Enseigner les SVT par compétences

Publié le 25 juin 2012 Modifié le : 1 oct. 2013

Écrire à l'auteur

Le  lundi 25 juin 2012

Maîtrise de la langue

La maîtrise des concepts et méthodes des Sciences de la Vie et de la Terre passe par celle de la langue française et des outils de l’expression écrite et de l’expression orale. Au niveau académique, un groupe réfléchit aux outils les plus synthétiques pour faire de l’expression écrite comme de l’expression orale des passages obligés de toute pratique pédagogique.

  • CHARTE : Les Dix Commandements de l’écrit

    « Parler et écrire pour apprendre, c’est apprendre à parler et à écrire »

    1 – Ecrire pour conceptualiser

    Sans titrePas une séance, quelle que soit la discipline, sans une phase d’écrit.

    L’expression écrite favorise en effet :

    • une mise en forme plus aboutie de certains éléments du discours

    • l’implication individuelle de chaque élève

    • le passage à une forme de langage plus précise et plus structurée

    • le passage à des niveaux de formulation et de conceptualisation plus élaborés


    2 - Ecrire pour apprendre à écrire

    Sans titre 2Cette régularité doit entraîner une familiarisation avec l’écriture, une dédramatisation de sa pratique, une appropriation progressive ; il s’agit là d’une condition essentielle de la progression de l’élève dans ce domaine.

    Pour résoudre les problèmes et les difficultés des élèves à l’écrit, pas d’autre solution que de les faire écrire. Ecrire est une compétence que l’on construit et améliore en la pratiquant.

    Le professeur veillera à la qualité de ses propres écrits, qui constituent une référence visible et naturelle pour les élèves.

     

    3 – Ecrire pour construire des compétences 

    Sans titre 3Cet écrit pratiqué de façon régulière et variée est à déconnecter de la notation : il s’agit de dédramatiser, de familiariser, d’en faire un outil de travail.

    Si cet écrit n’a pas à être noté systématiquement, il peut être évalué en termes de compétences, et en tout cas, validé par le professeur.

    On privilégiera une évaluation positive de la Maîtrise de la langue, prenant en compte les efforts et les progrès des élèves dans ce domaine.

    Un bonus de 2 ou 3 points pourrait être attribué en cas de notation chiffrée.


    4 – Ecrire pour donner du sens

    Cette production est à relier au contenu du cours, à l’acquisition de savoirs et/ou de savoir-faire, afin d’éviter d’en faire une activité artificielle ou ornementale.Sans titre 4

     

    5 – Ecrire pour éclairer la pensée

    Sans titre 5Les productions écrites peuvent et doivent concerner toutes les opérations intellectuelles réalisées par les élèves, à savoir :

    • exprimer ce que l’on pense

    • dire ce que l’on va faire et pourquoi

    • décrire ce que l’on fait, ce que l’on observe

    • interpréter des résultats

    • formuler et mémoriser des traces d’observation, de recherches, de lectures

    • exprimer ce que l’on ne comprend pas


    6 – Ecrire pour laisser une trace

    Sans titre 6Les productions écrites réalisées seront à diversifier en fonction des activités menées (exemples, selon les disciplines : résumé, bref bilan, reformulation, définition, synthèse partielle ou finale, narration de recherche en mathématiques : raconter la recherche, avec possibilité de joindre les brouillons, et évaluation de la recherche plus que de la solution, en termes de compétences).

    Il faut distinguer :

    • les écrits personnels (écrits de recherche et de travail)

    • les écrits collectifs de groupe (pour communication et discussion)

    • les écrits collectifs de la classe réalisés avec le professeur (écrits de référence), pouvant intégrer dans certains cas la dictée à l’adulte (formulation par les élèves de leurs propositions au professeur)

    Dans tous les cas, on accordera la plus grande attention à une activité extrêmement pratiquée dans les classes :

    • recopier un texte écrit : attention soutenue portée à la lisibilité, la propreté, l’orthographe.

     

    7 – Ecrire pour se former

    Sans titre 7L’évaluation ne saurait se ramener à un écrit sommatif de fin de séquence. Des écrits intermédiaires de type formatif sont à prévoir dans l’organisation séquentielle.

    Ces écrits peuvent préparer directement l’évaluation sommative finale (réutilisation de tout ou partie de ces travaux), ou constituer une aide indirecte à sa réalisation (démarches, savoir et savoir-faire mis en œuvre et devant être réinvestis)

     

    8 – Ecrire pour comprendre

    Sans titre 8Dans les séances, on met en œuvre une démarche à trois temps, qui peut impliquer de l’écrit à chacune de ces étapes.

    a) ce que le professeur demande d’observer

    b) ce que l’élève observe et propose : mise en activité, écrit intermédiaire.

    c) ce que la classe retient (savoir institutionnalisé, trace écrite)

     

    9 -Réécrire pour bien écrire

    Il est nécessaire de conserver la trace des écrits intermédiaires de l’élèveSans titre 9

    (utilisation d’un cahier de cours et d’un cahier de brouillon (de traces, d’essais…), ou utilisation d’un cahier unique ?)


    10 – Les TIC pour mieux écrire

    Sans titre 10Les Technologies de l’information et de la communication constituent un outil précieux et efficace pour ce qui concerne les écrits des élèves : travail sur le brouillon, révisions de textes, réécritures, présentations d’expériences ou de recherches, échanges scolaires, communications, publications... Pour conclure, un souhait et un espoir :

    -       que l’élève, en suivant ces recommandations, dépasse ses appréhensions et prenne du plaisir à écrire,

    -       et même, qu’il puisse écrire pour le plaisir ! 


    ORALISSIMO

    Un guide de l’oral en quatre mouvements

     

    L’oral constitue le vecteur des acquisitions dans toutes les disciplines

                                                              Pour l’élève        

    Premier mouvement : adagio   

            

    S’EXPRIMER

    -       Se dire

    • Devenir un sujet autonome, un individu, exprimer ce que l’on est, mais aussi apprendre à se décentrer pour prendre du recul, intégrer le discours d’autrui, élargir son horizon.
    • Viser la maîtrise du corps, de la voix, des émotions.
    • Acquérir une image positive de soi-même.

      

    -       Dire le monde 

    • Verbaliser pour construire sa pensée : exprimer des émotions,  définir,  énumérer, récapituler, expliciter...                          
    • Utiliser l’’oral comme vecteur essentiel d’acquisition des  connaissances.

     

    -       Se dire dans le monde 

    • Informer, discuter, débattre, convaincre.
    • Faire l’apprentissage de la vie en société : se confronter à autrui (gérer les différences et les désaccords).
    • Construire son identité : l’oral étant toujours une parole publique, la mise en jeu de l’individu y est très sensible. La maîtrise de l’oral est liée au développement global de la per­sonne et à la formation d’attitudes envers soi-même, la communication, l’échange, les autres.

     

    Deuxième mouvement : andante

     

    COMMUNIQUER

     -   Prendre en compte le cadre de la communication                                      

                                           le (les) destinataire(s)

    • Mesurer le niveau d’information des destinataires et en tenir compte dans l’exposé ou l’échange.
    • Mettre en œuvre des choix langagiers appropriés                                                  (registre de langue et vocabulaire adaptés au propos et aux récepteurs…).    
    • Maîtriser les situations d’échange, gérer l’interaction.

                                           

    -       Etre un interlocuteur actif (guidé par un engagement personnel)

    • Intervenir de manière opportune : savoir écouter, savoir prendre en compte le point de vue de l’autre, ajuster en permanence son propos aux conditions de l’échange (explicitation, reformulation, reprise, digression).
    • Intervenir de manière pertinente : maîtriser les conduites discursives, et notamment la part d’implicite.      
    • S’impliquer par des moyens verbaux, para-verbaux et non verbaux.

     

    Pour le professeur

    Troisième mouvement : menuetto

     

    FAIRE

    PRATIQUER

    -       Faire acquérir la maîtrise de l’oral par la pratique

    • Bâtir une pédagogie de l’oral active et fonctionnelle, en privilégiant les situations concrètes avec des enjeux concrets : s’expliquer, s’informer, convaincre, argumenter, négocier (exemples : la baladodiffusion en LV : gain de temps, brouillons d’oral possibles ; les ateliers radio : l’oral y est préparé par de l’écrit).              
    • Veiller à susciter dans la classe des moments de parole, d’écoute et d’échange (travail par binômes par exemple). Ne pas considérer la parole de l’élève comme chronophage, ni perturbatrice, mais comme utile et nécessaire.

     

    -       Etre une référence à l’oral

    • Savoir écouter, et user d’une langue claire, correcte et sans affectation.
    • Ne pas imposer de norme, mais faire connaitre et maîtriser les codes qui régissent les diverses situations de communication de la vie scolaire et sociale.

     

    -       Diversifier et complexifier les pratiques                                  

    • Se préoccuper de l’oral pour apprendre, comme vecteur des apprentissages (dialogue pédagogique, reformulations, échanges…) et                                                

    de l’oral à apprendre, objet d’apprentissages spécifiques.

    • Solliciter toutes les formes et tous les genres de l’oral : oral improvisé et oral préparé,  oral monologique et oral dialogique.                                                                         
    • Articuler oral et écrit au sein de la séquence, notamment pour la trace écrite. Faire comprendre la continuité écrit/oral dans les acquisitions.

     

    Quatrième mouvement : allegro

     

    EVALUER

    -       Promouvoir une évaluation positive et incitative

    • Ne pas viser l’hypercorrection, mais adopter des démarches souples de correction et de rectification des énoncés (notamment par la reformulation).
    • Prendre en compte la parole de l’élève, même tâtonnante et    déviante, sans pour autant l’enfermer dans l’idiome de son groupe.

     

    -       Diversifier les modalités

    • Ne pas évaluer globalement, mais maintenir un lien constant avec  les apprentissages et les situations de classe.
    • Impliquer les élèves : auto-évaluation, évaluation collective possibles.

     

    -      Prendre en compte la complexité de l’oral, qui doit s’évaluer selon des critères spécifiques précis liés à la situation de communication et à l’efficacité de la parole produite :

    -       lnguistiques ;

    -       para-linguistiques (volume, articulation, débit, intonation) ;

    -       non-verbaux (regard, gestes, mimiques, attitude(s)) ;

    -       intellectuels ( : maîtrise des « genres » de l’oral, avec les stratégies discursives qu’ils impliquent) ;

    -       culturels (contextes de référence, savoirs…) ;  

    -       psychologiques (implication, conviction, gestion de l’affectivité, image de l’autre et de soi…).

     

    Ces critères sont à moduler selon les niveaux de classe et les formes d’oral évaluées.            

    Pour inscrire cette évaluation dans le temps, on se fondera utilement sur les paliers du socle commun.

    Téléchargez le(s) document(s) .ppt dans l'onglet "Documents" et ouvrez-le(s) avec un lecteur de type Open office ou Microsoft office

    Le document est aussi consultable sous forme de vidéo dans le cadre c-dessous. Bonne lecture.

    Pour contacter l'auteur de cet article, envoyez un mail à M. Le Guillou, IA-IPR de SVT