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Sciences soc. et pol.

Publié le 4 janv. 2012

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Le  mercredi 4 janvier 2012

Notion de pouvoir (C. Beddock)

22 documents. 70 questions.

  • La notion de pouvoir

     1. Qu’est-ce que le pouvoir ?

     1.1. Des exemples de pouvoir.

      Document 1.

    Sociologie politique et pouvoir

     L’étude du pouvoir est le domaine privilégié de la sociologie politique. Mais il est évident qu’il y a du pouvoir dans toute relation sociale, pas seulement dans les plus colorées, les plus épiques, mais aussi dans les plus anodines, les plus triviales, ou les plus intimes ; dans la relation du maître et de l’élève, bien sûr, du chef d’entreprise et du leader syndical, mais aussi dans celle de la mère et du jeune enfant [...], et bien sûr dans les relations d’amour et d’amitié. Or, entre les différentes branches spécialisées, les frontières sont heureusement poreuses : [...] si la sociologie politique se définit justement par l’étude du pouvoir, et que l’on admet que le pouvoir est dans toute relation sociale, toute sociologie est ‑ au moins en partie ‑ politique. [...]

    Mais d’autres branches communiquent, justement par cette interface essentielle du pouvoir. D’abord la sociologie des organisations ; les modèles que développe cette discipline ont une valeur heuristique1 générale [...]. De plus, la sociologie n’est pas coupée d’autres disciplines [...] comme la psychologie sociale, l’anthropologie, les sciences politiques proprement dites, la philosophie [...].

    Ainsi, par la combinaison de ces approches, l’analyse d’un pouvoir se fait parfois au niveau de la société politique, mais aussi au niveau de groupes intermédiaires ; l’organisation, l’entreprise, donc, mais aussi des groupes élémentaires plus ou moins structurés, objets de prédilection de la psychologie sociale.

    (1) Heuristique : du grec heuriskein (trouver), qui aide à la découverte.

    M. Mercier, ouvrage collectif, Le pouvoir, tome 2, Editions Ellipses, 1994.

      Document 2.

    Enseigner, c’est prendre le pouvoir

     Les relations de pouvoir sont centrales dans les rapports enseignants/élèves. Ce phénomène se manifeste de plusieurs façons. D’abord, il y a une dissymétrie essentielle entre les actions de l’enseignant et les actions de l’élève : alors que les actions des élèves dérangent l’ordre‑établi ou s’y conforment, les actions de l’enseignant ont pour fonction d’instituer l’ordre (les régularités) dans la classe, de le Maintenir et de le renouveler au besoin. L’initiative de l’action revient fondamentalement à l’enseignant. Enseigner c’est « prendre le pouvoir » dans un groupe, lui imprimer une direction, lui imposer des règles, etc. Or toutes ces actions sont sous la responsabilité de l’enseignant. S’il est incapable d’assumer ce rôle, il ne peut pas enseigner. C’est l’enseignant qui interprète les situations‑limites, lorsque des règles sont transgressées ou manipulées. Bref, il assure la discipline du groupe en fonction des critères qu’il impose et avec lesquels il « joue », les adaptant aux situations changeantes de l’action, de l’année, etc.

    A cet égard, il est important, pour comprendre les relations de pouvoir, [...] de ne pas considérer les élèves comme des récepteurs passifs des actions de l’enseignant [...].

    M. Tardiff et C. Lessard, Le Travail enseignant au quotidien, De Boeck Université, 1999.

     Document 3.

    Le conseil de classe, lieu de pouvoirs

    Instance de concertation et d’information, le conseil de classe est un lieu de décision et d’orientation des élèves. C’est un mode de réunion et de médiation en un lieu des principaux acteurs scolaires : en tant que rouage essentiel du tri scolaire, il a cependant une fonction politique macro‑sociale ; en tant que lieu de conflits, il est au moins autant un lieu de jeux de pouvoirs qu’une instance de négociation. Selon Boumard, il est le produit de la réduction négociée d’un conflit entre des points de vue largement antagonistes, tout aussi cohérents et totalitaires les uns que les autres. Ainsi, le conseil de classe en tant que construction sociale est une forme politique : s’y jouent à la fois des enjeux de pouvoir plus ou moins clairement identifiables, des rites d’interactions plus cachés, un rituel collectif de maintenance de la réalité sociale. S’il peut être perçu par les élèves comme un tribunal, jugeant les performances scolaires des élèves, et comme une sorte de parodie de démocratie représentative, c’est que s’y jouent aussi en secret des jeux de voilement et dévoilement, de caché/montré, de connivence tacite et d’échanges d’influence, d’information, de sentiments, de pouvoirs qui se mêlent en méandres difficilement identifiables. Lieu de présentation de soi, le conseil de classe produit un ordre construit interactif où la dissociation de l’être et du paraître résulte dans l’optique d’Erving Goffman, de stratégies de mise en valeur des acteurs en présence, stratégies qui s’articulent symboliquement sur des jeux et enjeux de pouvoir. Dans ce ronron ritualisé sorte de modus vivendi que chacun construit, espace de jeux et de régulation proprement politiques, les acteurs jouent un jeu tout en s’appliquant à jouer à ne pas jouer un jeu. Le conseil de classe est alors ce rituel collectif qui dans l’espace même, produit des effets en tant que schéma porteur de sens : le proviseur préside en son centre, point nodal autour duquel s’ordonne en cercle les autres protagonistes, le temps est rythmé par les prises de parole ordonnées des enseignants, puis des parents et des élèves, l’ambiance garde une certaine solennité. Le spectacle peut commencer les conflits apparents sont souvent larvés.

    Magnard, Manuel Option Sciences Economiques et Sociales, 2001.

     Document 4.

    Qui détient le pouvoir dans la famille ?

    Le problème du pouvoir dans la famille est lié à la manière dont l’autorité est exercée dans le couple. Le modèle traditionnel supposait à la fois la subordination de la femme à l’autorité du mari, et l’attribution de domaines séparés sur lesquels chacun des sexes avait des compétences spéciales... La dernière étude française traitant directement de cette question remonte à... 1986. Réalisées u plus de 5 000 couples avec ou sans enfants, l’étude de M. Glande et de F. d Singly révélait l’existence d’un modèle majoritaire de couple égalitariste dans les décisions mais attaché à une répartition traditionnelle des tâches...

    Sciences Humaines, « Les métamorphoses du pouvoir », Hors‑série n°l1, décembre 1995/janvier 1996, p.48.

     Document 5.

    Les adolescents et l’autorité

    Dans la cellule familiale actuelle, l’adolescent a bien conscience d’occuper une place particulière, ambiguë comme peut l’être un statut d’autonomie. D’un côté, il revendique sa liberté d’esprit et d’initiative, son mot à dire dans les grandes décisions familiales. De l’autre, il demeure dans une situation de dépendance économique, ce qui accentue l’aspect purement matériel des relations familiales... Les adultes semblent s’accommoder de cette approche pour le moins matérialiste. Certains laissent à leurs enfants une marge de manœuvre quasi‑totale... Reste à savoir si c’est bien ce qu’attendent les jeunes... De l’avis général, toutes catégories sociales confondues, ils réclament davantage d’autorité, d’encadrement. Ils attendent de l’adulte qu’il leur montre la voie sans pour autant remettre en cause leur liberté. « On veut être libre, tout en sachant que nos parents seront là si l’on a besoin d’eux » résume Raphaël, élève de seconde.

    Ph. Broussard, « Ados cherchent repères », Le Monde, 24 septembre 1994.

     Document 6.

    Le pouvoir dans l’entreprise : le cas des ouvriers d’entretien dans le monopole industriel

    L’enquête s’est déroulée dans une grande entreprise industrielle française investie du Monopole d’Etat dans son domaine. Dans les ateliers de ses trente usines dispersées sur le territoire national, celle‑ci produit des articles de consommation courante en grande série. Pour la fabrication de ces articles, elle dispose d’un monopole en France. Cette précision est importante car elle signifie que l’entreprise peut largement ignorer son environnement puisqu’il est pour elle extrêmement stable. La présentation qui suit ne se rapporte pas à l’ensemble de l’entreprise. Elle ne concerne que le fonctionnement des ateliers de production, domaine central de l’entreprise.

    Trois catégories de personnel se trouvent en présence dans les ateliers les chefs d’atelier, les ouvriers de production et les ouvriers d’entretien. Chaque catégorie jouit d’une sécurité totale d’emploi, possède ses statuts particuliers et recrute par filière séparée.

    -        Les chefs d’atelier malgré leur nom sont plutôt des contremaîtres dans les ateliers. Ils s’occupent de la comptabilité de production de l’atelier dans son ensemble, et de chaque ouvrier, des fournitures et de l’approvisionnement, de la surveillance, de l’utilisation des matières premières et enfin des transferts de poste des ouvriers lorsqu’il y a une vacance. Ils ont, en somme, un rôle de surveillance générale.

    -        Les ouvriers de production sous leurs ordres (de soixante à cent vingt par atelier) sont en majorité féminins. De niveau de qualification faible (ils seraient OS dans l’industrie privée), ils se divisent en deux groupes selon le poste de travail qu’ils occupent : les conducteurs de machines d’une part, les receveurs et manutentionnaires d’autre part. Mais les deux groupes appartiennent bien à la même catégorie, et il y a fluidité entre les deux, car l’affectation aux différents postes de travail se fait par l’application de la règle d’ancienneté.

    -        La dernière catégorie, les ouvriers d’entretien (une douzaine par atelier) sont des ouvriers très qualifiés, munis d’un CAP. Bien qu’ils dépendent hiérarchiquement d’un ingénieur technique étranger à l’atelier, ils y sont affectés de façon fixe. Chacun d’entre eux a la charge exclusive de trois machines de production qu’il doit régler, entretenir, et sur lesquelles il doit effectuer les petites réparations (les grosses étant faites en dehors de l’usine).

    La caractéristique majeure qui ressort de cette description c’est la séparation très nette entre ces trois catégories. Le rôle de chacune est clair, bien tranché et profondément distinct des autres1, il ne porte pas aux échanges ni même à la coopération. Entre ces rôles, il n’y a pas d’intermédiaire. Enfin, personne dans l’une ou l’autre catégorie, ne peut espérer ou craindre d’être promu ou rétrogradé d’un rôle à l’autre. [...]

    Les vrais chefs d’ateliers sont en fait les ouvriers d’entretien. Ce sont eux qui sortent toujours vainqueurs de la lutte pour le pouvoir qui les oppose. Ceux‑ci ne peuvent que s’incliner. Quelle est la raison de cette « victoire » des ouvriers d’entretien ? Elle réside dans l’organisation même de l’entreprise. En effet, celle‑ci, routinisée à l’extrême, ne laisse guère subsister d’événements imprévus ou imprévisibles ; tout est rationalisé ; toute éventualité est en principe prise en compte. Un seul événement capital celui‑là, pour la marche même de l’entreprise ‑ échappe à cette rationalisation : c’est l’arrêt des machines à la suite d’une panne, et toutes les conséquences que cela entraîne.

    L’arrêt possible d’une machine ‑ et la nécessité de la réparer ‑ est la seule source d’incertitude qui subsiste dans cette entreprise où par ailleurs la solution pour tout problème est assurée par l’application d’une réglementation extrêmement minutieuse. Or, seuls les ouvriers d’entretien sont capables de maîtriser et de contrôler cette source d’incertitude, et ils font en sorte de rester les seuls compétents en la matière. Ils cherchent donc à monopoliser à leur seul profit le pouvoir qui en découle, et y arrivent. C’est ainsi que le sociologue s’est aperçu par la suite que toutes les notices d’entretien, tous les plans de machine avaient disparu. Tout se trouvait dans la tête des ouvriers d’entretien qui se transmettaient empiriquement ces connaissances sur le tas. L’esprit de corps, très développé chez les ouvriers d’entretien, n’est qu’une autre expression de la défense de leur monopole d’expertise. […]

    (1). Notons cependant que les ouvriers de production et les ouvriers d’entretien se retrouvent dans le même syndicat, sous le leadership de ces derniers.

    E. Friedberg, L’Analyse sociologique des organisations, Pour, n° 28, 1988, pp. 43‑49 (L’Harmattan)

    d’après Michel Crozier, Le Phénomène bureaucratique, paris, Seuil, 1964.

    Questions :

    1.      Relevez dans le document toutes les relations de pouvoir. (Document 1). 

    2.      En quoi, selon vous, le pouvoir peut‑il être qualifié de relation ? 

    3.      Quelle est l’idée générale du document 2 ? 

    4.      Expliquez la dernière phrase du document 2. 

    5.      Donnez des exemples de situation scolaire de résistance où les élèves sont en mesure d’exercer un contre‑pouvoir. 

    6.      Pensez‑vous qu’enseigner « c’est prendre le pouvoir » ? 

    7.      Quelle est l’idée générale du document du document 3 ? 

    8.      Expliquez la phrase soulignée du document 3. 

    9.      Composez un petit texte qui montrera que d’autres institutions, comme l’entreprise, la famille ou un syndicat, peuvent être des lieux de pouvoir.

    10.  Qui est Erving Goffman ?

    11.  En quoi le conseil de classe est‑il un lieu de présentation de soi et de stratégie ?

    12.  Expliquez le passage souligné du document 4.

    13.  Expliquer le titre du document 4.

    14.  Montrez en quoi l’adolescent occupe une place ambiguë dans la famille. (Document 5).

    15.  Expliquez la phrase soulignée du document 5.

    16.  Qu’est-ce qu’un monopole d’Etat ? (Document 6).

    17.  Comment est organisée l’entreprise de monopole public.

    18.  Qu’est-ce qu’une « source d’incertitude » selon M. Crozier ?

    19.  Expliquez le passage souligné du document 6.

    20.  Pourquoi les ouvriers d’entretien ont-ils fait disparaître toutes les notices d’entretien des machines ?

    21.  Expliquez pourquoi selon l’auteur du document 6, « les vrais chefs d’ateliers sont en fait les ouvriers d’entretien » ?

     

    1.2. Comment définir le pouvoir ?

     Document 7.

    Les deux facettes du pouvoir : influence et injonction

    Le pouvoir est généralement considéré par les politologues comme une relation entre deux ou plusieurs personnes. Robert Dahl, pour qui « A exerce du pouvoir sur B dans la mesure où il obtient de B une action “y” que ce dernier n’aurait pas effectuée autrement », s’inscrit dans cette conception d’un pouvoir qui n’est pas l’attribut de quelqu’un ou de quelque chose mais qui s’exerce sur quelqu’un. Ce pouvoir peut être fondé sur l’injonction ou l’influence.

    -        Le pouvoir d’injonction est celui du chef hiérarchique qui place son subordonné devant une alternative simple : soit il adopte le comportement demandé, soit il est sanctionné.

    -        Le pouvoir d’influence ne fait pas appel à la force mais à une gratification matérielle (argent) ou symbolique (de la reconnaissance par exemple). [...] Le pouvoir s’exerce entre individus inégalement situés dans l’espace social. ‑ Dans le domaine économique, les relations entre individus prennent, en principe, la forme d’un échange, et la relation de pouvoir est parfois niée en raison du principe même d’une transaction équilibrée. Pourtant, la possession d’un capital ou d’un revenu élevé permet à un individu ou à un groupe social d’imposer sa volonté aux acteurs dépourvus de ces ressources. Le contrat de travail associant un salarié obligé de travailler à un employeur ayant la possibilité de choisir entre plusieurs postulants est l’illustration de cette asymétrie.

    -        Dans le domaine culturel, la maîtrise d’un langage considéré comme distingué, un diplôme prestigieux ou la création d’une pauvre culturelle permet à certains d’exercer une influence sur les individus moins bien pourvus en capital culturel.

    M. Montoussé et G. Renouard, 100 fiches pour comprendre la sociologie, Bréal, 1997.

     Document 8.

    Le pouvoir est une relation

    Il est possible d’appréhender le pouvoir au travers des relations de domination, mais aussi d’échanges et les mécanismes de croyance qu’il convoque dans sa mise en scène quotidienne. Si les deux parties en présence (individus, groupes sociaux, partis...) n’ont rien à échanger, elles ne peuvent entrer a priori dans une relation de pouvoir, si bien qu’il n’y a du pouvoir que s’il y a relation. Cela permet de donner une définition heuristique du pouvoir : un rapport de force dont l’un peut retirer plus que l’autre, mais où l’autre n’est jamais totalement démuni face à l’un. De Jacques le Fataliste à la dialectique du maître et de l’esclave, de La Boétie à Hegel, celui qui donne un ordre croit qu’il en a le pouvoir et celui qui obéit croit qu’il en a l’obligation. Il n’est pas de régime, si dictatorial soit‑il, qui ne puisse seulement fonctionner à la répression, à la violence et à la force. Avoir du pouvoir résulte du fait que celui qui commande n’a pas besoin de rappeler à autrui sa dépendance, pour qu’il obéisse. En ce sens, pouvoir et croyances sont constitutionnellement liés : la soumission a partie liée avec la socialisation1.

    (1) Socialisation : mécanisme d’intériorisation des valeurs centrales de cohésion d’une société.

    Magnard, Manuel Option Sciences Economiques et Sociales, 2001.

     Document 9.

    La définition wéberienne du pouvoir

    Max Weber explique dans son ouvrage Economie et société (1922) que « le pouvoir est toute chance de faire triompher, au sein d’une relation sociale, sa propre volonté, même contre des résistances, peu importe sur quoi repose cette chance ».

    Magnard, Manuel Option Sciences Economiques et Sociales, 2001.

     Document 10.

    Comment définir le pouvoir ?

    Le pouvoir peut se définir comme une ressource ou une aptitude qui permet à quelqu’un d’agir : il peut (du verbe « pouvoir ») agir, il en a la possibilité, la faculté. Les définitions du pouvoir de quelqu’un se retrouve depuis Hobbes (1651) : « moyens présent d’obtenir quelque bien apparent futur », jusqu’à Russel (1938) : « capacité à produire un effet recherché ».

    –        Le pouvoir se définit aussi de manière plus relationnelle, en étudiant le pouvoir d’un individu A sur un individu B : A a des chances d’imposer sa volonté même contre une résistance de B (Weber) ; A peut faire à B quelque chose que B ne ferait pas sans intervention de A (Dahl) ;

    –        Les sources du pouvoir sont multiples : a du pouvoir celui qui peut contraindre, persuader, dissuader, surveiller, informer, punir, récompenser, définir les règles.

    –        Dans les organisations, Crozier identifie les sources principales de pouvoir :

    • l’expertise, surtout si les compétences sont utiles et rares ;
    • l’information, que l’on peut échanger, stocker, transformer ;
    • les règles de l’organisation, avec les procédures d’action, de contrôle ;
    • les liens à l’environnement, qui permettent d’ouvrir le jeu à des acteurs extérieurs. Il résume ces éléments autour d’une notion : a du pouvoir celui qui contrôle une source d’incertitude dans une structure de jeu (par exemple : celui qui sait réparer une machine alors que les autres ne savent pas).

    J.‑M. Morin, Précis de sociologie, Nathan, 1996.

    Questions :

    22.  Qu’est‑ce que le pouvoir ? (Document 7).

    23.  Illustrez à l’aide d’exemples les deux facettes du pouvoir.

    24.  Le pouvoir est‑il toujours fondé sur la force ? Justifiez votre réponse.

    25.  Tous les individus exercent‑ils un pouvoir ? Justifiez votre réponse.

    26.  Quels sont les mécanismes de la socialisation ? (voir tronc commun). (Document 8).

    27.  Expliquez et illustrez à l’aide d’exemples la phrase soulignée du document 8.

    28.  Expliquez la dernière phrase du document 8.

    29.  Montrez en quoi le pouvoir est une relation.

    30.  Qui est Max Weber ? (Document 9).

    31.  En quoi le pouvoir peut‑il être qualifié de relation, selon Weber ?

    32.  Peut‑on dire, d’après l’auteur; que le pouvoir est la propriété d’un groupe, d’une institution ou d’un individu ? Justifiez votre réponse.

    33.  En prenant l’exemple de la famille, montrez en quoi il y existe des relations de pouvoir ? Comment les résistances peuvent‑elles s’y exprimer ?

    34.  Sur quoi peut reposer, dans une famille, la chance de faire triompher sa propre volonté ?

    35.  Définissez la notion de contre‑pouvoir et donnez‑en des exemples.

    36.  Expliquez les trois formes de pouvoir énoncées dans le document 10.

    37.  Illustrez à l’aide d’exemples les quatre formes de source du pouvoir au sens de M. Crozier. (Document 10).

    38.  A l’aide des documents 7 à 10, donnez une définition de la notion de pouvoir.

     

    2. Les sources du pouvoir.

    2.1. Le pouvoir comme instrument de coercition ou de contrainte.

     Document 11.

    La force : la source du pouvoir du Prince

    N. Machiavel, dans Le Prince (1513), fait reposer le pouvoir […] non sur le savoir vrai, mais sur la force (le lion, qui se défend des loups, caractérise le Prince, face tour à tour au Peuple et aux Grands) ; une force qui n’est pas que brutalité ou simple déploiement de puissance : fortune et chance y tiennent une bonne part. Parce que, selon lui, la politique est d’abord l’art d’apprendre à se maintenir au pouvoir dans une situation incertaine, à tout moment susceptible de retournement. Ainsi, le Prince doit‑il savoir s’adapter aux vents de la fortune et saisir l’occasion : la ruse apparaît alors comme un moyen plus sûr que la loyauté pour parvenir à la domination (le renard qui se défend des pièges).

    Magnard, Manuel Option Sciences Economiques et Sociales, 2001.

     Document 12.

    Pouvoir et violence

    S’il n’existait que des structures sociales d’où toute violence serait absente, le concept d’Etat aurait alors disparu [...]. La violence n’est évidemment pas l’unique moyen ‑ cela ne fait aucun doute ‑ mais elle en est son moyen spécifique. De nos jours, la relation entre Etat et violence est particulièrement intime. Depuis toujours les groupements politiques les plus divers ‑ à commencer par la parentèle ‑ ont tous tenu la violence physique pour le moyen normal du pouvoir.

    Par contre, il faut concevoir l’Etat contemporain comme une communauté humaine qui dans les limites d’un territoire déterminé revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime. Ce qui est en effet le propre de notre époque, c’est qu’elle n’accorde à tous les autres groupements, ou aux individus, le droit de faire appel à la violence dans la mesure où l’Etat le tolère : celui‑ci passe donc pour l’unique source du droit à la violence.

    M. Weber, Le Savant et le Politique, Plon, 1919.

    Questions :

    39.  Quelles sont les principales ressources du pouvoir d’après N. Machiavel ? (Document 11).

    40.  Quelle est la véritable force du Prince ?

    41.  Cherchez le sens du mot « parentèle », puis expliquez la phrase soulignée du document 12 en illustrant.

    42.  Pourquoi l’Etat est-il « l’unique source du droit à la violence » ? (Document 12).

    43.  A l’aide des documents 11 et 12 montrez en quoi le pouvoir prend sa source dans la contrainte ou l’injonction.

     

    2.2. Le pouvoir comme instrument d’influence.

     Document 13.

    La soumission volontaire

    L’expérience de Stanley Milgram est une expérimentation1 en laboratoire menée par le chercheur en 1963. L’objet d’étude de cette expérience est d’étudier les mécanismes de l’obéissance, comme facteur déterminant du comportement. Il s’agit d’étudier comment un pouvoir supposé légitime peut obtenir d’un individu des comportements répréhensibles d’un point de vue moral. Deux sujets viennent dans un laboratoire de psychologie qui est censé organiser une enquête sur l’apprentissage et la mémoire. Ces sujets (500) sont recrutés par un communiqué paru dans la presse qui demande des volontaires pour une étude sur la mémoire. Parmi ces deux personnes, l’une d’elle sera le moniteur, l’autre l’élève. L’expérimentateur leur explique qu’il s’agit d’étudier les effets de la punition sur le processus d’apprentissage. Un élève est installé sur une chaise munie de sangles qui permettent de lui immobiliser les bras pour empêcher tout mouvement et sur lequel une électrode a été placée. Chaque moniteur est invité par l’expérimentateur à envoyer une décharge électrique d’intensité croissante chaque fois que l’élève donne une réponse incorrecte à un exercice de mémoire. Le véritable sujet de l’expérience n’est évidemment pas l’élève mais le moniteur.

    Après avoir assisté à l’installation de l’élève, le moniteur est introduit dans la salle principale du laboratoire et prend place devant des stimulateurs sur lesquels il doit appuyer, classés selon une échelle allant de « choc léger » à « attention choc dangereux ». On invite alors le moniteur à faire passer le test d’apprentissage à l’élève qui se trouve dans une autre pièce. Quand celui‑ci répond correctement, le moniteur lui propose un autre couple de mots qu’il doit retenir. Dans le cas contraire, il lui administre une décharge électrique en commençant par le voltage le plus faible et en augmentant progressivement d’un niveau à chaque erreur. Le moniteur est un sujet absolument naïf. Par contre, l’élève est un acteur qui ne reçoit aucune décharge électrique, mais qui proteste énergiquement. L’expérience consiste à découvrir jusqu’à quel point un individu peut être suffisamment docile pour infliger un châtiment de plus en plus sévère à une victime. Le sujet vit un conflit de plus en plus fort entre le commandement de l’autorité légitime (l’expérimentateur en blouse blanche lui demande de continuer à appuyer) et les résistances que lui inspirent les souffrances apparentes de la victime. La question qui se pose donc est : à quel instant précis le moniteur refusera‑t‑il d’obéir à l’expérimentateur ?

    (1). Une expérimentation désigne l’introduction artificielle et délibérée de variables en vue d’en mesurer l’effet sur le processus observé.

    Magnard, Manuel Option Sciences Economiques et Sociales, 2001.

     Document 14.

    Les mécanismes de la soumission

    Même si l’on tient compte du fait que beaucoup de sujets éprouvent un stress considérable et que certains protestent auprès de l’expérimentateur, il n’en demeure pas moins qu’une proportion importante d’entre eux continuent jusqu’au choc le plus élevé du stimulateur [...].

    Il y a là un phénomène qui exige une explication. La plus courante consiste à prendre ceux qui ont administré toute la gamme des décharges pour des monstres constituant la tranche sadique de la société. Toutefois, si l’on considère que près des deux tiers des participants sont entrés dans la catégorie des sujets « obéissants » et qu’ils représentaient des gens ordinaires, ouvriers, chefs d’entreprise et cadres supérieurs, l’argument devient bien fragile. Le problème de l’obéissance n’est donc pas entièrement psychologique. La forme et le profil de la société ainsi que son stade de développement sont des facteurs dont il convient de tenir compte. Il se peut qu’à une époque, l’individu ait été capable d’assumer la pleine responsabilité d’une situation parce qu’il y participait totalement en tant qu’être humain. Mais dès lors qu’est apparue la division du travail, les choses ont changé, Au‑delà d’un certain point, l’émiettement de la société en individus exécutant des tâches limitées et tris spécialisées supprime la qualité humaine du travail et de la vie.

    Cet exemple illustre une situation dangereuse qui caractérise toute société complexe sur le plan psychologique. Il est facile de nier sa propre responsabilité quand on est un simple maillon intermédiaire dans la chaîne des exécutants d’un processus de destruction et que l’acte final est suffisamment éloigné pour pouvoir être ignoré.

    S. Milgram, Soumission à l’autorité, Calmann-Lévy, 1974.

     Document 15.

    L’influence : une relation humaine normale ?

    Nous revendiquons rarement le fait d’avoir été « influencés » et encore moins celui d’avoir été influençables sauf pour excuser une conduite rationnelle. Or, pour acquérir des connaissances, pour forger notre opinion, pour prendre des décisions, nous sommes en permanence amenés à nous appuyer sur les messages d’autrui.

    L’influence est une relation normale des relations humaines. Elle rend compte de ce que les individus se conforment souvent aux idées partagées par le plus grand nombre [...].

    G. Mugny, Sciences Humaines, n°74, 1997.

     Document 16.

    Du droit du plus fort

    Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. De là le droit du plus fort ; droit pris ironiquement en apparence, et réellement établi en principe. Mais ne nous expliquera‑t‑on jamais ce mot ? La force est une puissance physique, je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité non de volonté ; c’est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra‑ce être un devoir ?

    Supposons un moment ce prétendu droit. Je dis qu’il n’en résulte qu’un galimatias inexplicable. [...] Sitôt qu’on peut désobéir impunément on le peut légitimement, et puisque le plus fort a toujours raison, il ne s’agit que de faire en sorte qu’on soit le plus fort. Or qu’est‑ce qu’un droit qui périt quand la force cesse ? S’il faut obéir par force, on n’a pas besoin d’obéir par devoir, et si l’on n’est plus forcé d’obéir, on n’y est plus obligé. On voit donc que ce mot de droit n’ajoute rien à la force, il ne signifie ici rien du tout. Obéissez aux puissances. Si cela veut dire cédez à la force, le précepte est bon, mais superflu, je réponds qu’il ne sera jamais violé [...]. Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu’on n’est obligé d’obéir qu’aux puissances légitimes. Ainsi ma question primitive revient toujours.

    J.-J. Rousseau, Du Contrat social, Hatier, 1990.

    Questions :

    44.  Résumez le protocole de l’expérience. (Documents 13 et 14).

    45.  En quoi l’expérience de Milgram est‑elle une expérimentation sociale ?

    46.  Quels sont les objectifs de cette expérience, que cherche‑t‑on à mesurer ?

    47.  Quels sont les résultats de cette expérience ?

    48.  Comment Milgram les interprète‑t‑il ?

    49.  Peut‑on dire que pour la plupart les moniteurs étaient des monstres sadiques ?

    50.  A votre avis comment est‑il possible que des moniteurs aient accepté de torturer des sujets innocents ?

    51.  Quels sont les mécanismes de soumission à l’obéissance ?

    52.  Que nous apprend cette expérience sur les mécanismes de l’influence ?

    53.  Expliquez la dernière phrase du document 14.

    54.  Quelle est l’idée générale du document 15.

    55.  Expliquez la phrase soulignée du document 15.

    56.  Quels liens faites‑vous entre le document 15 et l’expérience de Milgram ?

    57.  Expliquez la première phrase du document 16.

    58.  Expliquez la phrase soulignée du document 16.

     

    3. Autorité, légitimité et pouvoir.

    3.1. Autorité et pouvoir.

     Document 17.

    Comment définir l’autorité ?

    L’autorité désigne littéralement le droit ou le pouvoir de décider ou de commander, la capacité, en son sens le plus large, à se faire obéir ou respecter. Dans le langage courant, le terme d’autorité est à rattacher à la force du caractère, à la capacité (innée ou conférée par un titre ou une fonction) d’imposer ses vues, de faire exécuter ses décisions : on fait alors « preuve d’autorité ». L’autorité fait face à la concurrence de sa forme pathologique, l’autoritarisme. Ce dernier peut se définir comme la forme négative de l’autorité, c’est‑à‑dire comme l’imposition d’un point de vue dans le mépris du pluralisme et des avis extérieurs. Le terme d’autorité désigne une compétence particulière d’un individu, d’une institution, mais ne répond pas de lui‑même à la question de son origine. Un homme seul monopolisant le pouvoir jouit de l’autorité, un homme de savoir représente lui aussi une forme d’autorité, de même que l’on ne contestera pas l’autorité d’un juge ou d’une institution compétente.

    F. Busnel et alii, Les Mots du pouvoir, Vinci, 1995.

     Document 18.

    Autorité et contrainte

    L’autorité, tout en impliquant parfois une authentique contrainte (ainsi parle‑t‑on, à propos des gendarmes ou des policiers, de l’autorité des représentants de la loi), désigne, en son sens profond, une relation excluant la vraie contrainte, une sorte de pouvoir d’influence étranger à la violence directe. Ce que d’ailleurs nous signale l’usage courant du langage. Détenir l’autorité, n’est‑ce pas pouvoir obtenir, par grâce ou compétence, par rayonnement ou ascendant, le consentement d’un sujet ? L’autorité se rapporte à la dignité, non point à la contrainte ou à la coercition. Devant l’autorité, l’on s’incline, car elle se fonde sur le prestige. Elle renvoie à l’ascendant, et non point à l’usage de moyens externes de coercition. Etrangère à la force, mais aussi à la persuasion rationnelle, elle ne se révèle pas de l’ordre du discours argumenté. « L’autorité […] est incompatible avec la persuasion qui présuppose l’égalité et opère par un processus d’argumentation. Là où on a recours à des arguments, l’autorité est laissée de côté ». (H. Arendt, La Crise de la culture).

    J. Russ, Les Théories du pouvoir, Le Livre de poche, 1994.

     Document 19.

    Qu’est devenue l’autorité ?

    L’hypothèse d’H. Arendt est la suivante dans La Crise de la culture (Gallimard, 1972) :

    1. Dans l’Antiquité, les Grecs connaissaient la force (du tyran) ou la persuasion (du philosophe), mais pas l’autorité.
    2. Les Romains sont les premiers à avoir cette notion, augere, « augmenter ». Ils l’appliquent à la fondation de Rome et aux institutions. Le Sénat exerce une « autorité sans pouvoir ».
    3. Les Chrétiens des premiers temps reprennent cette notion d’autorité qui accroît, basée sur la personne du Christ.
    4. L’Eglise revient ensuite à des thèmes grecs antiques. En se servant de la peur de l’enfer pour accélérer les conversions, elle minore alors la référence à une autorité salutaire.
    5. A l’époque moderne, l’autorité aurait disparu, de même que la liberté qui lui est liée. Le pouvoir a tout envahi.

    La réfutation de l’hypothèse est la suivante : depuis toujours et encore maintenant, la plupart des enfants peuvent croître grâce à un accompagnement affectif, matériel, moral, exercé par « l’autorité » parentale. Il n’y a donc ni apparition ni disparition, mais permanence, potentielle et effective, de l’autorité.

    J.–M. Morin, Précis de sociologie, Nathan, 1996.

    Questions :

    59.  Distinguez autorité d’autoritarisme. (Document 17).

    60.  Donnez des exemples d’autorité et de manque d’autorité.

    61.  Quels sont les liens qui unissent autorité et contrainte ? (Document 18).

    62.  Expliquez le passage souligné du document 18.

    63.  Quelle thèse H. Arendt réfute-t-elle ? (Document 19).

    64.  Expliquez le passage souligné du document 19.

     

    3.2. Légitimité et pouvoir.

     Document 20.

    Les trois types de légitimité selon M. Weber

    Il y a trois types de domination légitime. La validité de cette légitimité peut principalement revêtir :

    1. Un caractère rationnel, reposant sur la croyance en la légalité des règlements arrêtés et du droit de donner des directives qu’ont ceux qui sont appelés à exercer la domination par ces moyens (domination légale) ;
    2. Un caractère traditionnel, reposant sur la croyance quotidienne en la sainteté de traditions valables de tout temps et en la légitimité de ceux qui sont appelés à exercer l’autorité par ces moyens (domination traditionnelle) ;
    3. Un caractère charismatique reposant sur la soumission extraordinaire au caractère sacré, à la vertu héroïque ou à la valeur exemplaire d’une personne, ou encore émanant d’ordres révélés ou émis par celle‑ci (domination charismatique).

    M. Weber, Economie et société, Plon, 1971 (l’édition 1922).

     Document 21.

    La reconnaissance légitime

    L’acte de reconnaissance a d’autant plus de chances d’être reconnu comme légitime, et d’exercer son pouvoir de légitimation, qu’il paraît moins déterminé par des contraintes externes, physiques, économiques, politiques ou affectives (donc plus « authentique », « sincère », « désintéressé », etc.) et plus exclusivement inspiré par les raisons spécifiques d’une soumission élective, et que, par conséquent, son auteur possède à un plus haut degré la légitimité que revendique le pouvoir en quête de légitimation.

    P. Bourdieu, La Noblesse d’Etat, Éditions de Minuit, 1989.

     Document 22.

    Légitimité, popularité et pouvoir

    Le pouvoir de conduire les affaires publiques est conféré par l’élection pour une durée clairement déterminée, si bien que la légitimité s’étend sur toute la durée du mandat. Un pouvoir démocratiquement désigné est doté d’une légitimité que l’on ne peut remettre en cause pendant la durée du mandat sans respecter les procédures constitutionnellement prévues à cet effet (comme la dissolution), sauf à sortir des cadres de l’État de droit et de la politique démocratique (coup d’Etat ou insurrection). Or, l’introduction des enquêtes de popularité, singulièrement en ce qu’elles concernent la popularité des gouvernants force la convention démocratique établie en contraignant les gouvernants à subir une évaluation spécifique, étrangère au corpus des principes et des règles reconnus, si bien que dans les cas où l’action publique de gouvernement conduit à mettre en lumière l’impopularité des dirigeants, la question se pose nécessairement de savoir si les gouvernants sont encore légitimes. Bien sûr, nul ne prétendra que l’impopularité vaut pour illégitimité.

    C’est cependant par le traitement médiatique que la mesure de popularité est susceptible d’altérer l’autorité de gouvernants élus et, pour le moins, d’introduire un soupçon d’ambiguïté en ce qui regarde leur légitimité.

    D. Reynié, L’Etat de la France 1996‑1997, La Découverte, 1996.

    Questions :

    65.  Illustrez à l’aide d’exemples les trois types de domination légitime au sens de M. Weber. (Document 20).

    66.  Remplissez le tableau suivant :

     

    Domination légale

    Domination traditionnelle

    Domination charismatique

    Fondements de la légitimité

     

     

    Autorité personnelle du chef, force héroïque d’une personne, charisme, grâce,...

    Types et exemples de pouvoir

    Pouvoir bureaucratique avec organisation impersonnelle, Etat bureaucratique moderne

     

     

    Régime politique

     

    Monarchie

     

    Les individus qui ne détiennent pas le pouvoir

     

     

    Communauté émotionnelle

    67.  Quelle est, selon P. Bourdieu, la condition pour qu’une action soit jugée légitime ? (Document 21).

    68.  Quel problème pose la durée du mandat ? (Document 22).

    69.  Un élu condamné reste‑t‑il légitime ? Justifiez votre réponse.

    70.  Quel rôle peuvent jouer les médias sur la popularité et la légitimité ?

    71.  Donnez un exemple d’un phénomène qui vous semble légitime et d’un autre qui vous semble illégitime.