SPME 2014 - bilan

Publié le Dec 10, 2014 Modifié le : Jan 9, 2015

Écrire à l'auteur

Le  Wednesday, December 10, 2014

25e Semaine de la presse et des médias dans l’école

Bilan de l'édition 2014

  •  

     

    L'IMPLICATION DES ETABLISSEMENTS


    1. Les chiffres des inscriptions


    Nombre d'écoles et d'établissements scolaires inscrits

    spme bilan2014

    On remarque une évolution sensible du nombre d'établissements participants (535 au total en 2013), surtout en ce qui concerne les écoles primaires et les collèges de Bouches-du-Rhône.

     

    2. Les formations et animations préalables ou associées

    ♦ Trois ateliers du mercredi préparatoires à la SPME ont été consacrés à l'utilisation des médias en ligne, dans les CDDP de Marseille, d'Avignon et de Gap.

    ♦ Un mardi de l'Orme a été organisé au CRDP sur le thème

     

    3. Synthèse des cahiers d'évaluation par les enseignants

    142 formulaires d'évaluation ont été reçus (7 Alpes de Hautes Provence - 20 Vaucluse - 3 Hautes Alpes - 112 Bouches du Rhône). Soit un peu moins du quart des établissements inscrits.


    ♦ Parmi les réponses, on dénombre 57 enseignants qui ont reçu une formation CLEMI (ciblée SPME ou non). 63 répondants ont travaillé sur le thème : Une info, des supports.
    ♦ L'analyse des réponses fait apparaître une constante : la presse papier est toujours majoritairement exploitée, que ce soit dans sa découverte et/ou son analyse (revue de presse, kiosque ...), que dans la production d'élèves (création de journaux, articles, reportages...).
    ♦ Pour de nombreux établissements, les activités ont consisté à : la mise en place d'un kiosque, une revue de presse, des séances de décryptage et d'analyse de la presse papier et/ou en ligne.
    ♦ L'utilisation de la presse en ligne est en hausse (18 la mentionnent). En hausse également, l'analyse de l'image de presse faisant le lien avec l'histoire des arts (au collège en particulier).
    ♦ Les réponses recueillies n'évoquent que très rarement des séances de travail avec les élèves sur les réseaux sociaux. Quant à la télévision, la radio et la webradio, les témoignages de leur emploi restent marginaux. Aucun établissement n'a déclaré avoir utilisé l'application pour les tablettes.
    ♦ La presse people, les magazines de sport et d'environnement sont plébiscités par les élèves de primaire et collèges. Les lycéens sont plus intéressés par la découverte de titres.
    ♦ Les remarques négatives concernent essentiellement des problèmes d'acheminement des colis et surtout l'ancienneté trop grande des quotidiens pour permettre une analyse des sujets d'actualité immédiate.
    ♦ A contrario, le dossier d'accompagnement est plébiscité (en particulier les fiches) et largement utilisé.

     

     

    FOCUS 1

    Journalistes, et otages en Syrie
    Une intervention en lycée, une prise de parole au Conseil Régional.

    spme2014 photo1

    Le 27 mars, deux heures après l'intervention de Pierre-Yves Hénin, au lycée Thiers, Michel Vauzelle, président de la Région Paca a tenu à placer la journée de soutien aux otages sous le signe de la 25e Semaine de la Presse et des Médias dans l'école. Il y a vu en effet un modèle d'engagement pour une cause dont le sens concerne la société toute entière et qui doit être expliquée aux futurs citoyens.
    (Photo Odile Chenevez)

     


    FOCUS 2

    Emission spéciale sur Utopia, la webradio lycéenne de Martigues (13) Voir article

    spme2014 photo2

    La 25e SPME, en direct et en public de la webradio Utopia au lycée Jean Lurçat de Martigues (13).
    (Photo Marie-Laure Grand)

     


    TEMOIGNAGES

    Dans les cahiers d'évaluation, des enseignants font part de réflexions de leurs élèves. Mises bout à bout, ces réflexions apparaissent significatives des apprentissages qu'ils font pendant cette semaine.

    - « Il n'y a pas que le texte qui nous manipule. » Florent, 1re ES.
    - « On peut faire dire n'importe quoi à une photo sans texte. » Chloé, Tle L .
    - « C'était bien de savoir comment on fabrique un Une de journal." Isaac, 10 ans.
    - « Décrypter l'info. » Yohan, 17 ans – CAP.
    - « Lire des journaux que l'on a pas l'habitude de lire. » Elève de 17/18 ans – BP.
    - « J'aime les articles scientifiques que je peux lire pendant la semaine, et après, au centre de ressources. » Xavier 17 ans – CAP.
    - « Cela a été l'occasion d'accéder à grand nombre de revues auxquelles il ne peut pas s'abonner habituellement. Notamment la revue sur les mangas et Sciences et Avenir. » Grégoire, 2nde.
    - « Même les images peuvent nous manipuler. » Estelle, 1re ES.
    - « Même les journaux dits "sérieux" ne nous montrent que ce qu'ils veulent. » Ilan, 1re ES.
    - « Je comprends mieux pourquoi une image sans légende ne veut rien dire. » Chloé, Tle L.
    - « il y a trop d'informations dans la presse, on ne sait jamais ce qu'il faut lire. » Kévin, 12 ans.
    - « Maintenant on sait comment se fait une Une » Mélanie, 11 ans.
    - « Avec Internet on peut avoir accès à toute la presse et même en anglais et espagnol, c'est bien pour apprendre la langue » Nadir, 14 ans.
    - « Je n'avais jamais lu le journal. » Théo, 12 ans.
    - « Je ne savais pas que les journalistes travaillaient aussi la nuit. » Rémy, 12 ans.

     

     

    LES PARTENAIRES DANS L'ACADÉMIE

    Partenariats avec des institutions :

    Deux événements emblématiques de la Semaine de la presse.
    - Le 15e mardi de l'Orme, organisé le 25 mars à Marseille par le CRDP-Canopé sur le thème : Médias numériques, comportements collectifs et compétences individuelles comprenait l'intervention du chercheur Jérôme Dinet et une table ronde de journalistes.
    - La Médiathèque de Sorgues (84) organisait comme chaque année des JT avec des classes de la ville.

     

    Partenariats avec les médias :


    La plupart des 60 médias locaux et régionaux inscrits à la semaine de la presse ont, au minimum, évoqué la SPME dans leurs médias. Certains organisent des concours, visitent des classes ou les accueillent. On peut signaler par exemple :
    - La Provence a publié des articles d'élèves dans le cadre de Raconte-moi mon Histoire 14-18.
    - Les Canard d'Or, d'Argent et de Bronze sont distribués chaque année à des journaux collégiens par La Marseillaise, avec le concours du Conseil Général 13.
    - Le Ravi et Zibeline organisent des ateliers d'écriture ou de dessin de presse dans les classes.
    - La Marseillaise, La Provence, Radio Maritima, les Webreporters de Martigues ont participé à l'émission radio du lycée Lurçat.
    - Haute-Provence Info ou Fréquence Mistral profitent chaque année de la SPME pour parler déontologie du journalisme et fondamentaux du métier avec les élèves des départements alpins (04 et 05).
    - Le Ravi, Marsactu, Zibeline et J-F Eyraud (journaliste indépendant) ont participé à la table ronde du 15e mardi de l'Orme le 25 mars..

     

     

    LES ACTIONS DANS LES CLASSES

    Quelques exemples, extraits des cahiers d'évaluation :

    Lycée Saint Jean de Garguier – Gémenos 13 : Travail sur la presse britannique, classe de Tle S : broadsheets et tabloïds. Revue de presse anglaise, à l'oral en anglais.
    Lycée agricole d'Aix-Valabre – Gardanne 13 : Classe de BTS : travail sur l'éditorial, la photographie de presse, le webdocumentaire.
    Lycée La Salle - Avignon 84 : Etude du public ciblé dans la presse écrite, à partir de la Une, des publicités.
    Collège St Charles – Arles 13 : Intervention auprès de 3 classes de 3e d'un journaliste de la radio locale 3DFM. : Différence entre Communication et Journalisme.
    Collège André Chénier – Marseille 13 : Projet Presse et liberté en classe de 4e.
    Collège Wallon - Martigues 13 : Comparaison de Unes au lendemain des élections municipales.
    Collège Maxime Javelly – Riez 04 : Analyse d'un évènement dans un journal télévisé, un jour après, une semaine après, un an après.
    Collège Paul Gauthier – Cavaillon 84 : Classe de 6e : concours du journal L'Equipe.
    Ecole Marie Curie – Arles 13 : Création d'un journal numérique support de la liaison CM2- 6e.
    Ecole de Provence (privé : primaire/collège) – Marseille 13 : Classes de 6e : création de la Une d'un journal du CDI pour les futurs sixièmes de la rentrée 2014. Travail sur la photo de presse : La photo, peut-elle mentir ?

     

     

    CONCLUSION

    La synthèse des évaluations des enseignants met en évidence un paradoxe : bien que la demande de formation CLEMI concerne majoritairement les médias numériques et que de plus en plus de productions et d'actions visent la culture numérique, les enseignants restent frileux quant à leur utilisation lors de la Semaine de la Presse et des médias dans l'école.
    Plusieurs explications peuvent être envisagées :
    - un manque de formation des enseignants aux usages des médias d'information numérique ;
    - une grande disparité dans l'équipement informatique – et surtout de la fonctionnalité du réseau - dans les établissements (ordinateurs, vidéo projecteurs en nombre insuffisant - en particulier dans le premier degré -, pannes internet, bande passante insuffisante pour travailler sur la vidéo) ;
    - les filtrages scolaires systématiques (Youtube, Facebook , mais aussi de nombreux médias) et une frilosité des enseignants face au numérique - en particulier les réseaux sociaux - ;
    - la réception de colis presse papier induisant leur utilisation exclusive ( !) ; à moins que les enseignants ne s'expriment, dans leur compte-rendu, que par rapport à ce colis ?
    - la persistance des représentations, en particulier celle des élèves - paradoxale elle aussi car ils sont les premiers utilisateurs d'internet... - quant à la notion de support d'information. Par exemple, lors de la création d'un journal, il semblerait que l'objet papier reste très valorisant pour eux et leurs familles. Un journal en ligne s'essouffle plus vite... surtout lorsqu'on ne fait que transposer le papier vers le web.
    La prise en compte d'une culture médiatique numérique suppose en effet un changement plus radical. La semaine de la presse se doit d'aller encore beaucoup plus loin dans l'incitation à s'insérer plus franchement dans la société numérique non seulement sur les aspects technique ou avec les supports médiatiques ou transmédiatiques, mais également pour aborder avec les élèves toutes les questions de société, et les problématiques qui sont celles du monde d'aujourd'hui. Des notions devraient envahir l'espace de la SPME comme la viralité, le crowd-sourcing, le « droit » à l'oubli, les réseaux sociaux numériques, le droit des médias, les modèles économiques des médias en ligne, l'enquête sur internet, la responsabilité de l'acte de publication, etc. Ainsi les nouveaux outils de la SPME, comme les applications pour tablettes ou smartphone, doivent certes être multipliés, mais ils doivent aussi viser à développer chez les élèves la conscience de « l'internet des sujets » (cf. Divina Frau-Meigs, directrice du CLEMI national).