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A vocation disciplinaire

Publié le 28 sept. 2013

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Le  samedi 28 septembre 2013

EEE Taux de change

C/r de L. Auffant

  • Mardi 27 Août 2013

    Entretiens enseignants entreprises

    Atelier 7 :

     

    Comment les variations des taux de change influent-elles sur les arbitrages des entreprises ?

     

    Présentation de l’atelier par Marion Navarro (académie de Lyon)

     Un aspect macroéconomique présenté par O Garnier et un aspect microéconomique développé par N Errard

     

    Exposé d’Olivier Garnier, Chef économiste, Société Générale

     

    Le taux de change de l’euro a été relativement stable au cours des années récentes (depuis 2008) en dépit de la crise. L’euro a réduit la sensibilité de l’économie française aux fluctuations de change mais n’a pas empêché de fortes divergences de compétitivité coût dans la zone euro.

    La mondialisation des chaînes de production et de valeur (hausse du contenu en importations des exportations) et des flux de capitaux (hausse des avoirs et engagements en devises étrangères) a modifié les canaux de transmission des chocs sur le taux de change.

     

    Pourquoi la crise dans la zone euro n’a-t-elle pas eu d’impact important sur le taux de change de l’euro ?

    C’est une crise interne : redistribution interne dans la zone euro. Les pays endettés (PIGS) se sont endettés auprès de l’Allemagne et de la France. Les investisseurs hors zone euro ne sont pas affectés car ils achètent de la dette allemande et française et non pas de la dette « périphérique » (des PIGS). Les investisseurs du reste du monde ont continué à acheter. C’est la BCE qui a joué le rôle de préteur en dernier ressort.

    La crise de l’euro n’est pas comparable à celles des pays émergents (par exemple effondrement du réal brésilien).

    Les divergences à l’exportation dans la zone euro sont moins des questions de taux de change que de performances (par exemple les coûts salariaux unitaires). De nos jours le commerce extérieur français est moins exposé au taux de change (qu’avant la mise en place de l’euro) puisque la France échange environ pour la moitié avec des partenaires dans la zone euro.

    Le prix des consommations intermédiaires qui sont importées diminue, ce qui permet d’améliorer la compétitivité. L’appréciation de l’euro peut avoir des avantages.

     

    Exposé de Nathalie Errard, senior Vice-Président, EADS

     

    Cas particulier d’EADS : une forte dépendance face aux fluctuations euro/dollar, quel impact sur la politique financière, commerciale et industrielle du groupe ? Les prévisions sont difficiles à établir car incertitudes sur les taux de change.

    Plus de 60% du CA d’EADS est libellé en dollars car Airbus facture ses avions en dollars. La moitié est couverte avec des achats en dollars. Cette exposition augmente avec les achats des pays émergents.

    Mais l’implantation d’EADS est à 90% en Europe donc la majorité des coûts s’exprime en euros.

    Une diminution de 10 centimes de dollar engendre 1 à 1,5 milliard d’euros de manque à gagner, ce qui a menacé la rentabilité de l’A380 en 2006-2008. Evidemment pour le groupe EADS il vaudrait mieux un dollar plus fort.

    Les fluctuations du taux de change euro/dollar affectent fortement EADS. EADS doit donc gérer la couverture du taux de change.

    Des instruments financiers sont utilisés (principalement des contrats à terme, quelques actions). Le portefeuille de couverture d’EADS représente 86 milliards de dollars. Il faut aussi tenir compte des risques financiers (exemple faillite de Lehman Brothers).

    D’un point de vue commercial EADS est contrainte de libeller ses avions en dollars et de s’adapter au prix du marché tant que les profits ne sont pas importants.

    Remarque : si EADS facturait ses avions en euros, les compagnies aériennes demanderaient un réajustement des prix en fonction des variations du taux de change. Donc le problème n’est pas la monnaie de facturation mais le fait que le principal concurrent libelle en dollars.

    La stratégie d’EADS est de réduire les coûts et d’améliorer les performances. Ainsi, EADS cherche à augmenter la part de ses coûts en dollars au détriment de la part des coûts en euros. Le groupe cherche à acheter en dollars y compris auprès de sous traitants européens mais le risque est de mettre en danger la rentabilité des fournisseurs.