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Crise de 29 (L. Auffant)

Publié le 13.01.2012 Modifié le : 14.02.2015

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Le  Freitag, 13. Januar 2012

Rejet du fordisme (e)

Partie 3, pour élèves

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    Questions à partir du film Les Temps modernes :

    7 / Comment le fordisme est-il montré ?

    8 / Comment ce film fait-il allusion à la crise ?

    Document 3 : la crise du fordisme dans les années 1960-1970
    Les réponses des entreprises à la croissance continue de la demande se font par l’accélération des cadences de production. Or ces « cadences infernales », rarement accompagnées d’augmentations de salaires équivalentes, renforcent la pénibilité, la monotonie et l’aliénation d’activités de production de plus en plus parcellisées1 et vides de sens.
    R Soin, « Les réalités oubliées de la croissance », TDC n° 913, CNDP 01/04/2006.
    1.  parcellisées = fortement divisées

    Document 4 : les signes du rejet du fordisme par les ouvriers.
    Les dysfonctionnements de l’OST se sont manifestés par une plus grande fréquence des grèves, par une augmentation des taux d’absentéisme et des taux de turn-over,  par un accroissement des rebuts, par la présence du coulage, ainsi que par une diminution de la qualité et parfois même de la productivité. Ainsi ce qui selon Taylor devait être « the one best way », apparaît souvent comme une organisation du travail obsolète. […] Au début des années 70, le décalage de l’Organisation Scientifique du Travail  par rapport aux normes d’une société qui a changé et dans laquelle les hommes sont devenus plus exigeants quant à la qualité de vie, est devenu insupportable aux travailleurs.
    D. Chamblay,  M. Montoussé, G. Renouard,
    50 fiches pour comprendre les débats économiques actuels, Bréal, 1999.

    NB : OST = organisation scientifique du travail ou taylorisme. Cela revient principalement à diviser le travail. Ford s’inspirera du taylorisme et ira encore plus loin dans la division du travail en introduisant le travail à la chaîne.

    Document 4 (autre possibilité) : l’application du système Taylor dans l’usine automobile Berliet dans l’entre-deux-guerres

    « C’était une bonne usine, de construction récente, bien conçue. Elle passait pour être un bagne. [...] D’abord à cause de la rationalisation. Les fraiseurs, les perceurs, les tourneurs professionnels ou les manœuvres spécialisés, ceux qu’on peut appeler les robots, ceux dont le travail de série est d’une désespérante monotonie, devaient fort se démener pour usiner le nombre de pièces qui leur était demandé comme production normale. Chronométreurs, démonstrateurs luttaient contre l’ouvrier. En l’observant travailler, montre en main, le chronométreur paraissait compter loyalement le temps nécessaire à l’usinage d’une pièce. Après quoi, il fixait le temps valable pour toute la série. Si les gestes de l’ouvrier étaient gauches ou trop lents, c’était au démonstrateur à lui faire sa leçon de choses. Le temps d’exécution du démonstrateur ou de l’ouvrier le plus habile, servait de base. C’était l’application bien connue du système Taylor. Inhumain, absurde, appliqué dans le sport, il exigerait du premier venu dans le saut, la nage, le lancement du disque, qu’il parvienne au record des champions. C’était ça qui donnait à l’usine une réputation de bagne d’abord, puis le nombre excessif de gardiens en casquette qui ne cessaient de circuler dans l’usine, poussant même la porte des cabinets ou jetant un coup d’œil par-dessus les box pour s’assurer que des ouvriers accroupis n’étaient pas en train de fumer ».
    Georges Navel, Travaux, Paris, Stock, 1943.

    Quels sont les signes de contestation du fordisme ?

    Pourquoi le fordisme est-il obsolète (= dépassé) ?