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Création monétaire

Publié le 23 avr. 2014 Modifié le : 1 déc. 2015

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Le  mercredi 23 avril 2014

Fiche euro (v. élève)

I. Roux, L. Auffant. Aix-Marseille

  • Fiche concept : euro

     

    Définir le concept :

     

    L’euro est la monnaie utilisée dans la zone euro (18 pays en 2014 : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal en 1999, Grèce en 2001, Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008, Slovaquie en 2009, Estonie en 2011, Lettonie en 2014). Dans ces pays l’euro est la monnaie unique : l’euro a remplacé les monnaies nationales.

    L’adoption de l’euro est conditionnée à des critères précisés dans le Traité de Maastricht en 1992 (critères dits de convergence) et réaffirmés dans le Pacte de Stabilité et de Croissance ou Traité d’Amsterdam en 1997 puis en 2012 par le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire. C’est parce que la Grèce ne respectait pas les critères de convergence en 1999 qu’elle n’est entrée dans la zone euro qu’en 2001.

    Depuis 1997, les pays ne respectant pas les critères concernant la dette publique (inférieure à 60% du PIB) et le déficit public (inférieur à 3 % du PIB) peuvent être sanctionnés pour endettement excessif.

     

    Illustrer le concept :

     

    Des exemples :

    * La lire italienne a été remplacée par l’euro.
    * Les ménages allemands détiennent des comptes bancaires libellés en euros.

     

    Situer et relier le concept :

     

    Sous-notions :

                ■ Formes et fonctions de la monnaie

    Le 1er janvier 1999, l’euro est créé en tant que monnaie scripturale.

    L’euro devient une monnaie divisionnaire et monnaie fiduciaire le 1er janvier 2002 (mise en circulation des pièces et billets).

    Comme toute monnaie, l’euro remplit trois fonctions : unité de compte (= étalon de valeur), intermédiaire des échanges (= moyen de paiement) et réserve de valeur (= elle permet de réaliser ses achats à une date ultérieure). L’euro est une monnaie, donc basée sur la confiance. Pour remplir la fonction de réserve de valeur, l’euro doit être relativement stable, donc l’inflation doit être modérée.

                ■ Monnaie forte (monnaie qui s’apprécie) notamment vis-à-vis du dollar. Les effets bénéfiques attendus d’une monnaie forte sont des taux d’intérêt plus bas (cela facilite l’investissement et la consommation donc la croissance et l’emploi), des matières premières importées revenant moins cher (à la fois pour les producteurs : consommations intermédiaires, et pour les ménages : consommation finale), des incitations à améliorer la compétitivité hors-prix (R-D, innovations). Les effets désinflationnistes renforcent l’attrait pour l’euro (= cercle vertueux des monnaies fortes). Néanmoins une monnaie forte présente des inconvénients pour les pays spécialisés en fonction d’une plus forte compétitivité prix puisque le prix des exportations s’accroît.

     

    Notions liées :

     

    Zone euro ou union économique et monétaire (UEM) : cinquième étape du processus d’intégration économique décrit par B Balassa. La zone euro est l’exemple d’intégration économique le plus abouti : c’est le seul exemple de monnaie unique ayant remplacé plusieurs devises, c’est le seul exemple d’union monétaire. C’est pourquoi on peut dire que les pays européens mènent une expérience originale d’intégration plus étroite de leurs économies. Les avantages attendus sont la diminution des coûts de conversion, la disparition du risque de change entre les pays membres, la plus grande transparence des prix. Ces effets permettent d’améliorer la compétitivité-prix. Ceci est d’autant plus important qu’environ 65% des échanges européens sont des échanges intrazone.

     

    Politique monétaire : dans l’UEM la politique monétaire est unique, elle est menée par la BCE (banque centrale européenne) qui a pour objectif prioritaire la stabilité des prix (inflation inférieure ou égale à 2% par an en moyenne dans la zone euro).

     

    Taux de change : depuis la création de l’euro, il n’existe plus de taux de change entre les pays de la zone euro, donc ils ne peuvent plus utiliser la politique du change comme instrument de politique conjoncturelle. Comme les taux de change sont fixes et qu’il y a parfaite mobilité des capitaux (décidée avec l’acte Unique de 1986 qui crée le marché unique, réalisée de façon effective en 1992), la politique monétaire est nécessairement unique. En effet, si les taux d’intérêt directeurs variaient entre les pays (politique monétaire autonome), les capitaux circuleraient vers le pays le plus attractif (c’est-à-dire celui dont le taux d’intérêt réel est le plus élevé), et la monnaie de ce dernier s’apprécierait : on ne peut donc avoir à la fois des taux de changes fixes, une parfaite mobilité du capital et une politique monétaire autonome.

     

    Emploi de la notion : exemples de problématiques

     

    Quels sont les effets d’une appréciation de l’euro ? (ch 2.1 « On s’interrogera sur les effets d’une variation des taux de change sur l’économie des pays concernés »)
    Quels sont les avantages liés à l’euro ?
    Quelles sont les contraintes liées à l’euro ?
    Quelles sont les répercussions de l’UEM sur les politiques conjoncturelles des États-membres ?

     

    Pour aller plus loin: faits, données chiffrées, enjeux, débats

     

    Euro, confiance et crédibilité de la politique monétaire

     

    La confiance dans une monnaie est centrale pour que celle-ci joue efficacement son rôle de réserve de valeur, d’intermédiaire des échanges et d’unité de compte. En effet, les monnaies sont en grande partie dématérialisées et sans valeur intrinsèque. Lors des différentes tentatives de création d’un taux de change unique (serpent monétaire, SME[1], et union monétaire), les monnaies européennes, puis l’euro, ont dû parfois faire face à une spéculation massive qui a poussé leur cours à la baisse (ou à la hausse pour le deutschemark) : c’est ce qui explique notamment que l’évolution de l’euro de sa création jusqu’en 2002. De même, la crédibilité de la politique monétaire, c’est-à-dire le degré de confiance des agents privés dans la détermination et la capacité de la banque centrale à suivre la politique monétaire et atteindre les objectifs qu’elle a annoncés, a un rôle important sur la vie économique, car elle conditionne les anticipations des agents économiques : si les agents économiques ne font pas confiance à la banque centrale, ils n’investiront pas et n’achèteront plus de titres. L’indépendance d’une banque centrale est un élément central de sa crédibilité : c’est pourquoi la Banque de France dès 1993, puis la Banque Centrale Européenne, sont indépendantes de l’État. Ainsi, les États ne peuvent plus financer leurs déficits courants par la création monétaire.

     

    L’euro sur la scène internationale

     

    L’UEM n’a pas de politique de change. Le régime de changes flexibles, ou flottants, auquel correspond l’euro signifie que son cours est fixé librement en fonction de l’offre et de la demande sur le marché des changes, sans intervention de la BCE. L’euro à l’heure actuelle a plutôt un cours élevé (environ 1,36 dollar en janvier 2014) : on parle d’euro fort, ce qui a des avantages (prix des importations, notamment de pétrole, diminué), et des inconvénients, notamment pour la balance courante et la compétitivité-prix.

     

    cours dollar-euro 

     

    Y a-t-il une déflation en Europe ?

     

    À l’heure actuelle, sous l’effet de la crise économique, il existe un risque de déflation en Europe. La déflation est néfaste car, d’une part, elle pousse les agents à retarder leurs investissements ou leur consommation, et d’autre part, car elle entraîne le maintien de taux d’intérêt réels trop élevés par rapport à la croissance. Si l’inflation à l’heure actuelle est très faible, on ne peut pas pour autant parler, selon P. Artus, de déflation. En effet, l’inflation anticipée diminue malgré le redressement de la productivité, ce qui place la zone euro dans une « dynamique légèrement déflationniste ». Pour autant, il ne s’agit pas d’une déflation profonde, ou installée dans le temps. P. Artus préfère ainsi l’expression « quasi-déflation».


    Comment de nouveaux pays peuvent-ils entrer dans la zone euro ?

     

    Les pays de l’UEM qui n’appartiennent pas à la zone euro peuvent avoir obtenu une dérogation (Danemark, Royaume-Uni). En ce qui concerne les nouveaux entrants, ils se sont engagés à entrer dans la zone euro à moyen terme, mais sans calendrier précis.

     

    Références :

     

    Agnès Bénassy-Quéré, Benoît Coeuré, L’économie de l’euro, Repères, La découverte, 2010.
    A Figliuzzi, L’économie européenne, coll. Thèmes et débats économie, 2ème édition, Bréal 2008.
    J. Ziller, L’Union européenne, Ed. Traité de Lisbonne, La documentation française, 2008.
     https://europa.eu/index_fr.htm www.touteleurope.eu https://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/approfondissements/budget-contraintes-europeennes.html https://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/union-europeenne/approfondissements/strategie-lisbonne-strategie-europe-2020.html

    [1] Système monétaire européen