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Publié le 22.11.2014

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Le  Samstag, 22. November 2014

JECO 2014, coût travail

2 auteures

  • Jéco 2014

    Vendredi 14 Novembre 2014 - 9h-11h30

    Compte rendu de L. Auffant et Evelyne Lagaune-Tabikh

     

    Le travail coûte-t-il vraiment trop cher ?

     

    Intervenants :

     

    • Gilbert Cette, professeur d’économie associé à la Faculté de Sciences économiques de l’Université d’Aix-Marseille II
    • Éric Heyer, Directeur adjoint au département analyse et prévision de l’OFCE
    • Maria Jepsen, Directrice de la recherche à l’European Trade Union insitute
    • Thibault Lanxade, Vice-président MEDEF
    • Élisabeth Le Gac, secrétaire générale CFDT Rhône Alpes

     

    Modérateur : Guillaume Duval, Alternatives économiques

     

    Première partie : exposés des intervenants

     

    Éric Heyer :

     

    Dans cette question, le mot « trop » est important :

    -          « trop » par rapport à la productivité des salariés : il s’agit de comparer le coût salarial unitaire à la productivité.
    -          « trop » par rapport à d’autres pays cf. graphique[1] portant sur le coût salarial unitaire entre 1999 et 2014 dans la zone euro et pour plusieurs pays européens.

    2 périodes : avant la crise de 2008, pas de dérive du coût salarial unitaire en France car il connaît la même progression que la productivité. La France se situe dans la moyenne de la zone euro, à l’exception de l’Allemagne qui, elle, a beaucoup baissé son coût salarial unitaire. Par contre, après 2008, inversion : l’Allemagne a un peu lâché sur cette stratégie et la France est moins compétitive par rapport à d’autres pays (Pays-Bas, Portugal). Mais ces pays ont-ils diminué leur coût salarial ?

     

    Comment les autres pays ont-ils fait ?

    -        Étude de l’évolution des revenus salariaux par décile. Dans ces pays, les efforts ont porté sur les salaires les plus modestes (1er décile, 4 premiers déciles pour l’Italie) en diminuant le temps de travail (= temps partiels subis, notamment en Espagne et en Irlande) et non pas la rémunération horaire. Cela a engendré des inégalités plus fortes.
    -        La France ne s’est pas engagée dans le même procédé : elle a choisi de diminuer les cotisations sociales (mesure déjà ancienne : Balladur, Juppé) avec le CICE et le Pacte de responsabilité. Si l’on intègre le CICE, on obtient la même progression du coût salarial en France et au Portugal. Et si l’on ajoute le pacte de responsabilité, on retrouve le coût salarial de 1999.

     

    Trois critiques du CICE :

    -        il n’est pas ciblé uniquement sur les bas salaires : effet de substitution d'autant plus fort que salaires sont bas, donc peu d'impact sur la création d’emplois.
    -        moment conjoncturel inadapté en raison du problème de financement : comment financer le CICE ? Les déficits sont déjà élevés, on ne peut le faire que par les ménages. Si on l'avait fait en 2007, les entreprises n'avaient qu'un problème d’offre, or aujourd'hui il y a aussi un problème de choc de demande (privée et publique) négatif, les commandes diminueront encore plus si on ampute le pouvoir d'achat des ménages.
    -        Si tous les pays se lancent dans cette stratégie de recherche de demande extérieure pour compenser la faiblesse de la demande intérieure, on va tout droit vers la déflation (déjà présente en Espagne). Or la déflation est un problème encore plus important que le coût du travail.

     

    Gilbert Cette :

     

    Pourquoi se pose-t-on la question sur le niveau des salaires en France ?

     

    Déficit courant depuis 2005 : non soutenable à terme. Ce problème de déficit courant traduit le fait que nous ne souffrons pas d’un déficit de demande, et c’est encore moins vrai dans la zone euro et surtout en Allemagne. En France, le problème n’est pas d’augmenter la demande mais d'augmenter l'offre compétitive. Comment ? Le tableau est assombri par le fait que le taux de marge des entreprises résidant en France a baissé de 4 points entre 2007 et 2013.

     

    Une France pas assez compétitive : on vend trop cher ou la qualité de nos produits est insuffisante, nos produits ne sont pas d'une qualité suffisante par rapport à leur prix. Rôle des salaires. Entre 2000 et 2014, en France le coût salarial par tête a augmenté de 42 % contre 21% en Allemagne et 34 % dans la zone euro.

     

    Comment réagir ? Un problème structurel appelle des réponses structurelles. Il faut restaurer la compétitivité des entreprises, les taux de marge, pour augmenter la compétitivité prix et ensuite on aura une hausse du pouvoir d'achat. Cela passe par des réformes : sur le marché des biens et des services et aussi sur le marché du travail. Ex : le salaire minimum est trop élevé en France par rapport à l’étranger, et est inefficace pour lutter contre la pauvreté (vrais problèmes : nombre d’heures travaillées dans l’année et charges sociales). Un SMIC élevé fragilise les emplois les plus fragiles, les moins qualifiés. Le SMIC a un rôle normatif dans les négociations de branche et de grilles indiciaires d'entreprises.

     

    Est-ce qu'on peut aider les effets des réformes structurelles par d'autres politiques ? Oui par la dévaluation fiscale (pas de dévaluation monétaire possible, justifiée car la zone euro est excédentaire dans son ensemble). La seule solution pour la France est la dévaluation fiscale. Ex : le CICE, le pacte de responsabilité. Problème : le CICE est trop compliqué + problème de communication dans les entreprises entre secteurs financier et DRH. Quels sont les effets ? Les effets favorables attendus (baisse du coût du travail, hausse de la compétitivité des entreprises) seront seulement transitoires car progressivement ces effets seront absorbés par des revalorisations des salaires.

     

    Quels sont le risques ? On fait une dévaluation fiscale d'une ampleur phénoménale, imparfaite, mais on n'engage pas de réformes structurelles ambitieuses. Le risque est de n’avoir aucun effet à long terme, on aura seulement un coup de fouet transitoire tout en ayant modifié des curseurs discaux. Un point positif : le salaire minimum en Allemagne, mais à l'heure actuelle pas de certitude. Si on a un effet sur l'ensemble des salaires, alors c’est une bonne nouvelle pour la France.

     

    Maria Jepsen

     

    Pourquoi discute-t-on autant de cette question que ce soit en France ou en Belgique ?

    -          La baisse du coût du travail permet d’accroître les exportations et de restaurer la compétitivité
    -          La divergence de coûts du travail est une des causes de la crise en Europe.
    -          La baisse du coût du travail permet de créer des emplois.

     

    Mais :

    -        La compétitivité dépend plus des éléments hors-prix surtout en France.
    -        La différence d’inflation a fait évoluer les salaires différemment. Il faut raisonner en salaire réel.
    -        L’emploi se crée plutôt dans les secteurs avec une évolution salariale « dynamique ».
    -        Aucune discussion sur l'effet de la diminution de la demande intérieure. Or la demande intérieure est le problème majeur en Europe et est indissociable du coût unitaire salarial.

     

    Quel est le lien entre la baisse du coût du travail et la création d’emplois ?

     

    Analyse des évolutions dans les pays qui ont mis en place ces diminutions salariales (Myant et Piasna, 2014, http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2512707 ou encore : http://www.etui.org/fr/Publications2/Working-Papers/Why-have-some-countries-become-more-unemployed-than-others-An-investigation-of-changes-in-unemployment-in-EU-member-states-since-2008)

     

    -          GB : seul cas où la baisse du coût unitaire du travail a créé des emplois, mais tendance contraire aux autres pays
    -          Irlande : dévaluation salariale forte surtout dans le secteur public où des emplois ont été créés (mais par décision politique) et dans l’informatique et les communications avec haut niveau de qualification donc secteurs avec des hausses de salaires et des créations nettes d’emplois.
    -          Espagne : baisses salariales dans tous les secteurs et baisse de l’emploi (sauf santé).
    -          Allemagne : augmentations salariales et créations d'emplois
    -          Italie : baisse des salaires depuis 2010 et baisse de l’emploi sauf sans la santé.

     

    Conclusions : pas de lien salaire et croissance d'emplois notamment dans le secteur manufacturier (dans ce secteur : UK, France et Italie : diminution des salaires et pertes d’emplois dans les mêmes proportions. Secteur de la santé : ce n’est pas la hausse ou la baisse des salaires qui a un impact mais la démographie). La tendance depuis 2008 est de diminuer le coût du travail mais ce n’est pas la solution car cela ne crée pas d'emplois.

     

    Thibault Lanxade :

     

    Parler du coût du travail est important, mais d'autres facteurs comptent pour la compétitivité : pression fiscale, complexité douanière, coût de l’énergie.

    Le coût du travail doit être comparé par rapport à deux critères : la profitabilité et la compétitivité.

    Or la profitabilité a diminué de 4 points depuis 2007 (cf. baisse du taux de marge) avec pour conséquences moins de moyens pour l’investissement, la R-D.

    Profitabilité : comparaison avec l'Allemagne, marge moyenne en Allemagne 42,2 %, France : 27,5%. Pourquoi ?

    -        Ce décrochage est dû aux 35 heures. Les 35 heures ont permis une hausse de la productivité, mais ont dégradé le coût du travail à long terme.
    -        Autre cause : les salaires n’ont pas diminué depuis 2007 alors que la situation économique s’est dégradée (ex : destruction de 64 000 entreprises par an). C’est la responsabilité des chefs d'entreprise. La masse salariale a augmenté de 4 points dont 3 sur les salaires et 1 sur les charges. Les entreprises n'ont pas baissé les salaires alors que le secteur public l’a fait. Pourquoi ? Les entreprises ont voulu maintenir la motivation et le climat social pour affronter la crise : besoin de plus de flexibilité et de plus de compétitivité.

     

    Différentiel de compétitivité entre la France et l’Allemagne notamment dans les services (20 points de différentiel) et cela se répercute dans l'industrie (8 points).

     

    Que faire ?

     

    -        faire en sorte que le CICE soit plus simple. CICE = bonus fiscal. La décision du Président de la République dans ce sens est positive
    -        CICE sur une trajectoire de 3 ans n'est pas pérenne, permet uniquement de compenser les prélèvements fiscaux, même si jeu à sommes positives car surplus (40-30 milliards). Il faut pérenniser la baisse du coût du travail.
    -        CICE = baisse du coût du travail sur bas salaires. Problème pour les salariés qui ne sont pas au SMIC. Le CICE doit bénéficier à tous les salariés. La baisse des charges doit concerner toutes les entreprises sinon ce n’est pas une mesure structurelle.
    -        Le vrai sujet est le coût du travail. Mais aujourd’hui le problème n’est plus les 35 heures, le problème c’est l'organisation du travail au sein de l'entreprise. France = seul pays où il existe une législation sur le temps de travail. Or la diversité des entreprises ne permet pas de légiférer de manière uniforme. Le temps de travail ne peut pas être le même partout. D’où la nécessité de négocier au sein des entreprises et des branches dans une perspective gagnant-gagnant.

     

    Élisabeth Le Gac :

     

    Le travail décent devrait être considéré comme un investissement pour l’individu et pour la société.

    L’approche par les coûts salariaux ne doit pas occulter la valeur travail. Or, le travail n'est plus la préoccupation de nombreux dirigeants éloignés des métiers et des réalités. Ils se focalisent sur les résultats financiers et sur la question des coûts.

    Baisse du coût du travail depuis 30 ans : baisse des cotisations, externalisation, départ des seniors, écart salaires hommes/femmes, + hausse du temps partiel imposé.

     

    Politiques sociales conçues comme un coût, considérées comme désincitatives pour l’investissement, pour l’emploi (trappe à inactivité). Les cotisations sociales, les impôts sont perçus comme un poids comme des « charges ». Mais il faut rappeler le rôle de la protection sociale : santé, chômage, retraites = financement des risques sociaux et construction de solidarités.

     

    Les politiques économiques visant à restaurer les profits ont aggravé les inégalités sans créer d’emplois. La restauration des profits n'a pas permis de relancer la croissance car les investissements n'ont pas suivi. Les stratégies des entreprises depuis 2008 n'ont pas permis de créer des emplois de qualité : développement des emplois atypiques. Au total pas de croissance et faible rémunération des emplois créés. Mais le dumping social, l’appauvrissement des salariés sont aussi un coût important pour l'État lui-même appauvri.

     

    Le manque de compétitivité n'est-il pas plutôt lié à un manque d'innovation, de réflexion sur l'organisation du travail dans les entreprises, de politique d’exportation ? Des travaux ont été menés entre les partenaires sociaux (juin 2011) : recherche d'autres causes. Les syndicats de salariés ont accepté l’accord sur le fait que les cotisations sociales pouvaient pénaliser la compétitivité, il fallait redonner des marges de manœuvre aux entreprises. Les allègements de cotisations sont faits en contrepartie d'engagements sur les créations d'emplois, sur les rémunérations et sur la qualification des salariés. Possibilité également d'évaluation extérieure du pacte de responsabilité.

     

     

    Conclusion : le coût du travail est toujours trop élevé si le seul objectif est la maximisation du profit, l’optimisation fiscale et que le seul élément pris en compte est la compétitivité-prix.

    Nécessaire prise en compte de la qualité : rôle du dialogue social.

     

     

    Deuxième partie : réponses aux questions de l’auditoire

     

    Différentes questions ayant émergé (SMS repris par Guillaume Duval) :

    -        La baisse du coût du traavil à proximité du SMIC ne crée-t-il pas une trappe à bas salaires ?
    -        Si on abaisse le coût du travail par quoi le remplace-t-on ? Taxe carbone : double dividende ?
    -        Rôle du progrès technique dans destruction d'emplois peu qualifiés ?
    -        Pourquoi ne pas analyser la question du coût du capital plutôt que le coût du travail ?
    -        Vers un SMIC jeune européen et une politique salariale coopérative dans l’UE ?
    -        Faut-il copier le modèle allemand ?

     

    Gilbert Cette :

     

    Quelle est l’influence du coût du travail sur l'emploi ?

    Au niveau microéconomique, la relation est bien connue. Le coût du L compte, y compris pour la demande des ménages, en services d'artisans par exemple. Par contre, au niveau macroéconomique il y a le coût du travail direct et le coût du travail indirect, donc la relation est plus complexe. Par exemple, dans la comparaison entre la France et l’Allemagne, le coût des services (y compris des services aux entreprises) est différent, or cela a un impact sur l’industrie (les services sont des CI).

    Il faut aussi réfléchir au problème de soutenabilité de la dette.

    UE : l’idéal est de mettre en place des politiques coopératives, mais pour cela il faut être plusieurs. Le souci coopératif de l’Allemagne n’est pas très marqué. Dans l’idéal il faut une hausse des salaires dans les pays ayant des excédents commerciaux et un affaiblissement dans les pays déficitaires.

     

    Maria Jepsen :

     

    Le problème actuellement est que nous sommes trop focalisés sur le coût du travail comme solution. Or, le coût du travail n'est pas le seul problème. Si on recherche la baisse constante du coût du travail, reste la possibilité de s'ajuster sur le coût du travail en Roumanie. D’autres éléments plus complexes de long terme demandent davantage de coopération européenne. Le SMIC européen n’est pas une solution car le SMIC est le reflet de différents niveaux de vie. L’économie réelle doit d’abord converger.

     

    Éric Heyer :

     

    Le coût du capital : sujet pas traité puisque ce n’était pas la question du jour.

    Salaires et emploi sont-ils connectés ? Toutes choses égales par ailleurs, le salaire impacte l’offre (via les coûts, le lien salaires emplois existe ceteris paribus et la baisse des salaires permet un gain d’emplois) et la demande (la baisse des salaires fait perdre des emplois, ce qui peut compenser le gain lié à l’effet d’offre).

    Il faut choisir le moment pour baisser les salaires : moins grave de baisser les salaires quand tous les autres augmentent les salaires, car la demande extérieure augmente. Quand on le fait tous en même temps, on gagne en compétitivité mais on perd de la demande extérieure. Une politique économique ne fonctionne pas quelle que soit la conjoncture.

    Conjoncture actuelle : on ne peut pas compter sur la demande extérieure + risque de déflation

    En France on a d’abord un problème de demande et ensuite un problème d’offre. Aujourd'hui on consomme moins qu'il y a trois ans alors que la population a augmenté, donc pourquoi produire si la demande baisse ?

    Il n'y a pas eu de dégradation des taux de marge pendant l'application des 35 heures, les taux de marge se sont dégradés avec la crise. Les 35 heures ont été compensées par une modération salariale, des aides de l'État. Aujourd'hui seuls ceux qui ont un travail prescrit travaillent 35 heures.

    Le chômage qui a augmenté de 3 points (avant 2008, taux de chômage = 6,8 % en France sans baisse de salaires) est un chômage conjoncturel et ne se résoudra pas par des réformes conjoncturelles, mais par des politiques structurelles.

     

    Guillaume Duval :

     

    Le modèle allemand s’appuie sur de fortes inégalités salariales entre hommes et femmes. En Allemagne de l'ouest, réforme 3K (« Kinder, Kirche, Küche » soit enfants, Église, cuisine) et les réformes Schröder ont permis l’entrée sur marché du travail mais avec un faible coût du travail et sous-emploi. C’est le pays européen où les inégalités entre hommes et femmes sont les plus élevées. Les services exercés par les femmes sont peu rémunérés. C'est aussi pour cela que ce modèle n'est pas acceptable ni transposable en France. Cela pose également des problèmes en Allemagne où il y a un débat sur la sortie des réformes Schröder.

    (Pour en savoir plus sur les réformes Hartz : www.tresor.economie.gouv.fr/File/382976)

     

    Thibault Lanxade :

     

    La productivité n'est pas mauvaise en France, mais elle s'est faite au détriment des bas salaires

    Si le coût du salarié doit être pris en considération, il existe d'autres leviers :

    -        partage VA avec salariés, actions gratuites, plan d’épargne entreprise…
    -        mais la pression fiscale mise sur ces mécanismes ne permet pas ce partage en donnant des actions gratuites. Quand on calcule, il est préférable de donner des primes mais qui sont taxées à 46 %

    Les régimes sociaux sont tous déficitaires (chômage, santé, retraites) : il faudra des mécanismes complémentaires. Exemple de mécanismes de financement : des cotisations chômage sur les traitements des fonctionnaires.

     

    La baisse du coût du travail peut aujourd’hui passer aussi par la diminution des cotisations familiales. Est-ce que la politique familiale doit être financée par le travail ? Idem pour le logement ?

     

    Élisabeth Le Gac :

     

    Rapport mondial sur les salaires 2012-2013 : l’écart des revenus du travail et des revenus du capital crée un sentiment d’injustice chez les salariés qui pensent que le salaire ne rémunère pas leur travail.

    Les risques de la baisse des salaires sont aussi de freiner la consommation.

     

    Les régimes sociaux sont déficitaires : c’est logique puisqu’ils reposent sur les revenus du travail via les cotisations versées par les entreprises et les salariés. Or en période de crise, baisse des recettes et hausse des dépenses (notamment puisque le chômage augmente). La protection sociale a un rôle d’amortisseur social. Acceptons qu’on ait des excédents quand le pays va bien.

     

    Remise en cause de l'action au logement : aujourd'hui ce n’est plus 1%, mais 0,45%. Or le logement est un coût important pour les ménages, qui doivent le payer et si les salaires sont faibles comment payer des loyers ? Les entreprises doivent s'en préoccuper.

     

    La fiscalité est élevée mais les entreprises exigent des infrastructures (ex aussi de l’accès au numérique) dont l'installation doit être financée par les territoires, les collectivités locales, donc ce n’est pas étonnant de payer des impôts.

     

    Gilbert Cette :

     

    Acceptabilité de la fiscalité, article du journal « Économie et perspectives » (13/11/2014) : pourquoi les Scandinaves acceptent l'impôt ? Parce qu’ils ont le sentiment d'en avoir pour leur argent : ils voient le retour.

    L'Allemagne c'est une réussite pas un exemple, et une stratégie non-coopérative. Si on généralisait, on irait très mal dans l’UE. Dans ce cas, c'est le moins-disant qui impose son point de vue.

    En France, nous sommes en situation de déficit courant qui n'est pas conjoncturel mais structurel depuis 10 ans : la demande est supérieure à l’offre, il n’y a pas de déficit de demande.

    Si on avait un excédent extérieur, pourquoi ne pas se mettre d'accord sur un SMIC européen ou des politiques salariales plus coopératives ?


    [1] Non disponible ici