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Publié le 28.01.2012 Modifié le : 21.01.2013

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Le  Samstag, 28. Januar 2012

Quel est le rôle de la socialisation dans la formation des attitudes et comportements politiques ?

"Sujet 0", janv. 2012

  • Sujets zéro – janvier 2012

    ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ
    Sciences sociales et politiques


    Il est demandé au candidat de répondre à la question posée par le sujet :

    • en construisant une argumentation ;
    • en exploitant le ou les documents du dossier ;
    • en faisant appel à ses connaissances personnelles.

    II sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.

    Ce sujet comporte un document.

    THÈME DU PROGRAMME :
    La participation politique

    SUJET
    Quel est le rôle de la socialisation dans la formation des attitudes et comportements politiques ?



    DOCUMENT

    Les convictions politiques et religieuses sont, toujours aujourd’hui, ce qui se transmet le mieux. Bien que s’effritant quelque peu dans la dynamique générationnelle, le clivage gauche-droite en France continue de structurer les identités. Quatre français sur dix (41%) s’inscrivent dans la continuité des choix de gauche ou de droite de leurs parents. Si l’on rajoute ceux qui reconnaissent une filiation apolitique, ni de gauche ni de droite - et ils sont tendanciellement de plus en plus nombreux (29 % en
    2007) -, la continuité politique domine et concerne les deux tiers des français (65%). Si la connaissance du vote apparaît plus incertaine entre parents et enfants, les grandes affiliations idéologiques constituent des repères importants et relativement stables dans l’histoire des familles. Reste une proportion non négligeable, un tiers, pour qui la transmission parentale n’a pas joué dans le sens de la continuité. Les chemins de l’héritage ont pu se brouiller en raison de l’hétérogénéité ou de la discordance des choix parentaux. Les cas de vraies ruptures restent marginaux. Seuls 10 % des Français ont changé de camp politique par rapport à leurs deux parents, passant à gauche alors qu’ils ont deux parents situés à droite (le cas le plus fréquent), ou passant à droite alors que leurs deux parents sont positionnés à gauche. La transmission politique est d’autant plus effective que l’homogénéité des choix parentaux est affirmée. Et les mères y jouent un rôle particulièrement déterminant. [...]
    Le repérage politique élémentaire entre la gauche et la droite est chargé affectivement dans l’histoire des familles. Se dire de gauche, de droite, ou ni de gauche ni de droite, est un attribut de l’identité souvent hérité. Mais le vote échappe davantage à cette logique de continuité et d’homogénéité. On peut être de gauche comme ses parents mais ne pas voter comme eux. Même chose à droite. Ainsi,
    43 % des Français reconnaissent ne pas voter comme leurs parents, et les femmes en nombre encore plus important que les hommes (41% contre 39%), et ce dans une même proportion à gauche qu’à droite1.
    Bien que centrale dans l’expérience affective, la famille connaît l’éclatement, les recompositions, une diversification de ses formes propres. Depuis un certain temps, le doute, en matière de politique, la défiance, le désenchantement, le brouillage des identifications touchent toutes les générations.
    1. Enquête CSA, février 2007

    Anne Muxel, Toi, moi et la politique. Amour et convictions, Paris, Seuil, 2008.