cf applications) 18
    • Annexe 3 : Document élève d’aide à l’utilisation d’un tableur. 20
    • Annexe 4 : Grille de notation. 22
    • Application 1 rapide : La socialisation différenciée selon le genre. 23
    • Application 2 : La pratique culturelle du musée de l’Arles Antique. 26
    • Application 3 : Le sport 38
    • Application 4 : L’alimentation. 41
    • Application 5 : L’Injustice ménagère chez les adolescents (anciens et nouveaux programmes de seconde et de première) 43
    • Application 6 : Enquête sur la représentation de la notion de liberté chez les lycéens (EMC seconde nouveau programme) 45
    • Autres applications possibles. 47

     


     

    Introduction

     

    Disciplines et niveaux concernés

    2nde, 1ES, éventuellement EMC

    Problématique

    • Montrer que les savoirs de sociologie sont des savoirs scientifiquement construits, détachés des prénotions ?
    • Comment se servir des outils statistiques (pourcentage de répartition, coefficient multiplicateur, taux de variation) pour interpréter des résultats ?
    • Approfondir les notions vues en cours.

    Place dans le nouveau programme (janvier 2019)

    En seconde :

    [L]es élèves sont initiés aux principales étapes d’une démarche scientifique en sciences sociales : formulation d’hypothèses, réalisation d’enquêtes ou construction de modèles, confrontation aux faits, conclusion. Ils sont familiarisés avec une démarche articulant modélisation et investigations empiriques (…).

    Tout en diversifiant les dispositifs pédagogiques, en mobilisant des supports variés (comptes rendus d’enquêtes, tableaux statistiques, graphiques, articles de presse, études de cas, utilisation de jeux, documents iconographiques ou audiovisuels) et en ayant recours, le cas échéant, aux outils et ressources numériques, ils s’efforcent de susciter une authentique activité intellectuelle chez les élèves en les amenant à se poser des questions précises, à formuler des hypothèses explicatives et à les confronter à des données empiriques pour comprendre les phénomènes étudiés. Les professeurs veillent également à renforcer chez les élèves certaines compétences transversales : mobilisation de connaissances, analyse de documents variés, construction d’une argumentation, exercice du sens critique, sensibilité à la valeur heuristique des comparaisons, maîtrise de la langue écrite et orale.

     

    En première :

    Comme les autres disciplines scientifiques, les sciences économiques et sociales articulent modélisation et investigations empiriques pour rendre compte de façon rigoureuse de la réalité sociale et mettre en question les prénotions. Cette démarche implique la formulation d’hypothèses, la construction d’indicateurs de mesure pertinents et leur soumission à l'épreuve des faits. (…) [Il s’agit de] donner du sens aux apprentissages et s’efforcent de susciter la curiosité intellectuelle des élèves en montrant comment les sciences économiques et sociales permettent de comprendre des situations concrètes et les grands enjeux économiques, sociaux et politiques

     

    En seconde et en première, savoir-faire applicables aux sciences sociales :

    Calcul, lecture, interprétation :

    - Proportion, pourcentage de répartition.

    - Taux de variation, (…), coefficient multiplicateur.

    - Moyenne arithmétique simple.

    Lecture et interprétation :

    - Médiane.

    - Tableau à double-entrée.

    - Représentations graphiques : diagrammes de répartition

     

    En EMC : Préambule du programme de seconde et de première :

    L’enseignement moral et civique (…) contribue à forger l[e] sens critique. (…) Les démarches pédagogiques choisies (études et/ou exposés et/ou discussions argumentées ou débats réglés) favorisent l’approfondissement de la réflexion. Cet enseignement contribue au développement des compétences orales à travers notamment la pratique de l’argumentation. (…) Le professeur peut développer un « projet de l’année ». Celui-ci s’effectue en classe mais peut devenir un projet qui se concrétise également en dehors de la classe (…).  Dans sa contribution à la construction du jugement, l’enseignement moral et civique permet la réflexion sur les sources utilisées, (…) sur leur constitution comme document, sur leurs usages culturels, médiatiques et sociaux. (…)

     [La] formalisation [du « projet de l’année »] et les modalités de restitution proposées aux élèves sont à l’appréciation du professeur. La démarche de l’enquête, la recherche et le commentaire de documents pour l’étude ou comme préalable à la rencontre d’acteurs associatifs, d’élus, ou de toutes personnalités extérieures sont à favoriser. (…)

    Capacités attendues

    -Savoir exercer son jugement et l’inscrire dans une recherche de vérité ; être capable de mettre à distance ses propres opinions et représentations, comprendre le sens de la complexité des choses, être capable de considérer les autres dans leur diversité et leurs différences.

    - S’exprimer en public de manière claire, argumentée, nuancée et posée ; savoir écouter et apprendre à débattre ; respecter la diversité des points de vue.

    - Développer des capacités à contribuer à un travail coopératif/collaboratif en groupe, s’impliquer dans un travail en équipe et les projets de classe.

    Et éventuellement pour le « Grand oral » de Terminale ??

    Place dans l’ancien programme

    En seconde : Préambule : [Il s’agit de] mettre les élèves en situation d’activité intellectuelle et de veiller à diversifier leurs dispositifs pédagogiques en développant notamment la recherche documentaire, l’utilisation de l’outil informatique et de l’Internet. L’élève sera ainsi placé dans une posture de recherche qui doit le conduire à se poser des questions précises, à formuler des hypothèses explicatives et à les confronter aux données empiriques. Dans tous les cas, les professeurs s’attacheront à organiser la réflexion des élèves et surtout à donner du sens aux apprentissages.

     

    En première : Les sciences sociales, (…), poursuivent indiscutablement une « visée scientifique ». Comme dans les autres sciences, il s'agit (…) de formuler des hypothèses et de les soumettre à l'épreuve de protocoles méthodologiques et de données empiriques. (…)

    La démarche scientifique conduit, dans de nombreux cas, à une rupture avec le sens commun, à une remise en cause des idées reçues. (…)

    Les sciences sociales ont recours (…) à deux grands types de démarche : le modèle et l'enquête. Comme le souligne le rapport précité : « toute démarche relevant des sciences sociales s'appuie sur une modélisation ». (…) L'enquête, quant à elle, repose sur la collecte de données (qualitatives ou quantitatives) à partir de la formulation d'une problématique et de l'identification d'un objet d'étude que l'on s'efforce de mieux comprendre et de mieux expliquer.

     

    En seconde et en première, savoir-faire applicables aux sciences sociales :

    - Calcul, lecture, interprétation

    - Proportions, pourcentages de répartition (y compris leur utilisation pour transformer une table de mobilité en tables de destinée et de recrutement)

    - Moyenne arithmétique simple et pondérée

    - Mesures de variation : coefficient multiplicateur (…)

    Lecture et interprétation

    - Corrélation et causalité

    - Tableaux à double entrée

     

    En EMC : selon les besoins du thème envisagé et du groupe de travail

    Notion(s) principale(s)

    • Enquête, questionnaire, prénotion, hypothèse, démarche scientifique
    • Pourcentages, tableaux
    • Pratiques culturelles, culture, réseaux sociaux, déviance, (ou autre notion selon le thème du programme choisi)

    Prérequis

    Pourcentage de variation, pourcentage d’évolution

    Organisation/

    Durée

    • Mode « long » : huit heures : 1 heure de présentation et de méthode, deux heures hypothèse et formulation des questions, une heure dépouillement, trois heures exploitation des résultats, une heure bilan critique.
    • Mode « court » : quatre heures : deux heures pour la présentation de la démarche, les hypothèses pour répondre à une problématique donnée et l’élaboration de quelques questions, aucune heure pour l’administration des questionnaires (en dehors des cours), deux heures pour analyser les principaux résultats et faire un bilan critique à l'oral.
    • Mode « express » : questionnaire en classe, les élèves sont les enquêteurs et les enquêtés (1 séance)
    • Mode « TPE » : Travail personnel des élèves sur plusieurs séances.

    Organisation des séances

    Etape 0 : Préparation par l’enseignant

    • Annexe 1 (Lettre chef d’établissement)

    Etapes 1 et 2 : « Je formule des hypothèses pour répondre à une problématique donnée » / « Je prépare le questionnaire »/ « J’administre le questionnaire »

    • Annexe 2 (Fiche élève) : Se lancer dans une enquête sociologique
    • Applications 1 à 6 : Exemples de thèmes et de problématiques
    • Application 7 : Un exemple de questionnaire

    Etape 3 : « Je dépouille »

    • Application 8 : Un exemple de tableau de codage

    Etape 4 : « Bilan : J’interprète et j’(in)valide ma problématique, je mène un bilan critique »

    • Annexe 3 : Aide à l'utilisation d'Excel ou de Openoffice (Fiche élève)
    • Annexe 4 : Aide à l’utilisation d’ethnos 4 (Fiche élève)
    • Applications : Des exemples de guides pour le compte rendu

    Etape 5 : Evaluation et notation

    • Annexe 5 : Grille de compétences
    • Annexe 6 : Grille de notation
    • B2i

    Organisation de la classe

    Idéalement en demi-groupe

    Travail par groupes d’élèves de deux ou trois.

    CDI, salle informatique pour les séquences centrales

    Attentes vis-à-vis des élèves

    • Comprendre une démarche essentielle du sociologue
    • Distinguer savoir sociologique et prénotions
    • S'impliquer activement dans le projet : formuler des idées, émettre des hypothèses
    • Prendre en charge une partie des questionnaires
    • Rédiger un compte-rendu qui reprend la problématique, la démarche, les principaux résultats, et un bilan critique (ou a minima les principaux résultats, le reste pouvant être fait en classe entière)

     

     

                L’enquête par questionnaire a plusieurs objectifs qui s’inscrivent dans le cadre de la pédagogie différenciée :

     

    -          Comprendre la démarche scientifique en sciences sociales
    -          Travailler les outils statistiques (calcul et interprétation)
    -          Prendre du recul l’élaboration des enquêtes sociologiques, sur la pertinence et les limites des données statistiques. Comprendre qu’une enquête sociologique est une construction sociale.
    -          Approfondir les connaissances sur un chapitre donné.
    -          Travailler les compétences numériques : utilisation d’un tableur
    -          Se préparer à l’enseignement supérieur (pour certaines voies d’orientation)
    -          Travailler autrement pour acquérir des savoir et mettre en œuvre des savoir-faire : chacun peut trouver sa place dans un projet fédérateur (problématiser, trouver des questions, administrer les questionnaires, interpréter, mener le bilan critique…)

     

    C’est un projet qui prend beaucoup de temps (6 à 8 heures environ, à condition d’être directif), qui peut remplacer une partie du chapitre ou venir en AP si l’on décide de le faire. C’est un projet qui peut également prendre sa place en EMC.

    Selon Paugam, « l’enquête sociologique (…) peut être définie à partir de l’ensemble épistémologique complet qui comprend la posture scientifique du sociologue, la construction de l’objet, la définition des hypothèses, les modes d’objectivation, la méthodologie d’enquête, les instruments d’analyse des résultats et les formes d’écriture ». Il existe plusieurs méthodes d’enquêtes sociologiques : enquêtes qualitatives par entretien ou par observation participante. Ici, sera présentée uniquement l’enquête par questionnaire. Toujours selon Paugam,« Comment choisir le thème sur lequel on va travailler ? Comment en partant de ce thème initial construire un véritable objet d’études sociologiques ? Comment formuler la question sociologique à l’origine de l’investigation empirique ? Ces questions (…) font partie du travail sociologique (…) il n’est pas rare que six mois, voire plus, séparent le choix initial du thème de la première problématisation effective. »

     

    Selon Raymond Quivy et Luc Van Campenhoudt, l’enquête par questionnaire doit présenter trois caractéristiques indispensables :

     

    •  des qualités de clarté, de précision : les termes doivent être définis, la problématique facilement compréhensible.
    • des qualités de faisabilité : la question doit être réaliste sur le plan matériel et technique.
    • des qualités de pertinence : pas de présupposé, l’objectif est de découvrir un aspect d’un phénomène étudié de façon plus approfondie.

     

    La mise en œuvre par de lycéens d’une enquête par questionnaire est donc difficile : manque de temps, manque de connaissances…Il faut donc choisir un thème restreint, et rester modeste dans les ambitions :

     

    • restreindre l’objet d’étude : Si l’enseignant choisit le thème, il faut que ce soit très restreint pour que l’enquête puisse être bouclée à peu près correctement dans un laps de temps assez court (éviter « les pratiques culturelles », mais en choisir une sous un aspect spécifique, éviter « l’alimentation », mais choisir un aspect : rituels autour du repas, qui cuisine, contenu de l’alimentation etc…)
    • préparer l’objectif fixé aux élèves : il s’agit alors seulement d’une partie de l’enquête, le travail initial de préparation ayant été prévu par l’enseignant (on peut aussi laisser aux élèves le choix du thème quitte à risquer des enjeux trop larges avec moins de résultats probants)
    • modestie face aux réalisations : il y aura forcément des raccourcis, des biais et des insuffisances dans la rigueur de l’enquête, éventuellement des frustrations face aux résultats qui ne correspondent pas toujours à ce qu’on attend. Ce n’est pas grave tant que les élèves en sont conscients et qu’ils comprennent ce qu’est une démarche scientifique en sciences sociales, et que ça les aide à se détacher des prénotions. L’esprit critique peut aussi consister à être capable d’énoncer les biais et insuffisances de l’enquête menée.

     

    Une fois ces « dangers » identifiés, il s’agit de procéder avec les élèves par étapes plus ou moins guidées selon ce que l’on cherche, de l’élaboration d’une problématique jusqu’à l’interprétation des résultats. D’après François de Singly, l’« art du questionnaire » comprend trois moments :

     

    -          la conception de l’enquête, avecla définition de l’objet, la structure du questionnaire, la recherche des indicateurs, le choix des indicateurs
    -          la fabrication du questionnaire en deux parties : le repérage des activités ou des opinions, et les indicateurs des déterminants sociaux
    -          l’exploitation des données, avec le codage des informations, la lecture de tableaux croisés

     

     

    Remarque :

     

    Les méthodes d’exploitation des données sont multiples en sociologie et parfois très complexes. Cependant, dans un but de simplification, et pour ne pas alourdir un projet dont le seul but est d’initier les élèves à la démarche du sociologue, on retiendra comme axe de travail le conseil de François de Singly : « Cette initiation […] évitera les raffinements statistiques : aucun préalable mathématique autre que le calcul des pourcentages n’est requis ! Pour exploiter une enquête, la méthodologie des tableaux croisant plusieurs variables suffit. » Cela permet également de mettre en activité les élèves sur les tableaux, les tableaux à double-entrée, les pourcentages de répartition, et éventuellement les coefficients multiplicateurs.


     

    Etape 0 : Quelle préparation en amont par l’enseignant ? Conseils pour démarrer

     

    • Travailler en binôme : par exemple avec le ou la professeur(e) documentaliste, le collègue de mathématiques…Ce sera moins lourd à organiser.
    • Dans la mesure du possible, travailler avec une classe en demi-groupe est plus simple.
    • Prévenir le chef d’établissement si l’enquête est menée dans le lycée (ou même à l’extérieur)

    « Lettre proviseur(e) » (Annexe 1)

    • Préparer un thème et une problématique

     

    Préparer le thème et la problématique (et pourquoi pas même les définitions des termes du sujet…) a deux enjeux : gagner du temps ; s’assurer que la problématique ne va pas « dévier » vers un thème trop vaste ou ingérable (car demandant un échantillonnage complexe, des connaissances dans d’autres domaines que les SES comme les SVT etc…). Mais le professeur peut bien sûr décider également de laisser les élèves choisir le thème comme la problématique, quitte à leur signaler quand une question semble peu pertinente.

    On peut décider de mener plusieurs types d’enquêtes :

    - Les enquêtes descriptives : il s’agit de dénombrer, de caractériser l’objet étudié. Selon François de Singly, cela requiert toujours d’établir un classement, une nomenclature, afin de définir les contours de l’étude.
    - Les enquêtes causales : Il s’agit de mettre en évidence la relation entre des faits sociaux et leurs déterminants, le plus souvent une ou plusieurs des trois grandes variables sociologiques (âge, sexe, milieu social)

     

    Il va sans dire que les secondes sont plus exigeantes tant au niveau de la préparation que du traitement statistique : dans le second type, il faut bien distinguer corrélation et causalité, variable indépendante et variable expliquée. Il peut être alors intéressant de faire le nuage de points (régression linéaire), sauf si une des variables est binaire (régression logistique). On peut alors travailler avec le professeur de mathématiques.

     

    • Réfléchir à un échantillon représentatif :

    Il est assez difficile d’obtenir un échantillon représentatif de l’âge, du sexe, de la CSP de la population d’ensemble. Mieux vaut choisir une population sans chercher à ce qu’elle soit représentative, tirer au hasard n questionnaires, et étudier les caractéristiques (exception faite du sexe ou on peut facilement appliquer la méthode des quotas). Exemple : étudier les caractéristiques des personnes qui se rendent dans un musée donné par rapport à la population entière paraît plus simple (cf Application n°4)

     

    • Réfléchir à un questionnaire et son exploitation pour pouvoir guider les élèves :

    Il peut être utile deréfléchirà l’avance aux questions les plus judicieuses, pour aider ensuite les élèves à « repérer » des questions qui n’aboutiront pas sur grand-chose.

    è Sur tous ces points, cf Applications pour des exemples.

     

    • Réfléchir aux outils numériques, aux salles (notamment la salle informatique) et au matériel dont on aura besoin

     

    Etape 1 : Lancement du sujet et de la problématique, formulation des hypothèses

     

     

    Temps prévu : Une à deux heures suivant le degré de marge de manœuvre laissé par l’enseignant

     

    Suite au cours ou à partir d’un document d’introduction, les élèves dégagent un problème. Ils proposent une (ou plusieurs) hypothèse (s) qu’il s’agira de tester, de valider ou d’invalider, par la méthode du questionnaire.

     

    Comment amener la thématique illustrative, dégager le problème et formuler des hypothèses ?

    On peut partir des envies ou d’une interrogation des élèves, à partir d’un document vu en cours, de l’actualité, de leurs connaissances. On peut aussi assumer qu’on va prendre tel ou tel sujet d’étude, et proposer un document en lien avec le programme qui soulève un problème, à reformuler en problématique.

    Pour formuler les hypothèses, on peut partir des réponses intuitives des élèves, ce qui permet de distinguer prénotions et méthode scientifique. On peut aussi poser des hypothèses qui balaient tous les possibles (ex : hypothèse 1 : le sexe n’a pas d’influence sur la prise en charge des tâches ménagères/hypothèse 2 : a une influence au détriment des femmes/hypothèse 3 : au détriment des hommes…)

     

    •  Plus on laisse de marge d’initiative aux élèves, plus le temps consacré à l’activité va être long
    • Il peut être judicieux de désigner un secrétaire pour prendre en note la progression. De plus, de nombreuses questions potentielles pour le questionnaire peuvent émerger dès à présent, il faut alors les noter « en réserve ».

     

    Etape 2 : Mise en œuvre d’un questionnaire : création et administration

     

    Production du questionnaire (temps prévu : 45 minutes)

     

    -          Les élèves ont tout intérêt à poser seulement un petit nombre de questions autour du thème analysé : on peut par exemple limiter à deux ou trois questions sur les caractéristiques des personnes enquêtées (âge, sexe, profession), et cinq ou six sur le thème d’enquête très ciblé. Ainsi, les élèves pourront faire un compte-rendu plus soigné en exploitant toutes les données.
    -          On peut donner aux élèves des conseils pour formuler les questions (qui figurent notamment dans le 128 de François de Singly, reproduites adaptées dans l’annexe 2 de ce document), mais certaines ne sont pas réalisables, notamment car cela amènerait à poser beaucoup de questions qu’il serait difficile de traiter.
    -          On peut utiliser Word ou OpenOffice pour la construction du questionnaire : on ouvre un fichier qu’on vidéoprojette, et on demande à un (ou plusieurs) élève (s) de venir taper au tableau les questions des camarades, sans oublier d’enregistrer à la fin. Pour faire les cases à cocher, on peut choisir des puces à partir de Accueil/Puces/Définir une puce, puis choisir le symbole (une case blanche) ainsi qu’une police suffisamment grosse (pour Word). On peut aussi utiliser ethnos ou un logiciel de statistique (ethnos est très simple pour la partie questionnaire et dépouillement).

    Annexe 2 : Fiche élève « Je mène une enquête sociologique »

     

    Test du questionnaire (temps prévu : 20 à 30 minutes)

    Dans la mesure du possible, il est préférable de tester le questionnaire à l’intérieur de la classe avant impression pour en repérer les éventuelles incohérences ou les questions peu claires.

     

    Choix des élèves administrateurs du questionnaire (5 à 15 minutes)

    Il faut ensuite désigner les élèves qui iront administrer le questionnaire. Plusieurs possibilités :

    -          Soit à l’heure suivante on donne à chaque élève cinq questionnaires et ils se débrouillent.
    -          Soit on désigne par exemple quatre groupes de trois élèves qui iront dans quatre classes pour proposer le questionnaire (cela permet d’avoir rapidement un grand nombre d’enquêtés, mais c’est plus contraignant.)
    -          Si l’enquête se déroule en dehors du lycée, voir les élèves volontaires.

     

    Impression par le professeur et distribution

    -          Ajouter un message d’introduction si les élèves ne l’ont pas fait, en insistant sur le caractère anonyme du questionnaire, importance du sérieux dans lesréponses.
    -          Retoucher le questionnaire (fautes d’orthographe restantes, problèmes d’alignement, police, titre…) avant d’imprimer agrafé ou en A3 si plus de deux pages.
    -          Remarque : On considère généralement qu’une trentaine de réponses permet de mener un début d’enquête, mais on peut prévoir sans mal 150 questionnaires ou +, le dépouillement est rapide ensuite. Pour les collègues limités en photocopies, se faire éventuellement attribuer un crédit photocopies pour le projet ?
    -          Si l’enquête se fait dans le lycée et qu’on veut cadrer l’organisation, il faut choisir les classes qui seront testées, une heure où les élèves de ces classes ont cours et demander l’autorisation à l’enseignant d’intervenir dans son cours.
    -          Distribuer aux élèves : si cadrage de l’organisation dans le lycée, indiquer aux équipes administratrices du questionnaire où se rendre, et prévenir leurs enseignants si elles ont cours sur le créneau.
    -          Récupérer les questionnaires en amont de la séance (les élèves déposent les questionnaires dans le casier) pour les numéroter.
    -          Préparer le tableau de codage à partir de google sheets et mettre le lien sur pronote pour que les élèves le récupèrent. Dans le cas où on utilise un logiciel type ethnos, il suffit de remplir le questionnaire enregistré dans le logiciel pour chaque individu.

     

    Remarques :

    • Rq1 : Le tableau de codage est le document qui va permettre aux élèves de dépouiller tous les questionnaires rapidement. Il contient sur la ligne du haut par exemple une colonne « âge », « sexe », « profession des parents » etc…
    • Rq2 : Pour google sheet :https://www.google.fr/intl/fr/sheets/about/

    Il faut avoir un compte gmail pour se connecter, et ensuite google sheet fonctionne comme un document Excel. On peut renommer le doc en cliquant dans « Untiteld spreadsheet », inutile d’enregistrer c’est automatique. Pour avoir le lien à mettre sur pronote, cliquer sur « Share ».

    • Rq3 : si le lien est mis sur pronote dans le cahier de texte du jour, cocher la case « publié » pour qu’il apparaisse dès le début du cours. Eventuellement l’envoyer également par Atrium pour plus de sécurité.
    • Rq4 : Prévoir une activité de remplacement au cas où le site du lycée « plante », ou en tout cas prévoir de gérer sans internet

     

    Etape 3 : Dépouiller

     

    Temps prévu : Une heure à une heure trente

     

    Attention :

     

    -          prévoir une solution alternative au cas où internet ne fonctionne pas : autre cours/Clé USB (mais alors il va falloir tout "compiler" à la maison pour l'enseignant)
    -          distribuer aux élèves le jour du « dépouillement » des lots de questionnaires numérotés.
    -          Si Ethnos, il suffit de se laisser guider.

     

    Sinon :

     

    -          Vidéoprojeter le doc google sheets au tableau
    -          Bien leur expliquer le codage ; écrire les conventions de codage choisies au tableau (exemple : Sexe : M ou F ; Profession des parents : classe populaire/moyenne/supérieure ou PCS si les élèves connaissent. Si craintes que le classement prenne trop de temps car les élèves auront trop d’hésitation, notamment en seconde, il faut avoir prévu en amont de ne pas poser la question. On peut également approximer le milieu social par le diplôme, plus facile à coder. Ou bien ne pas poser la question du tout, mais ça enlève une variable souvent fondamentale…)
    -          Faire un exemple avec eux, éventuellement avoir numérisé un questionnaire ou demander à un élève de lire les réponses de son questionnaire.
    -          Dans google sheets, il faut bien que les élèves se reportent au numéro de questionnaire sinon ils vont écraser les réponses des autres (ex : questionnaire n°68 à la ligne 68)

     

    Etape 4 : Faire le bilan : compte-rendu, bilan critique, évaluation, diffusion

     

    Temps prévu : deux heures

     

    Compte-rendu : une fois l’échantillon disponible, on peut leur demander si les hypothèses sont démontrées, en leur demandant de prouver leur réponse par deux ou trois arguments. On peut aussi préparer un guide d’exploitation des données en leur demandant de déduire tel ou tel résultat, sinon ils risquent de ne pas savoir par où commencer, et cela permet aux élèves de travailler en autonomie en salle info. Attention : poser seulement quelques questions pour que les élèves ne se lassent pas. (On apprécie alors de ne pas avoir posé trop de questions au départ.)

     

    Répartition des questions entre élèves : les élèves peuvent traiter l’ensemble du compte-rendu, en classe ou en DM s’il faut davantage de temps, mais cela risque d’être pour certains long et fastidieux. On peut aussi choisir de faire traiter à chaque groupe un aspect de l’interprétation de l’enquête, en préparant autant de questions que de groupes.

     

    Méthode : on peut demander aux élèves de travailler sur l’ensemble des données enregistrées au format excel ou oppenoffice. Pour cela, à partir du doc googlesheet : « File »/ « Download as »/ « Microsoft Excel » ou « OpenOffice », à remettre dans Pronote.

    Cf Annexe 3 : Fiche élève pour un guide de l’utilisation d’Excel et d’Openoffice

     

    Conduire un bilan critique

    Le bilan critique peut durer une quinzaine de minutes, avec par exemple un secrétaire qui reprend sur le document Word vidéoprojeté les principaux éléments :

    -          Qu’est-ce qui a marché mieux que prévu/moins bien que prévu ?
    -          Les résultats obtenus sont-ils ceux attendus ? Sont-ils logiques, cohérents, ou paradoxaux…
    -          Quels sont les biais, les limites de notre recherche ? L’échantillon de départ est-il correct…

     

    Un exemple d’évaluation : On peut attribuer aux élèves une note pour l’ensemble du travail fourni, ou évaluer par compétences.

    Cf Annexe 4

     

    Diffusion : mettre l’ensemble du travail sur le site du lycée (mais ça suppose que l’enseignant reprenne une présentation du travail unifiée), ou encore envoyer le compte-rendu à l’organisme enquêté (le musée, l’école primaire…), pour remercier.


     

    Bibliographie, Sitographie, Logiciels spécifiques

     

    -          Philippe Masson, Faire de la sociologie, Les grandes enquêtes françaises depuis 1945, Paris, La Découverte, Collection « Grands Repères », 2008, 254 p.

    -          François de Singly, Le questionnaire. L'enquête et ses méthodes (3e édition), Armand Colin, coll. « 128 », 2012, 128 p.

    -          Serge Paugam (dir.), L'enquête sociologique, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige Manuels », 2010, 458 p.

    -          François de Singly, Christophe Giraud, Olivier Martin, Apprendre la sociologie par l’exemple (3e édition), Armand Colin, 2016, 294 p.

    -          Quivry R; Van Campenhoudt L., Manuel de recherches en sciences sociales, Dunod , 5eed, 2006, 383 p.

    -          Exemple d’enquête sur l’engagement des jeunes menée par des lycéens à Grenoble (2004) :http://www.ac-grenoble.fr/disciplines/ses/Content/Pratique/premiere/Sc_po/EnqueteEngagement.PDF

    -          Exemple d’enquête sur la déviance menée par des lycéens de Strasbourg :

    -          https://www.ac-strasbourg.fr/.../ses/Ressources.../Bilan_Enque__te_Violence.doc

    -          Cours de L2 sur l’enquête par questionnaire (Université Paris 8) :

    -          http://www2.univ-paris8.fr/sociologie/wp-content/uploads/2015/09/2015-brochure-questionnaire.pdf

    -          Stéphane Beaud, Les méthodes en sociologie, Ecoflash n°335, février 2019.

     

    Logiciels spécifiques :

     

    On peut tout réaliser à l’aide d’une suite office, mais les logiciels spécifiques pour les enquêtes par questionnaire, comme Ethnos, Stat’Mania ou Sphinx, peuvent faciliter le travail. Ces logiciels sont coûteux (de l’ordre de 700 à 1 500 euros) : on peut éventuellement vérifier qu’ils ne sont pas déjà installés au lycée (parfois, les professeurs d’éco-gestion les utilisent pour les enquêtes marketing), ou le faire acheter conjointement avec d’autres équipes pédagogiques…

     

    Pour une démonstration d’ethnos :cf les 3 petites vidéos sur le paramétrage, la saisie, et l’analyse :

    http://www.soft-concept.com/fr/logiciel-enquete/logiciel-enquetes-ethnos.htm

    (Attention, le lien ne marche pas dans chrome mais dans Mozilla Firefox)


     

    Annexe 1 : Lettre pour le chef d’établissement

     

    Mmes

    Professeure documentaliste et professeure de SES

     

                                                                                                   A Madame

    Proviseure du lycée

     

     

    Lundi 19 septembre 2018

    Objet : Projet d’enquête sociologique par questionnaire au musée de l’Arles antique

     

    Madame La Proviseure,

    Nous souhaitons initier la classe de 1ES2 à une des méthodes fondamentales de la recherche en sociologie : l’enquête par questionnaire, sur quatre à six heures de cours de SES. Cela permet de conclure efficacement les savoirs acquis durant l’année de SES en donnant aux élèves du recul sur l’élaboration des données en sociologie, et cela développe leur esprit critique. De plus, un tel projet s’inscrit dans les objectifs du programme :

    Préambule des programmes du cycle terminal

    -          amener [les élèves] à se poser des questions précises et à formuler, sur cette base, des hypothèses visant à résoudre le problème identifié ;
    -          leur proposer ensuite de mener des investigations (recherches documentaires, enquêtes, exercices, analyses de données statistiques, etc.) susceptibles de tester les hypothèses formulées ;

    Pour ce faire, la formation méthodologique des élèves se révèle très importante : la collecte et le traitement de l'information, l'analyse de données diverses, la rédaction de synthèses, la formulation de problématiques, la construction d'argumentations rigoureuses, constituent autant de savoir-faire et capacités à acquérir et à mettre au service de la maîtrise des connaissances produites par les sciences sociales.

    Démarches, savoirs et savoir-faire généraux pour le cycle terminal

    La démarche du sociologue

    On mettra en évidence les apports de la sociologie par rapport à la connaissance intuitive du monde social en confrontant les représentations véhiculées par le sens commun et les résultats établis par les enquêtes sociologiques. (...) On familiarisera les élèves avec différentes formes d'enquêtes sociologiques (observation ethnographique ou participante, entretiens, enquêtes par questionnaire) et on leur montrera l'intérêt de combiner méthodes quantitatives et méthodes qualitatives.

     

    Pour cette démarche, nous avons choisi pour thème « une pratique culturelle : la visite de musée », avec pour objet d’étude le public du musée de l’Arles antique. Dans ce cadre, nous sollicitons de votre part l’autorisation que les élèves de 1ES2 soumettent un questionnaire anonyme aux visiteurs du musée durant les vacances de Toussaint, sous réserve de l’acceptation du conservateur du musée. Ce questionnaire serait élaboré par les élèves eux-mêmes.

    Le dépouillement des résultats donnera lieu à une analyse critique et à la rédaction d’un compte-rendu sociologique.

     

    Nous restons à votre disposition pour plus d’information.

    Veuillez recevoir, Madame la Proviseure, l’expression de nos salutations respectueuses.


     

    Annexe 2 : Document élève pour lancer le sujet

     

    Enquête sociologique

    Thème, hypothèses et problématique ; préparation du questionnaire

     

    Document 1 : La démarche scientifique en sciences sociales

     

    Une étude sociologique constitue un cheminement vers une meilleure connaissance sociologique d’un objet de recherche et elle doit être acceptée comme telle, avec tout ce que cela implique d’hésitations, d’errements et d’incertitudes. Une question de départ (…) se résume souvent à l’articulation de plusieurs mots clés interrogatifs :

    • Quoi ? Quel est l’objet d’étude ?
    • Qui ? Quelle est la population d’étude ?
    • Quand ? Quelle est la période ou le contexte historique dans lequel s’inscrit la population d’étude ?
    • Où ? Quelle est la délimitation ou le contexte spatial dans lequel s’inscrit la population d’étude ?
    • Comment ? Quels sont les différents moyens mis en œuvre par la population d’étude pour résoudre un problème posé, mettre en place une action collective, etc. ? (…)
    • Pourquoi ? Quelles sont les causes et les conditions sociales de possibilité d’un comportement, d’un mode de vie, d’un ensemble de représentations propres à la population d’étude, etc. (…)

     

    Ainsi, énoncer son projet de recherche en se demandant pour quelles raisons certains jeunes résidant dans zones urbaines sensibles s’investissent-ils quotidiennement dans des pratiques sportives nous permet de délimiter un objet d’étude (des pratiques sportives), une population d’étude (des jeunes), un contexte spatio-temporel (les zones urbaines sensibles et le quotidien) et ouvre un questionnement à la fois causal et compréhensif (« pour quelles raisons… »). (…)

    Définir, expliciter et illustrer les termes clés de sa question de départ constitue une « ficelle du métier » de sociologue (…) Car tout effort de définition permet notamment de souligner l’arbitraire propre à toute définition et le fait que chaque mot est le fruit d’une construction de sens. (…)

    Le travail de définition préalable (…) peut alors déboucher sur (…) de multiples pistes de recherche concernant les caractéristiques sociologiques de la population d’étude : sa profession, son origine sociale, son niveau scolaire, sa confession religieuse, ses loisirs et sports, etc. Inscrire le projet d’un portrait sociologique de sa population d’étude dès l’élaboration de sa question de départ permet d’en écarter ‘‘d’emblée’’ une représentation stéréotypée et que pourrait colporter le chercheur durant l’ensemble du procès de recherche. Prenons l’exemple des « racailles et des vrais jeunes » présentés par Stéphane Beaud et Michel Pialoux. Les sociologues démontrent notamment qu’une partie des individus qui ont participés aux émeutes de Clichy-sous-Bois en 2005 possèdent un diplôme scolaire supérieur ainsi qu’une activité professionnelle. Ce faisant, l’association effectuée entre ‘‘émeutier’’ et ‘‘racaille’’ s’avèrerait bien caricaturale.

     

    Source : La mise en œuvre d’un protocole de recherche exploratoire en sociologie, https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01651443/document

    1)      Quelles sont les étapes de la mise en œuvre d’un protocole d’enquête ?
    2)      Justifiez la citation de Bachelard à partir d’un exemple du texte : « La science (…) s’oppose absolument à l’opinion (…) de sorte que l’opinion a, en droit, toujours tort. »

     

    Document 2 : Document d’introduction : cf le document d’introduction selon le thème choisi (applications) La problématique du projet est définie à l’issue de ce document (cf applications)

     

    Document 3 : Document de méthode : Comment élaborer un bon questionnaire ?

    • Règle n°1 : Mettre en confiance l’enquêté en lui assurant au préalable que ses réponses ne seront pas analysées personnellement ou traitées par rapport à lui.
    • Règle n°2 : Privilégier les questions de fait et non d’opinion

    Exemple : « Combien de temps avez-vous passé hier à lire un livre » est préférable à « Aimez-vous lire ? »

    • Règle n°3 : Préférer les questions fermées (avec une liste de réponse) aux questions ouvertes (réponse spontanée), car elles sont plus faciles à coder

    Exemple : « Possédez-vous une télévision dans votre chambre ? » plutôt que : « quel est votre usage de la télévision ? »

    • Règle n°4 : Utiliser un cadre spatio-temporel précis en utilisant le passé composé

    Exemple : « Quelle est la composition de votre repas hier soir ? » plutôt que : « Que mangez-vous le soir d’ordinaire ? »

    • Règle n°5 : Proposer deux dates pour éviter que l’enquêté ne réponde sur un jour exceptionnel.
    • Règle n°6 : Ménager la mémoire des personnes interrogées
    • Contre-exemple : « Quelle est la composition de votre repas du soir le 28 janvier 2018 ? »
    • Règle n°7 : Multiplier les questions pour avoir quelques réponses intéressantes.
    • Règle n°8 : établir un équilibre entre les réponses positives et négatives afin d’éviter d’influencer l’enquêté.

    Exemple : Proposer les réponses suivantes : « Tout à fait d’accord » / » « Plutôt d’accord »/ « Plutôt pas d’accord »/ « Pas du tout d’accord »

    • Règle n°9 : être attentif à la tonalité des mots

    Exemple : « autoriser » est plus apprécié que « interdire » donc « pensez-vous qu’il faut interdire le cannabis ? » n’aura pas les mêmes réponses (en symétrique) que « pensez-vous qu’il faut autoriser le cannabis ? »

    • Règle 10 : ajouter des mots introductifs pour demander une opinion

    Exemple : « Les étrangers installés en France depuis longtemps doivent-ils voter ? » moins bien que « Pensez-vous, est-ce que, diriez-vous que les étrangers etc… ? »

    • Règle n°11 : éviter de suggérer la réponse dans la question (phénomène d’imposition de problématique)

    Exemple : « Que pensez-vous du vote des étrangers alors qu’ils ne sont pas français ? » / « Que pensez-vous du travail professionnel à temps plein des mères de jeunes enfants ?»

    • Règle n°12 : éviter les négations ou les double-négations

    Exemple : « Ne pensez-vous pas qu’il aurait mieux valu que la France n’intervienne pas au Mali ? »

     

    Source : Isabelle Roux, à partir de l’ouvrage « Le questionnaire, l’enquête et ses méthodes ». 4e édition, François de Singly, 2016, Armand Colin

     

    Questions :

    1. Quelle population souhaitez-vous étudier ?
    2. Quel est l’échantillon choisi ?
    3. Est-il représentatif ?
    4. Quels indicateurs souhaitez-vous préparer ? (Par indicateur, on entend une variable qu’on construira pour répondre à la question : un profil de personne, un profil d’utilisateur ou de consommateur…)
    5. Ici, notre questionnaire comprendra au maximum une quinzaine de questions.
    6. Attention ! Il faut prendre en compte le fait que les jeunes sont en grande partie de grands utilisateurs de réseaux sociaux et de smartphones. Comment distinguer des « catégories » d’utilisateurs dans ce cas ?
    7. Préparez votre propre questionnaire pour tester l’hypothèse envisagée en séance 1, que vous administrerez auprès de votre échantillon.

    Pour un questionnaire réussi, prévoyez une partie sur les caractéristiques de l’individu (âge, sexe, milieu social), une autre la thématique étudiée (cinq/six questions).

     

    Recopiez ici le questionnaire préparé collectivement :

     

    Questionnaire

     

    Dans le cadre d’une étude sociologique menée par des élèves de ……………………………. du lycée …………………………., nous avons besoin de votre participation pour recueillir des données sur …………………………………………………………….. Votre aide nous est précieuse, merci de répondre aussi précisément que possible. Ce questionnaire est anonyme, vos réponses resteront strictement confidentielles et ne seront pas traitées individuellement, mais uniquement à des fins statistiques.

     

    [ Partie 1 : Les caractéristiques sociales de l’individu/Titre à enlever]

    1. …………………………………………………………………………………………….

    ¨  ……

    ¨  ……

    1. …………………………………………………………………………………………….

     

    [ Partie 2 : Caractéristiques du fait observé /Titre à enlever]

    1. …………………………………………………………………………………………….

     

    1. …………………………………………………………………………………………….

     

    1. …………………………………………………………………………………………….

     

    1. …………………………………………………………………………………………….

     

     

    Annexe 3 : Document élève d’aide à l’utilisation d’un tableur

     

    Guide pour l’utilisation d’un tableur Openoffice ou Excel

     

    Exemple

    Openoffice Calc

    Excel

    Moyenne (= pour les variables numériques)

    Valeur numérique (âge, revenus…)

    Frapper le signe =, indiquer moyenne dans le menu déroulant des fonctions (en bas, à gauche dans la zone de nom)

    Formules/Somme automatique/Menu déroulant : moyenne

    Tri à plat (= pour les variables qualitatives)

    Répartition des sexes, des âges, d’une caractéristique au sein de la population étudiée

    - Insertion/Table dynamique

    - insérer la variable dans « champs de ligne » ou dans « champs de colonne » (en la faisant glisser à partir de « champs disponibles »)

    - Refaire glisser la variable de « champs disponibles » vers « champ de données » : elle apparaît en « somme » : double cliquer sur « somme » pour changer en sélectionnant « nombre », sélectionner plus bas « valeur affichée » puis « % du total » pour avoir les données en %.

    - remarque : avec un clic droit puis « éditer la mise en page », on peut revenir à tout moment sur les données choisies.

    - Sélectionner la colonne / Insertion/Tableau croisé dynamique

    - Sur la nouvelle feuille : dans l’encart à droite, faire glisser la variable dans « ligne » et dans « valeur ».

    On obtient le tableau désiré en valeur absolue.

    Pour passer en % : double-cliquer sur le tableau créé, et cliquer sur « afficher les valeurs ».

    Choisir « % du total général »

    Il n’y a plus qu’à transformer en graphique

    Tri croisé

    (= pour deux variables qualitatives)

    Croisement obtenu sur deux questions (choix d’une réponse selon le sexe, temps de travail domestique selon le sexe, tranche de revenus selon la CSP…)

    - Insertion/Table dynamique

    - insérer les variables choisies dans « champs de ligne » ou dans « champs de colonne » (en la faisant glisser à partir de « champs disponibles ») (par exemple : les CSP et le sexe)

    - Faire glisser la variable étudiée de « champs disponibles » vers « champ de données » : elle apparaît en « somme » : double cliquer sur « somme » pour changer (par exemple : « moyenne des revenus »)

    - remarque : avec un clic droit puis « éditer la mise en page », on peut revenir à tout moment sur les données choisies.

    - copier les colonnes étudiées pour les placer côte à côte

    - cliquer sur Insertion/ tableau croisé dynamique

    - Sur la nouvelle feuille (ou à l’emplacement choisi) : dans l’encart à droite, faire glisser une variable dans « ligne » et une autre « colonne », puis la variable étudiée dans « valeur ».

    è On obtient le tableau désiré en valeur absolue.

    - Si on veut autre chose que la somme ou le comptage des valeurs (par défaut), par exemple la moyenne : clic droit dans le tableau croisé/synthétiser les valeurs/moyenne



    Exemple de tri croisé avec Open office

     

     

     

    Exemple de tri croisé avec Excel :

         

     

     

     

    Annexe 4 : Grille de notation

     

     

    Groupe : ……………………………………

    Date : ………………………………………………

     

     

     

    (Elève 1)……………………

    (Elève 2)………………………….

    L’élève a compris les étapes de la démarche scientifique et s’y est intéressé (4 points)

     

     

    L’élève a pris en charge une tâche spécifique pour faire avancer le projet de la classe (secrétaire, relations avec le musée, publication du compte-rendu…) (4 points)

     

     

    L’élève a su dépouiller correctement les questionnaires reçus (4 points)

     

     

    L’élève a rédigé une partie intéressante du compte-rendu (4 points)

     

     

    L’élève a su montrer un esprit critique et réfléchir à l’exploitation du questionnaire (4 points)

     

     

    Total

     

     

     

     

     

    Application 1 rapide : La socialisation différenciée selon le genre

     

    Nouveau programme de seconde : thème « Comment devenons-nous des acteurs sociaux ? »

    Nouveau programme de première : thème « Comment la socialisation contribue-t-elle à expliquer les différences de comportement entre les individus ? »

     

    Durée : Une heure

     

    Prérequis : pourcentage de répartition, coefficient multiplicateur, socialisation différentielle selon le genre

     

    La problématique est donnée par le professeur, en application (illustration) ou en préparation (sensibilisation) de la séquence sur la socialisation différentielle. S’il s’agit d’une sensibilisation, la problématique sera adaptée pour ne pas révéler le terme « socialisation différentielle ».

     

    Protocole :

     

    1. Faire formuler deux ou trois hypothèses pour répondre à la problématique suivante : « Dans quelle mesure les élèves de votre classe connaissent-ils un processus de socialisation différenciée ?»
    2. Faire répondre les élèves aux trois /quatre questions suivantes, sur une demi-feuille. On peut les écrire au tableau ou leur distribuer l’encadré. Leur demander de ne pas réfléchir, de répondre instinctivement. Ne pas leur laisser plus de deux minutes, s’assurer qu’ils ne communiquent pas, expliquer au préalable que c’est important pour que les résultats aient un sens.

     

    a)      Quel est le premier jouet reçu dans l’enfance qui te vient à l’esprit ?
    b)      Quel est le conseil que tu as le plus entendu de la part de tes parents quand tu étais enfant ?
    c)      Quel sport pratiques-tu le plus fréquemment (si tu pratiques un sport en dehors du lycée) ?
    d)      Possèdes-tu un vêtement de couleur rose (que tu utilises assez régulièrement) ?

     

    1. Après avoir ramassé, faire venir au tableau un dépouilleur et un secrétaire.
    2. Leur demander de rappeler la formule du pourcentage de répartition.
    3. Leur faire remplir tout ou partie de la fiche élève, avec les questions conclusives.

     

    Note : Les élèves seront obligés de faire des choix et de catégoriser. Cela fait partie de tout travail statistique. Peut-être laisser la colonne de gauche vide (dans la fiche élève) pour qu’ils trouvent eux-mêmes leurs catégories.

     

     

    Fiche élève

     

    Prendre une demi-feuille pour répondre aux questions. Ne pas mettre son nom, l’enquête est anonyme.

     

    Enquête :Sur la demi-feuille, réponds spontanément et rapidement aux questions ci-dessous. Ne pas communiquer avec le voisin !

     

    a)      Quel est le premier jouet reçu dans l’enfance qui te vient à l’esprit ?
    b)      Quel est le conseil que tu as le plus entendu de la part de tes parents quand tu étais enfant ?
    c)      Quel sport pratiques-tu le plus fréquemment (si tu pratiques un sport en dehors du lycée) ?
    d)      Possèdes-tu un vêtement de couleur rose (que tu utilises assez régulièrement) ?

     

    Compte-rendu pour la classe de ………………

     

     

    Le jouet marquant dans l’enfance

    Filles (n=…)

    Garçons (n=…)

    Nombre

     Pourcentage de répartition

    Nombre

    Pourcentage de répartition

    Poupées

     

     

     

     

    Jeux en extérieur

     

     

     

     

    Voitures et camions

     

     

     

     

    Informatique, écrans

     

     

     

     

    Maquillage, coiffure

     

     

     

     

    Dînette ou « arts ménagers »

     

     

     

     

    Figurines de superhéros

     

     

     

     

     

     

     

     

    Valeur dominante transmise par l’éducation

    Filles (n=…)

    Garçons (n=…)

    Nombre

     Pourcentage de répartition

    Nombre

    Pourcentage de répartition

    Politesse, respect d’autrui

     

     

     

     

    Altruisme

     

     

     

     

    Calme, discrétion

     

     

     

     

    Prudence

     

     

     

     

    Obéissance, respect des règles

     

     

     

     

    Humour, prise de risques

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pratiques sportives

    Filles (n=…)

    Garçons (n=…)

    Nombre

     Pourcentage de répartition

    Nombre

    Pourcentage de répartition

    Sport d’équipe

     

     

     

     

    Danse, gymnastique

     

     

     

     

    Boxe

     

     

     

     

    Tennis, tennis de table

     

     

     

     

    Athlétisme

     

     

     

     

     

     

     

    Utilisation de la couleur rose

    Filles (n=…)

    Garçons (n=…)

    Nombre

     Pourcentage de répartition

    Nombre

    Pourcentage de répartition

    Utilise régulièrement un vêtement ou un accessoire rose

     

     

     

     

     

    Interprétation du compte-rendu

     

    a)      Qu’est-ce qui prouve que la socialisation est différenciée selon le genre dans votre classe ?
    b)      Y a-t-il pourtant des éléments qui remettent en cause cette analyse ?
    c)      Votre hypothèse de départ est-elle confirmée ou infirmée ?
    d)      Rédiger un paragraphe argumentatif qui propose un argument pour apporter un élément de réponse à la problématique initiale. (Rappel : rédaction du paragraphe argumentatif : alinéa/argument/explication/illustration)

     

     

    Application 2 : La pratique culturelle du musée de l’Arles Antique

     

    Nouveau programme de seconde : thème : « Comment devenons-nous des acteurs sociaux ? »

     

    Nouveau programme de première : thème « Comment la socialisation contribue-t-elle à expliquer les différences de comportement entre les individus ? »

     

    Durée : Six à huit heures

     

    Prérequis : pourcentage de répartition, coefficient multiplicateur, socialisation, culture, milieu social

    La problématique est donnée par le professeur à partir d’un document.

     

    Document d’introduction

     

    L’enquête a été réalisée en « face à face », entre décembre 2011 et janvier 2012, auprès d’un échantillon représentatif de 2 003 personnes, âgées de 18 ans et plus, sélectionnées selon la méthode des quotas. Ces quotas (région, taille d’agglomération, âge - sexe, PCS) ont été calculés d’après les résultats du dernier recensement général de la population mis à jour grâce à l’enquête emploi et au bilan démographique 2009 de l’INSEE. Un redressement final a été effectué pour assurer la représentativité par rapport à la population nationale de 18 ans et plus.

     (…) Les visites de musées ou d’exposition de beaux-arts concernent 23% de la population. Au total, 61% de nos concitoyens ont, au cours des douze derniers mois, visité un musée, une exposition ou un monument. L’importance de cette proportion change le regard habituellement porté par les sociologues sur les pratiques culturelles, souvent perçues comme réservées à une élite (…). Le patrimoine, sous toutes ses formes, attire une population bien plus large qu’on pourrait le penser. Des pratiques culturelles qui ne sont pas réservées à une minorité.

    (…) [Cependant] la visite des musées des beaux-arts [reste], effectivement, assez « clivante » (seuls 8% des non-diplômés ont visité une exposition de ce type en 2011, contre 54% des personnes disposant d’un diplôme équivalent ou supérieur à une licence) (…). Lorsqu’on additionne tous les types de visites patrimoniales (musées, expositions, monuments, etc.), 57% des employés, 44% des ouvriers, 44% des bas revenus (moins de 1 200€ par mois et par personne) et 42% des non-diplômés se classent dans la catégorie des visiteurs. Une personne sur quatre renonce à cause du prix (…). Les femmes, les employés, les classes moyennes inférieures et les bas revenus sont plus souvent freinés par les prix. (…) Un volet de l’étude s’attache à décrire les interactions entre les pratiques muséales (…) et les nouvelles technologies. (…) Internet joue un rôle important dans les visites culturelles : 28% de la population y ont, au cours des douze derniers mois, recherché des informations pratiques (horaires, tarifs, accès, etc.), 10% ont réservé ou acheté un billet en ligne, 16% ont effectué une visite virtuelle sur Internet d’une exposition, d’un musée ou d’un monument, 5% ont téléchargé les commentaires des œuvres exposées et 6% ont parlé, sur un réseau social, un blog ou un forum de discussion d’une exposition ou d’un établissement patrimonial. Visiter les patrimoines contribuerait-il au bonheur ? (…) Nos analyses statistiques confirment que les personnes qui visitent les expositions, les musées ou les monuments ont une probabilité supérieure de 59% aux autres de se déclarer « très souvent heureux », et cela toutes choses égales par ailleurs — notamment en raisonnant à niveau de revenu, profession et âge égal. La visite de musée s’inscrit en effet dans un temps de détente, souvent associé aux « vacances » (57% des visites ont eu lieu en dehors de la région d’habitation) et à un moment de convivialité partagé avec des amis, ou de la famille (88% des cas).

    Source : La visite des musées, des expositions et des monuments, enquête Credoc, Collection des rapports, n°281, Bigot R., Daudey E., Hoibian S., Müller J.

     

    Questions :

     

    1. Quelle proportion de la population a-t-elle visité un musée durant l’année 2011 ?
    2. Le milieu social joue-t-il un rôle dans cette pratique culturelle ?
    3. La tarification décourage-t-elle certains utilisateurs potentiels ?
    4. Comment Internet modifie-t-il les pratiques numériques ?

     

    Problématique : Qui fréquente le musée de l’Arles Antique ? Les enquêteurs vont dresser le portrait-type d’un visiteur de ce musée.

     

     

     

    Lettre au directeur du musée

     

    Mmes

    Professeurs documentalistes et de sciences économiques et sociales

    Lycée Montmajour, Arles

     

               

                                                                           A Monsieur Sintés,

    Conservateur du Musée de l’Arles Antique

    Presqu’Île du cirque romain

    13 200 Arles

     

    Objet : enquête sociologique sur les visiteurs du musée de l’Arles antique (élèves de première ES)

     

    Arles, le 18 septembre 2018

     

    Nous sommes professeurs documentaliste et de SES au lycée de Montmajour et, dans le cadre du programme de première de la série ES, les élèves cherchent à mettre en œuvre une enquête sociologique sur le thème d’une pratique culturelle : la fréquentation des musées.   

    Pour cela, nous sollicitons votre aide. Etudier la fréquentation du musée de l’Arles Antique serait très formateur pour nos élèves. Nous souhaiterions que vous autorisiez les élèves à déposer à l’accueil une centaine de questionnaires qu’ils auraient élaborés dans le cadre de leur sujet (dresser le portrait sociologique du visiteur de musée). L’objectif serait de dresser le portrait-type d’une personne qui fréquente le musée de l’Arles antique, et de comparer ces résultats avec le niveau national.

    Ce questionnaire vous serait envoyé au préalable pour accord, puis déposé à l’accueil avant les vacances de Toussaint, et récupéré début novembre 2018. A l’issue de notre enquête, les élèves rédigeront un article qui sera transmis au musée.

     

    Nous vous remercions pour votre réponse,

     

    Bien cordialement

    Mmes

     

     

    Exemples de questionnaire

     Img1 ir

    Img2 ir

    Img3 ir

     

    Img4 ir

     

     

    Fiche-élève : Aide au compte-rendu méthodologique

    1ES2 Enquête sur le Musée de l’Arles Antique

     

    Devoir à rendre pour le 21 décembre 2018

     

    Consignes :

    -          renvoyer par mail un devoir en word ou en pdf : ne pas oublier le nom des deux personnes du groupe. ( )
    -          traiter : introduction (partie 1) ou bilan critique (partie 4) ; résultats (partie 2) ; interprétation (partie 3) et conclusion (partie 5) en quelques mots
    -          Temps disponible : deux heures pour préparer les tris en classe et les coller dans un fichier word ; rédaction à la maison.
    -          Attention, ne pas oublier d’enregistrer le fichier ethnos ainsi que le fichier word sur la session ou sur une clé.
    -          Aide pour ethnos : Pour changer le libellé des cases : clic droit/libellé ; pour supprimer certaines lignes ou colonnes : clic droit/affichage cases ; pour enlever des pourcentages en ligne ou en colonnes : clic droit/options spécifiques.

     

    Partie 1 : Introduction

     

    • Accroche
    • Contexte/Démarche/Motivation
    • Définitions
    • Problématique : En quoi les visiteurs du musée … diffèrent de l’échantillon national et pourquoi ? ou Comment caractériser le profil et les pratiques culturelles des visiteurs du musée … ?

     

    Partie 2 : Résultats

     

    Pour chaque question : illustrer graphiquement (graphique avec titre) et proposer une phrase pour décrire les résultats marquants (« on constate que… » )

     

    Partie 2 : Résultats

     

    Pour chaque question : illustrer graphiquement et proposer une phrase pour décrire les résultats (« on constate que… »)

     

    • Qui est le visiteur ?

    1)      Répartition hommes-femmes ? (+ Graphique) GROUPE 7
    2)      Répartition des profils de visiteurs ? (+ Graphique) GROUPE 8
    3)      Lien entre le profil des visiteurs et le jour de la visite ? GROUPE 9
    4)      Répartition des âges ? GROUPE 10
    5)      Motivation ? (+ Graphique) GROUPE 11
    6)      Proportion de personnes ayant bénéficié d’un graphique préférentiel ? GROUPE 12
    7)      Répartition de la mise en contact avec le musée ? (+ Graphique) GROUPE 13
    8)      Répartition des CSP ? GROUPE 14
    9)      Répartition des origines géographiques ? GROUPE 7
    10)  Lien Origine géographique/milieu social ? GROUPE 8
    11)  Répartition des moyens de locomotion ? GROUPE 9

     

    • Prix et visite

    12)  Proportion de personnes influencées par les prix ? GROUPE 10
    13)  Y a-t-il un lien entre la catégorie sociale et le fait de bénéficier d’un tarif préférentiel ? GROUPE 11

     

    • Quelles sont ses pratiques culturelles ?

    14)  Nombre de musées visités au cours des six derniers mois ? GROUPE 12
    15)  Le musée de l’Arles antique a-t-il déjà été visité ? GROUPE 13
    16)  Répartition des types de loisirs ? GROUPE 14
    17)  Répartition des prises de connaissances du musée ? GROUPE 7
    18)  Transmission des pratiques culturelles
    19)  Les visiteurs étaient-ils nombreux à visiter des musées pendant l’enfance avec les parents ? GROUPE 8
    20)  Les visiteurs étaient-ils nombreux à visiter des musées pendant l’enfance avec l’école ? GROUPE 9
    21)  Quel est le lien entre les loisirs des visiteurs et les loisirs pendant l’enfance ? GROUPE 10
    22)  Quel est le lien entre le nombre de musées visités au cours des six derniers mois et les pratiques pendant l’enfance ? GROUPE 11
    23)  Quel est le lien entre la CSP et le nombre de musées visités au cours des six derniers mois ? GROUPE  12
    24)  Quels étaient les loisirs pendant l’enfance ? GROUPE 13

     

    Partie 3 : Interprétation des résultats et réponse à la problématique

     

    • La visite du musée est-elle clivante selon les milieux sociaux ? La présence d’un tarif préférentiel peut-elle être considérée comme une aide importante pour aller au musée ? Quel est le profil d’un visiteur type ? Aller au musée s’effectue-t-il dans un cadre de convivialité et de loisir ? Quelles sont les motivations pour aller au musée ?
    • Y a -t-il ou non transmission des pratiques culturelles de l’enfance à l’âge adulte chez les visiteurs du musée ?

     

    Partie 4 : Bilan critique

     

    • Limites
    • Explications des choix

     

    Partie 5 : Conclusion et mise en page du compte-rendu

     

    • A l’issue de cette enquête, quelle est votre perception du public des musées ?
    • Cette enquête va-t-elle influencer vos propres pratiques culturelles ?

     

     

    Exemple de compte-rendu de l’enquête sociologique

     

    Groupe 11

     

    Questions :

     

    • Quelle est / quelles sont les motivations des visiteurs du musée de l’Arles Antique ?
    • Existe-t-il un lien entre la catégorie sociale et le fait de bénéficier d’un tarif préférentiel ?
    • Quelles sont les pratiques culturelles des visiteurspendant l’enfance ?

     

    Introduction :

     

    Selon le ministère de la Culture et l’INSEE, la France comptait, en 2014, 1242 musées1 sur la totalité de son territoire, ce qui en fait l’un des pays au plus grand patrimoine muséal d’Europe. Cependant, cinq musées totalisent 40% des visites totales de musées, créant alors probablement des problèmes dans la répartition de ceux-ci.

    Ainsi, nous analyserons ici les résultats d’enquêtes, sur les pratiques culturelles2 et son rapport au processus de socialisation3, menées au musée de l’Arles antique, d’envergure départementale. Nous nous demanderons alors pourquoi on visite le musée de l’Arles antique, y a-t-ils’il y a un lien entre la catégorie sociale et le fait de bénéficier d’un tarif préférentiel et quel est le lien entre le nombre de musées visités au cours des six derniers mois et les pratiques pendant l’enfance.

     

    I) Motivation(s) de la venue au musée

    Img5 ir

     

     

    Données :

    On constate, que 37,85% des visiteurs du musée viennent principalement pour le tourisme, 24,29% le visitent en raison de leur passion pour l’histoire mais encore 19,21% pour leur passion pour l’art.

    Interprétation :

     

    Nous pouvons supposer que le nombre élevé de visiteurs en raison d’une passion pour l’histoire s’explique du fait de la dimension historique du musée, qui retrace l’histoire antique de la ville d’Arles. Aussi, la région, assez touristique, accueille beaucoup de visiteurs motivés simplement par le tourisme. Parallèlement, très peu de visiteurs ont été motivés par les expositions en cours : cela s’explique par le fait que les expositions proposées dans l’enquête n’étaient pas les même que celles des musées ou qu’elles n’étaient pas beaucoup mises en avant. La raison pour laquelle très peu de visiteurs sont venus dans le cadre d’une sortie scolaire ou d’une colonie de vacances est que l’enquête a été réalisée durant les vacances de la Toussaint. La faible présence d’enfants et d’adolescents dans le musée durant l’enquête explique finalement le nombre important de visiteurs motivés par leur passion pour l’art : en effet, les adultes et séniors étant plus intéressés par l’art, la réponse “passion pour l’art” a donc récolté plus de réponse.

     

    II) Lien entre la catégorie sociale et le fait de bénéficier d’un tarif préférentiel ?

     

     

    Données :

    Nous voyons ici que les personnes sans activité professionnelle, en faible nombre, ont tout de même tous bénéficié d’un tarif préférentiel. Egalement, 80% d’artisans commerçants, chefs d’entreprise ou professions libérales ont bénéficié d’un tarif préférentiel lors de leur entrée tout comme 76,19% d’enseignants ayant visité le musée. D’autre part, les employés et personnes de service ont moins bénéficié de tarifs préférentiels puisque sur 100 individus de leur catégorie socioprofessionnelle4, environ 39 auraient bénéficié d’une réduction lors de leur entrée au musée.

     

    Interprétation :

    Les artisans, commerçants, chefs d’entreprise et professions libérales sont ceux ayant bénéficié le plus souvent d’un tarif préférentiel car ils sont la catégorie de visiteurs étant venus le plus en groupe, profitant donc d’un tarif réduit (5€ à la place de 8€)5. Retraités et enseignants ont aussi bénéficieréde réduction, les retraités profitant aussi du tarif réduit et les enseignants du fait que c’est un musée national.

     

    III)  Les pratiques culturelles pendant l’enfance

     Img6 ir

    En ordonnée : pourcentage des réponses, des visiteurs du musée

     

    La socialisation primaire3 conditionne la socialisation secondaire, dans un processus de continuité ou avec des ruptures. De ce fait, nous pouvons supposer que plus le visiteur, dans son enfance, a visité de musées et d’établissements culturels, plus il visitera de musées à l’âge adulte. De même, un adulte n’ayant pas visité beaucoup de musées durant son enfance pourrait très bien s’y intéresser à l’âge adulte.

    On constate que la majorité des visiteurs n’avaient pas pour habitude d’aller très souvent au musée au cours de leur enfance (les deux tiers n’y allaient jamais ou peu souvent). On peut conclure que la transmission culturelle ne s’explique pas forcément par le fait d’avoir été habitué à aller au musée durant l’enfance. Mais d’un autre côté, les deux tiers des enquêtés (12, 30+21,30+32,79) se rendaient au musée pendant leur enfance, même peu souvent. Il faudrait comparer avec les données des individus qui ne se rendent pas ou peu au musée.

     

     

    Conclusion :

    Nous avons vu ici que les musées font l’objet de visites d’individus différents aux motivations différentes. Comme limite nous avons(md), le fait que le questionnaire était un peu incomplet ou vague au niveau de certaines questions que nous avons élaborées et cela est dû au manque de temps en classe. Ensuite, nous avons vu qu'au tout début, cela était compliquéerde convaincre les quelques musées d'Arles à participer à notre "mini projet" car c'est vrai que cela demande un minimum d'investissement autant au niveau des élèves que des personnes qui gèrent ces musées.

     

     

    Application 3 : Le sport

     

    Nouveau programme de seconde : thème « Comment devenons-nous des acteurs sociaux ? »

     

    Nouveau programme de première : thème « Comment la socialisation contribue-t-elle à expliquer les différences de comportement entre les individus ? »

     

    Durée : Six à huit heures

     

    Prérequis : pourcentage de répartition, coefficient multiplicateur, socialisation, culture, milieu social

    La problématique est donnée par le professeur à partir d’un document.

     

    Documents d’introduction. Pratiques physiques ou sportives des femmes et des hommes : des rapprochements mais aussi des différences qui persistent

     

    En 2015, 45 % des femmes et 50 % des hommes de 16 ans ou plus déclarent avoir pratiqué une activité physique ou sportive au cours des douze derniers mois. Un tiers de femmes comme d’hommes en pratiquent une régulièrement, au moins une fois par semaine. Entre 2009 et 2015, la part de pratiquants est passée de 40 % à 45 % chez les femmes ; elle est demeurée stable chez les hommes. Les écarts entre femmes et hommes restent pourtant élevés parmi les plus jeunes : 50 % des femmes de 16 à 24 ans ont pratiqué au moins une activité physique ou sportive dans l’année, contre 63 % des hommes de cette classe d’âge. Le manque de temps ou la faible médiatisation du sport féminin peuvent expliquer la moindre pratique physique ou sportive des jeunes femmes. Les stéréotypes de genre contribuent à maintenir des différences dans le choix des disciplines. En 2010, la marche à pied est l’activité physique ou sportive la plus pratiquée par les femmes et les hommes. Certaines disciplines restent par ailleurs peu féminisées : les femmes sont largement minoritaires parmi les adeptes de sports collectifs et de raquette alors qu’elles sont surreprésentées en danse et en gymnastique. La majorité des pratiquants femmes comme hommes s’exercent le week-end et par leurs propres moyens. Pour les deux sexes, se distraire et rester en forme sont les principales motivations à la pratique physique ou sportive. Participer à une compétition sportive est l’apanage des jeunes hommes, ces derniers déclarant chercher davantage que les jeunes femmes à dépasser leurs limites.

     

    François Gleizes, division Conditions de vie des ménages, et Émilie Pénicaud,

    division Études sociales, Insee

    Source : INSEE Première, n°1675, novembre 2017

     

     

     

     

     

     

     

    Exemples de problématiques :

    -          Les garçons et les filles pratiquent-ils les mêmes sports ?

    -          La pratique d’un sport est-elle aussi fréquente chez les filles que les garçons ?

    (Remarque : On peut aussi le faire selon le milieu social mais cela peut être jugé stigmatisant pour les élèves et puis difficile d’avoir un échantillon représentatif)

     

    Echantillon :

    On peut très facilement utiliser la méthode des quotas (50% de filles, 50% de garçons), (moins facilement si l’on travaille sur le milieu social comme variable filtre : est-ce que le milieu social influence la pratique du sport chez les filles/chez les garçons : soit on fait l’effort de trouver un échantillon qui correspond à la réalité, soit on l’indique dans les limites)

     

    Pistes pour le questionnaire

    -          Sexe ?
    -          Pratiquez-vous une activité sportive en dehors des heures d’EPS ?
    -          Si oui, laquelle ?
    -          Combien d’heures par semaine ?
    -          Dans quel cadre le pratiquez-vous ? AS/seul/Club
    -          Quelles sont les deux qualités qui vous plaisent le plus dans ce sport, et qui justifient que vous l’ayez choisi ?
    -          Qui a impulsé la pratique de ce sport au début ? (parents/Amis/facilité de le pratiquer/TV sportif connu ?/Autres)
    -          Dans quel but pratiquez-vous une activité sportive ? Se distraire/Rester en forme/Passer du temps avec des amis/Perdre du poids/Se dépasser

    Source : D’après une idée de Magnard, manuel de première

     

    Application 4 : L’alimentation

     

    Nouveau programme de seconde : thème : « Comment devenons-nous des acteurs sociaux ? »

     

    Nouveau programme de première : thème « Comment la socialisation contribue-t-elle à expliquer les différences de comportement entre les individus ? »

     

    Durée : Six à huit heures

     

    Prérequis : pourcentage de répartition, coefficient multiplicateur, socialisation, culture, milieu social

    La problématique est donnée par le professeur à partir d’un document.

     

    Document d'introduction

     

    A partir de l'étude des manuels de civilité de la Renaissance, Elias montre que les manières de table telles que nous les connaissons aujourd'hui sont issues d'un long processus, sous l'influence des évolutions sociales et politiques[1]. Issues du milieu de cour, ces pratiques se sont ensuite diffusées dans les autres milieux sociaux, car ils ont ensuite adopté les modèles créés par la couche dirigeante (…) La Révolution française constitue un moment clé de ces transformations. Elle voit l’avènement du modèle bourgeois des repas en ce qui concerne les recettes, les menus, les manières de manger et les horaires. (…)

    Les évolutions contemporaines remettent-elles en cause la pérennité du modèle de repas français ? Les thèses de la déstructuration se développent depuis le milieu des années 1980, principalement sous l’impulsion des professionnels du marketing. Cette déstructuration correspond au fractionnement des prises alimentaires et à la simplification des repas principaux, à l’imprécision des frontières horaires entre repas et à l’effacement de la frontière entre repas ordinaire et festif, ainsi qu’à l’individualisation et à la délocalisation des repas. Les observations empiriques infirment toutefois ces observations alarmistes. Aujourd’hui, en France, la structure des trois repas principaux (petit-déjeuner, déjeuner, dîner) concerne neuf Français sur dix. (…) Huit Français sur dix prennent leur repas en famille.

    Sociologie de l’alimentation, Régnier F., Lhuissier A., Gojard S., La Découverte, Octobre 2006

     

    Problématique proposée :

     

    Existe-t-il un rituel lié au repas du soir dans les familles où vit au moins un adolescent lycéen ? (Ou : En quoi le repas du soir est-il un acte culturel ?)

     

    Questions possibles pour le questionnaire :

    -          Type de famille ? Monoparentale/traditionnelle/élargie ?
    -          Profession des parents ?
    -          Fratrie ? Taille ? Age ?
    -          Repas pris en commun le soir ?
    -          Composition du repas ?
    -          Plat/Entrée+plat ou plat+dessert/les trois ?
    -          Commencez-vous le repas par un des rituels suivants :
    -          Prière/Se laver les mains/Se souhaiter bon appétit/Autre
    -          Les enfants peuvent-ils quitter la table sans autorisation ?
    -          Durée du repas ?
    -          Mangez-vous devant la TV…

     

    Aide à l’exploitation pour les élèves :

     

    a)      Décrire l’échantillon :

    Proportions de repas pris en commun :

    -          Proportion de ménages qui prennent le repas du soir en commun ?
    -          Proportion de repas pris en commun croisés avec la profession
    -          Proportion de repas pris en commun croisés avec la taille de la fratrie ou l’âge des enfants

    b)      Parmi les repas pris en commun, décrire ce qui peut faire penser à un rituel

    -          durée moyenne
    -          composition du repas
    -          proportion des foyers qui mangent devant la TV…

     

    Autres sujets possibles relatifs à l’alimentation :

     

    -          qui cuisine au sein de la famille ?
    -          quelle qualité des aliments consommés par les « ado » ? (aliments « fast-food », aliments « santé », aliments « minceur »…)
    -          qui fréquente Mac Do ?
    -          la sociabilité alimentaire (à quelle fréquence mange-t-on avec ses amis/où ?)

     

     

    Application 5 : L’Injustice ménagère chez les adolescents (anciens et nouveaux programmes de seconde et de première)

     

    Nouveau programme de seconde : thème « Comment devenons-nous des acteurs sociaux ?»

     

    Nouveau programme de première : thème « Comment la socialisation contribue-t-elle à expliquer les différences de comportement entre les individus ? »

     

    Durée : Six à huit heures

     

    Prérequis : pourcentage de répartition, coefficient multiplicateur, socialisation différentielle selon le genre

     

    La problématique est donnée par le professeur à partir d’un document.

     

    Document d’introduction :

     

     

    Problématique :

    Les lycéens aident-ils leurs parents ou assument-ils une part du travail domestique de leur ménage ? Participent-ils différemment aux tâches ménagères de la famille selon leur sexe ?

    Attention : bien distinguer les types de famille :

    -          famille avec enfant unique= garçon 
    -          famille avec enfant unique = fille 
    -          famille avec fratries de plusieurs enfants de sexe différent 
    -          famille avec fratries de plusieurs enfants de même sexe 

     

    Piste de questionnaire à imaginer par les élèves :

    -          Avez-vous cuisiné durant la semaine dernière ?
    -          Si oui, tps approximatif
    -          Si oui : pour aider une autre personne/seul
    -          Si oui : pour soi/pour d’autres personnes de la famille ou pour des amis

    Recommencer pour mettre la table, bricoler, linge, s’occuper d’enfants (attention plus on fait de questions, plus l’exploitation sera longue)

     

    Exploitation possible :

     

    Dans les fratries « mixtes » et/ou dans la population générale des enquêtés

     

     

    Temps moyen consacré dans la semaine pour les filles à l’activité de…

     

    Temps moyen consacré dans la semaine pour les garçons à l’activité de …

    Part des filles dans les lycéens ayant entrepris l’activité au cours de la semaine d’enquête

    Cuisine

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dans les fratries de filles

     

     

    Temps moyen consacré dans la semaine à l’activité de …

    Part des « aidantes » (= celles qui participent aux tâches ménagères) dans la population étudiée

    Cuisine

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Recommencer ainsi pour les autres activités et les autres types de famille. On peut aussi approfondir l’analyse en se demandant si les adolescents prennent en charge certaines activités à titre principal.

     

     

    Application 6 : Enquête sur la représentation de la notion de liberté chez les lycéens (EMC seconde nouveau programme)

     

    Application en lien avec le thème annuel en EMC de la classe de seconde : la liberté, les libertés

     

    Extraits des notions à acquérir/à mobiliser :

    -          Le rapport entre liberté et droits, le respect, la tolérance et l’égalité devant la loi.
    -          L’intériorisation de la liberté de l’autre ou le rapport à soi et aux autres : altérité, différence, discrimination.
    -          La reconnaissance des différences, la lutte contre les discriminations et la promotion du respect d’autrui : lutte contre le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie ; lutte contre le sexisme, l’homophobie, la transphobie ; lutte contre les discriminations faites aux personnes porteuses d’un handicap.
    -          Les enjeux éthiques : approches des grands débats contemporains (droit et accès aux soins, débats sur la fin de vie et la procréation).

     

    Pour mobiliser une de ces notions, on peut mettre en œuvre une enquête sociologique sur un des sujets suivants :

    -          la représentation du respect et de la tolérance chez les lycéens
    -          quelle opposition au racisme, au sexisme, à l’homophobie et à la transphobie chez les lycéens ?
    -          la représentation de l’euthanasie chez les lycéens (exemples de questions : Pouvez-vous citer un pays où c’est autorisé/ avez-vous déjà entendu parlé de ce sujet/ ? Spontanément, y êtes-vous favorable ?)

     

    Application 7 : Enquête sur les fondements, les fragilités et les recompositions du lien social (EMC première nouveau programme)

     

    Extrait des domaines qui peuvent être abordés en première d’après le nouveau programme :

    -          Les fragilités liées aux transformations sociales : cadre de vie (…), cellule familiale, institutions de socialisation (École, État, religion, organisations syndicales). (…)
    -          La montée du repli sur soi et le resserrement du lien communautaire physique ou virtuel.
    -          L’expression de la défiance vis-à-vis de la représentation politique et sociale, et vis-àvis des institutions.
    -          La défiance vis-à-vis de l’information et de la science (de la critique des journalistes et des experts à la diffusion de fausses nouvelles et à la construction de prétendues « vérités » alternatives).
    -          Les nouvelles formes d’expression de la violence et de la délinquance (incivilités, cyber-harcèlement, agressions physiques, phénomènes de bandes, etc.)

     

    Pour mobiliser une de ces notions, on peut mettre en œuvre une enquête sociologique sur un des sujets suivants :

    -          dans quelle cellule familiale vivent les lycéens ?
    -          les lycéens ont-ils un sentiment de déclassement ? (peut-être délicat à mettre en œuvre ?)
    -          les lycéens ressentent-ils de la défiance vis-à-vis de la représentation politique et sociale et vis-à-vis des institutions ?
    -          les lycéens ressentent-ils de la défiance vis-à-vis de la science et de l’information ?
    -          Quelles nouvelles formes d’expression de violence et de délinquance dans notre société ? (enquête sur la délinquance déjà menée par des lycéens de 1ES il y a quelques années, cf bibliographie)
    -          Quelles incivilités dans le quotidien des lycéens ?

     

     

    Autres applications possibles

     

    Autres exemples de thèmes d’enquêtes sociologiques :

     

    -          sondage sur un sujet d’actualité (nouveau programme de première) : Comprendre les principes et les techniques des sondages, et les débats relatifs à leur interprétation de l’opinion publique.
    -          la consommation ostentatoire (ancien programme de seconde) : qui sont les acheteurs de BMW ? (ou autre marque de voiture, en fonction du concessionnaire qui accepte de recevoir les questionnaires)
    -          la déviance (ancien et nouveau programme de première) : les fumeurs de tabac : carrière de déviant ou anomie au sens de Durkheim ? (Fumez-vous, professions des parents/quand avez-vous commencé/contexte…)
    -          l’engagement citoyen et associatif (programmede seconde ou de première)

     

    Avec une méthodologie similaire, on peut également prendre des thématiques microéconomiques :

    Exemple : l’impact de la coupe du monde sur les achats de TV : enquête chez Darty


    [1] La Civilisation des moeurs, Elias N., 1939, Calmann-Levy, Ed.1975