Connectez-vous

Accueil

Courriers des Inspecteurs

Publié le 9 déc. 2020 Modifié le : 10 déc. 2020

Écrire à l'auteur

Le  mercredi 9 décembre 2020

Interdisciplinarité lettres-histoire au lycée professionnel et dialogue entre les disciplines

M. Alexandre QUET, IEN Lettres-Histoire

  • image CAFFA

    La bivalence des professeurs d’enseignement général en lycée professionnel s’inscrit dans une tradition ancienne, héritière de l’enseignement primaire. Elle participe d’une identité forte, même si certaines tensions apparaissent parfois entre les lettres et l’histoire, pour ce qui concerne nos disciplines. Les programmes n’ont pas toujours évoqué l’interdisciplinarité, même si les réformes successives permettent maintenant de nuancer clairement le propos (EPI et IDD au collège , enseignements d’exploration et TPE au lycée général et technologique, AP, PPCP et EGLS au lycée professionnel) ; sans compter les encouragements à l’innovation, qui est aujourd’hui légitimée  par l’Institution . 


    Parfois dénoncé ou perçu comme artificiel, le dialogue entre les disciplines ne semble pas inquiéter du point de vue des PLP qui le pratiquent depuis longtemps. Ce dialogue, dont on peut penser qu’il contribue à rendre le monde plus intelligible pour les élèves, ne va néanmoins pas sans poser de questions, tant au niveau des pratiques enseignantes qu’au niveau des formations ; la bivalence des professeurs de lettres-histoire (majoritairement historiens de formation) devant, a priori, permettre de travailler efficacement les échanges entre littérature et histoire. 


    à partir d’une préoccupation très concrète : l’idée qu’une approche de la littérature, en lien avec l’histoire a vocation à favoriser la réussite des élèves au LP, compte tenu de ce que les programmes permettent de faire. Sans prétendre à l’exhaustivité, tant le sujet est vaste, il s’agira d’analyser la valeur ajoutée que peut apporter une meilleure articulation des enseignements de lettres et d’histoire au lycée professionnel, particulièrement du point de vue des lettres. 



    Après avoir dressé succinctement le cadre théorique de notre réflexion (débats épistémologiques, question de l’interdisciplinarité scolaire et de la bivalence au lycée professionnel, programmes), il s’agira de penser l’interdisciplinarité lettres-histoire à partir de formations concrètes, tant du point de vue de sa valeur ajoutée que des axes d’amélioration que l’on pourrait envisager.

    L’enseignement de la littérature relève d’une didactique. Il lui appartient de répondre à différentes questions : Qu’est-ce que lire une œuvre ? Qu’est-ce qu’un personnage littéraire ? Comment le narrateur transmet-il une émotion, une idée ?  L’enseignement de l’histoire relève d’une autre didactique. Il lui appartient de répondre à ces questions : Qu’est-ce que lire un document ? Qu’est-ce qu’un personnage historique ? Quels sont les faits historiques ? Que disent-ils ?  

     

    Épistémologiquement, une différence existe donc entre une vérité historique et une vérité fictionnelle existentielle ; les finalités des deux disciplines n’étant pas toujours les mêmes. La vérité fictionnelle peut néanmoins toutefois faire l'objet d'un regard d'historien, s’inscrire dans l’Histoire, en prenant en compte les contraintes sociales, économiques ou esthétiques qui régissent la production d'une œuvre en un temps et un lieu donné.  Cela implique que l’on prenne en considération sa réception, son interprétation et mais aussi sa réappropriation. 



    Nous formulons l’hypothèse que le véritable enjeu de nos enseignements réside en la capacité des enseignants à construire un vrai rapport de complémentarité entre didactique des lettres et de l’histoire, dans la perspective d’un enrichissement de connaissances, de compétences et de pensée pour nos élèves ; ce qui pose de réelles questions en termes de formation pour les professeurs, fussent-ils bivalents. 



    En quoi une interdisciplinarité aspirant à mieux articuler lettres et histoire en formation a-t-elle vocation à améliorer les réalisations pédagogiques au service des apprentissages en classe?

     

    alexandre quet admission CAFFA 16