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Publié le 30.11.2013

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Le  Samstag, 30. November 2013

La dissertation

Présentation de M. Gosse

  • Fiche méthode: présentation de la dissertation.

     

    Présentation de l’épreuve

     

    La durée de l’épreuve est de 4 heures (portée à 5 heures pour les candidats ayant choisi l’un des deux enseignements de spécialité). Le coefficient de l’épreuve est de 7 (porté à 9

    pour les candidats ayant choisi l’un des deux enseignements de spécialité).

     

    • La forme de l’épreuve. BO spécial n°7 du 6 Octobre 2011

     

    Le sujet comporte une consigne ou une question et un dossier documentaire de 3 ou 4 documents de nature strictement factuelle. Il s’agit principalement de données statistiques (graphiques, tableaux). Un document texte peut figurer dans le dossier documentaire à condition qu’il soit lui aussi strictement factuel (chronologie, extrait d’entretien, monographie, récit de vie, compte rendu d’enquêtes, etc.).  

    La consigne ou la question posée ne doit pas induire de plan-type. Ce n’est pas une question de cours.

    Le sujet porte sur un contenu figurant explicitement dans les indications complémentaires. Son énoncé utilise les notions des titres des thèmes et des deux premières colonnes du programme ainsi que celles des acquis de première figurant dans la troisième colonne du programme de terminale. Le sujet n’est pas transversal, il ne porte que sur une question du programme.

     

    • Les objectifs de l’épreuve et les compétences évaluées. BO spécial n°7 du 6 Octobre 2011

     

    Dans cette épreuve, il est demandé au candidat :

    - de répondre à la question posée par le sujet
    - de construire une argumentation à partir d’une problématique qu’il devra élaborer
    - d’exploiter les documents du dossier
    - de faire appel à ses connaissances personnelles
    - de composer une introduction, un développement en 2 ou 3 parties comprenant le même nombre de sous-parties, une conclusion en veillant à la clarté de l’expression et au soin apporté à la présentation.

    Pour aider le candidat à asseoir son travail sur des informations précises, un dossier est mis à sa disposition. Ce dossier ne doit ni borner son horizon (en le détournant du recours à ses propres connaissances), ni lui servir de prétexte à un commentaire systématique et détaillé.

     

    Quelques conseils méthodologiques pour réussir cette épreuve.

     

    • Organiser son temps de travail.

     

    -       De la lecture du libellé du sujet à l’élaboration du plan provisoire : environ 10 minutes
    -       De la mobilisation des connaissances à l’élaboration du plan détaillé : environ 1h 30
    -       Du plan détaillé à la rédaction du devoir : environ 2 heures
    -       Prévoir 10 minutes pour se relire

    Il s’agit de durées indicatives qui peuvent varier en fonction du candidat.

     

    • Les étapes à suivre.

     

    « Une bonne dissertation en sciences économiques et sociales doit obéir à trois exigences :

    1)      D’abord et c’est essentiel, répondre à une question précise qui ne recoupera que rarement un morceau du cours. Il faudra donc bien identifier la demande qui vous est adressée et y répondre exactement :

    Traiter tout le sujet, rien que le sujet. (1 étape)

    2)      Ensuite, il faut répondre à la question en utilisant deux types de ressources : des connaissances précises et pertinentes par rapport au sujet ; des savoir-faire qui vous permettent d’utiliser les documents de manière efficace […]. (2 étape)

    3)      Enfin, il convient de respecter certaines formes dans l’élaboration de sa réponse : faire un plan en deux ou trois parties équilibrées, rédiger une introduction et une conclusion, ménager des chapeaux pour annoncer les idées que l’on va développer, prévoir des transitions… (3 étape). »[1]

     

    • De la lecture du libellé du sujet à l’élaboration du plan provisoire.

     

    Dans un libellé, on distingue trois catégories de termes :

    -       ceux qui servent à identifier la nature de la question posée (analyser, expliquer, Comment, dans quelle mesure, etc.) ;
    -       ceux qui précisent le domaine de connaissance (mots clés : lien social, mobilité sociale, internationalisation de la production, etc.) ;
    -       ceux qui servent à délimiter le sujet dans le temps et l’espace (pays, dates).

    Il faut prendre le temps de bien lire le libellé du sujet afin d’éviter de faire un travail qui n’est pas demandé (hors sujet) et définir les mots clés.

     

    Lire et décrypter le libellé du sujet.

     

    Pour décrypter correctement le libellé du sujet, il faut identifier tout de suite la nature du travail demandé. Les questions fréquentes sont des questions de type « analyse » ou de type « discussion ».

     

    Exemples de questions de type « analyse » :

    « Quels sont les déterminants des stratégies d’internationalisation de la production des firmes multinationales ? » (Sujet 2013)

    « Comment les sociétés où s’affirme le primat de l’individu parviennent-elles à créer du lien sociale ? ». (Sujet Tiers temps 2013)

    « Ces questions consistent à faire le tour d’une question, à en inventorier tous les aspects ou certains d’entre eux. Ce type de question se subdivise lui-même en deux sous-types :

    -       l’analyse de la totalité d’un phénomène

    -       l’analyse d’un aspect particulier d’un phénomène »[2].

     

    Exemples de questions de type « discussion » :

     

    « L’école favorise-t-elle la mobilité sociale ? » (Sujet Liban 2013)
    « Dans quelle mesure les variations de la demande expliquent-elles les fluctuations économiques ? » (Sujet Polynésie 2013)

    Ces questions peuvent porter sur la nature d’un phénomène ou sur la relation entre deux phénomènes.

    « Elles sont formulées de telle manière qu’elles suggèrent l’existence d’une controverse ou d’un débat sur le problème que vous allez étudier ; Elles invitent à discuter des thèses opposées, à répondre de façon dialectique »3.

     

    Formuler une problématique.

     

    Il faut faire ressortir les enjeux du sujet. La problématique est un axe de réflexion. « C’est l’art de poser les problèmes »[3], c’est être capable d’interroger un sujet pour en faire surgir un ou plusieurs problèmes.  Pour l’élaborer, il faut se poser des questions et établir une stratégie argumentative permettant d’y répondre. Problématiser c’est donc faire émerger des problèmes et tenter de les résoudre. Certains sujets comportent une problématique explicitement formulée d’autres sujets comportent une problématique implicite. Ce sont les sujets de type « analyse » qui laissent la plus grande liberté au candidat pour élaborer sa problématique.

     

    Élaborer le plan provisoire.

     

    Il existe toujours plusieurs plans possibles pour traiter un même sujet. Ces plans permettent de classer provisoirement les arguments et peuvent conduire de fil conducteur pour analyser les documents du dossier documentaire avant d’élaborer le plan détaillé définitif.

     

    Plans possibles pour les questions de type « analyse ».

    Plan type n°1 : le constat (formes, manifestations, évolution du phénomène, etc.), les causes, les conséquences

    Plan type n°2 : les objectifs, les instruments, les résultats

     

    Analyse de l’amont

    Plan type n°3 : les causes structurelles, les causes conjoncturelles

    Plan type n°4 : les causes internes, les causes externes

     

    Analyse de l’aval

    Plan type n°5 : Les effets vertueux, les effets pervers

    Plan type n°6 : Les effets directs (ou à court terme), les effets indirects (ou à long terme)

    Plan type n°7 : Les effets quantitatifs ; les effets qualitatifs

     

    Plans possibles pour les questions de type « discussion ».

    Plan type 1 : la thèse, l’antithèse, la synthèse (dialectique complète)

    Plan type 2 : oui (thèse), mais ou Non, mais (dialectique incomplète)

    Plan type 3 : oui mais (discussion de la thèse), Non (antithèse)

     

    • De la mobilisation des connaissances à l’élaboration du plan détaillé.

     

    Après avoir analysé le sujet et défini le plan provisoire, il faut chercher les arguments. Il est important de réfléchir au sujet d’abord à partir de ses connaissances et ensuite en exploitant les documents du dossier documentaire.

     

    La mobilisation des connaissances.

     

    Pour mobiliser des connaissances de façon pertinente, il faut être capable de mettre en relation des connaissances théoriques et empiriques en lien avec le sujet.

    Les connaissances empiriques sont de deux types : des faits historiques et des données statistiques. Les connaissances théoriques concernent à la fois la maîtrise du vocabulaire, la connaissance des mécanismes économiques ou d’instruments statistiques. Il faut aussi se familiariser avec les grands courants de pensée, notamment les approches des grandes problématiques économiques, sociologiques. Il est donc impératif de bien maîtriser  le cours pour traiter correctement un sujet. Le dossier documentaire n’est pas suffisant

    Comment mobiliser les connaissances par rapport au sujet ?

    Attention, il ne faut pas réciter son cours. Apprendre c’est donner du sens. Apprendre c’est comprendre et structurer. Il faut hiérarchiser.

     

     

    Exemple de schéma permettant une mobilisation des connaissances en lien avec un sujet.

     diss mg 1

     Source : Serge D’Agostino, Des méthodes pour réussir, Vuibert, 1995.

     

    L’exploitation du dossier documentaire.

     

    Les documents proposés sont strictement factuels. Ils constituent un complément de vos connaissances personnelles. Il ne faut pas faire un commentaire des documents mais uniquement extraire les informations pertinentes par rapport au sujet.

    Pour vous aider à construire votre plan détaillé, vous pouvez analyser les documents en utilisant le tableau suivant.  Il vous aidera à classer les informations qui pourront illustrer ou étayer votre démonstration.

     

    Numéro du document

    Informations pertinentes (en lien avec le sujet)

    Interprétation et connaissances complémentaires

    Partie du plan

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    • Du plan provisoire à la rédaction du devoir.

     

    « Les axes de structuration définis dans le plan provisoire (ex oui : mais ou bien encore causes/conséquences, etc.) ne sont que des formulations abruptes et passe-partout : il faut adapter et personnaliser ce plan, c’est-à-dire choisir une présentation qui précise l’objectif de la démonstration ». Il faut construire un plan détaillé qui permet de répondre à la problématique. Il  consiste à regrouper les arguments afin d’organiser des parties et des sous-parties équilibrées.

     

    Du plan provisoire au plan détaillé.

     

    Chaque partie présente une idée générale et s’appuie sur des arguments (sous-parties). La rédaction des titres des parties sous forme de phrase permet de présenter l’idée générale que vous allez développer. Votre plan doit être équilibré. Si vous avez deux sous-parties pour la première partie, vous devez en distinguer également deux dans la seconde.

    Vos sous-parties seront divisées en paragraphes.

    « Vous pouvez faire alterner différents types de paragraphes :

    -       paragraphe inductif : il part d’un constat empirique pour arriver à une explication générale ;
    -       paragraphe déductif : il part d’un principe général pour étudier ensuite les multiples conséquences ;
    -       paragraphe alternatif : il part d’un état pour exposer ensuite son contraire ou son caractère paradoxal »4.

    Il est important d’indiquer les renvois aux documents dans votre plan détaillé. Cela vous évitera lors de la rédaction finale d’oublier d’utiliser un document et de devoir rechercher quel document illustrait l’argument avancé.

     

    Rédiger l’introduction et la conclusion.

     

    L’introduction doit être rédigée intégralement au brouillon après avoir élaboré le plan détaillé et non avant. Elle est importante car elle établit le contact avec le lecteur.

    Les trois temps de l’introduction.

    -        l’accroche : il s’agit d’amener le sujet. Plusieurs moyens sont possibles :

    • en faisant apparaître un paradoxe ;
    • en montrant l’actualité du sujet ;
    • en mettant le sujet en perspective historique, c’est-à-dire en situant le sujet dans un cadre plus large ;

    -       poser le sujet : il faut justifier la question posée par le sujet et montrer son intérêt. Il faut :

    • situer le sujet dans le temps et l’espace;
    • définir les termes clés;
    • trouver une problématique, « c’est-à-dire une manière de traiter la question poser par le sujet, qui va justifier le plan »5.

    -        annoncer le plan.

    La conclusion est importante. Un devoir sans conclusion donne une impression d’inachèvement.

    Les deux temps de la conclusion.

    -       un bilan : il s’agit de répondre à la question posée en reprenant les étapes du raisonnement et les arguments développés ;
    -       une ouverture : il faut ouvrir le débat.

     

    Rédiger le développement du devoir.

     

    « Le développement doit comporter un certain nombre de « balises » qui permettent au lecteur de suivre la progression de votre raisonnement et d’en apprécier la rigueur »[4]. Il faut faire apparaître la structure de votre argumentation à partir du plan détaillé que vous avez construit.

     

    Au début de chaque grande partie, il faut rédiger une introduction partielle qui annonce les sous-parties. Après chaque sous-partie, rédiger une courte transition partielle qui :

    -       conclut la sous-partie ;
    -       la relie explicitement au sujet ;
    -       annonce la sous-partie suivante.

     

    Il faut également rédiger une transition entre la première et la deuxième partie.

    Pour que votre raisonnement apparaisse plus cohérent, il faut relier le paragraphe précédent par un mot de transition correctement choisi.

     

    Pour exprimer

    Utilisez

    La succession

     D’abord, ensuite, enfin, en premier lieu, en second lieu, d’une part, d’autre part…

    La restriction

    Cependant, mais, néanmoins, toutefois, pourtant…

    L’opposition

    Au contraire, en revanche, par contre, en fait, en réalité…

    L’alternative

    Soit… soit, ou bien….ou bien, tantôt….tantôt…

    La causalité

    Car, parce que, en raison de, en effet…

    La conséquence

    Ainsi, aussi, d’où, en conséquence, par suite…

    La concession

    Certes, mais…; s’il est vrai que, il n’en reste pas moins…. ; bien que…

    Source : S d’Agostino, Des méthodes pour réussir, Vuibert, 1995.

     

    La mise en forme :

     

    - Faites des phrases courtes ; votre style sera plus lisible ;
    - Écrivez lisiblement et évitez les ratures ;
    - Aérez votre devoir: sautez des lignes entre les parties, allez à la ligne entre chaque paragraphe ;
    - Évitez les fautes d’orthographe.



    [1] J Étienne, S D’Agostino, É Simon, L’Épreuve de sciences économiques et sociales, éd Vuibert, 1992
    [2] Ibid.
    [3] J Étienne, René Revol, La dissertation aux concours économiques, A Colin, 2008.
    [4] Serge D’Agostino, Des méthodes pour réussir, Vuibert, 1995.