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Ressources pré-2017

Publié le Jan 25, 2015

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Le  Sunday, January 25, 2015

A la rubrique Mutualisons, nouvelle ressource pour le cycle Terminal: séquence Manifest Destiny (Mythes et héros)

To what extent may the myth of Manifest Destiny be viewed as constitutive of American identity?

  • Séquence proposée par Brigitte BEUZEVAL GUERMEUR

     

    Ce tableau est téléchargeable à l'onglet  DOCUMENTS

    NB:  En classe de terminale, les trois annexes peuvent être utilisées en collaboration avec le professeur de philosophie

    Notion

    Myths and heroes

    Domaine(s)

    Croyances et représentations / histoire et géopolitique/ arts / langue

    Thème

    Manifest Destiny

    Problématique

    How come the phrase “American Destiny” coined in 1845 by a democratic journalist caught on? What myth does it convey? ( or: To what extent may the myth of Manifest Destiny be viewed as constitutive of American identity?)

     

    Tâche finale

    Tâche finale orale : présenter un western en montrant en quoi il illustre le thème ou lui renvoie un écho décalé

    Tâche écrite : travail de synthèse à partir de courts extraits de Lonesome Dove (Document 9)

     

    Documents / supports

    (nature / titre / source / niveau visé)

    Présentation du document (points essentiels / idées phares relatives à la notion/ intention(s) de l’auteur / point(s) de vue développé(s)

    Contenus culturels

    Eclairage apporté par le document sur la notion et la problématique

    Mise en perspective des documents (liens entre les documents : échos, contrastes, complémentarités …)

    Construction du parcours culturel de l’élève

    Point d’étape sur la progression dans la problématique et l’exploration de la notion (ce que chaque document apporte à l’élève pour progresser dans la problématique et mieux s’approprier la notion)

    Document 1 : carte et chronologie succincte  P. 76 du manuel Skylight Terminale

     

    Présentation factuelle de la conquête d’un territoire.

    Insister sur la coïncidence  de la construction de l’identité avec l’expansion territoriale, l’importance de la notion de frontière.

    Contextualisation chronologique et spatiale de la notion.

     

     

    La vision d’une destinée rétrospectivement manifeste.

    Document 2 : American Progress, lithographie de John Gast

    Représentation iconographique de la notion

     largement diffusée dans les guides de voyage du 19° siècle.

     

    Repérage des symboles

    dans le décor de la conquête de l’ouest (wagon, stagecoach, untamed Indians, pioneers, settlers (≠invaders, conquerers))

    De la civilisation en marche (technologie, culture, spiritualité)

    L’expansion territoriale associée au progrès.

    Eclairage moral.

    Représentation allégorique triomphante d’une force invincible qui ne laisse aucune place au relativisme.

     Un imaginaire au service de l’histoire. Propagande ou mystification. Une vision illustrant parfaitement la notion de Manifest Destiny.

    Document 3 : texte de John O’Sullivan (1839)The Great Nation of Futurity

    Definition extensive de la destinée  manifeste par son auteur 6 ans avant la première apparition de l’expression Manifest Destiny. Effet miroir.

    Références marquées à des textes fondateurs :

    -The Second Treatise of Civil Government (John Locke)

    -La déclaration d’indépendance

    -La bible

    L’idée d’une rupture totale avec le vieux contient européen dont l’histoire est un récit édifiant.

    L’idée d’une terra nullius qui contrairement à une terre édénique n’attend que son arrachement à l’anomie sauvage.

    Echos avec De la démocratie en Amérique : « Quoique le vaste pays qu’on vient de décrire fût habité par de nombreuses tribus d’indigènes, on peut dire avec justice qu’à l’époque de la découverte il ne formait encore qu’un désert. Les Indiens l’occupaient, mais ne le possédaient pas. C’est par l’agriculture que l’homme s’approprie le sol, et les premiers habitants de l’Amérique du Nord vivaient du produit de la chasse »

     

    Texte qui fait écho à l’allégorie de John Gast.

    En filigrane une exhortation à annexer le Texas, et plus généralement étendre le territoire pour le bien de tous.

    Au-delà des visées expansionnistes le texte présente un idéal politique, spirituel et moral.

    Vision messianique du peuple libérateur et sauveur qui annonce l’avènement d’un monde nouveau.

    Vision individualiste de la liberté, celle des patriotes défendant leur maison et non au service de quelque potentat.

    Manifeste de la foi en l’homme nouveau présenté comme l’avenir de l’humanité entière pour son caractère inédit, ses capacités, sa mission.

    Rapport romantique à la nature et au pays. Perception du l’Américain comme toujours en mouvement.

    Dans sa postface de Bartleby Deleuze semble faire écho à O’Sullivan « L’Américain, c’est celui qui s’est libéré de sa fonction paternelle anglaise, c’est le fils d’un père émietté, de toutes les nations… L’Amérique est le potentiel de l’homme sans particularités ».

    Le titre comprend le terme futurity et non future.

    Document 4 : une video  (10 mn) un discours tenu en 2009  par Howard Zinn intitulé The Three Holy Wars devant les lecteurs du magazine The Progressive

    Une des trois guerres sacrées pour les Américains selon H. Zinn est celle qu’ils appellent leur révolution.

    La vision dégagée ici contredit la version de J. O’Sullivan.

     

    -L’historien rappelle le sang versé s’inscrivant ainsi en faux contre le texte précédent qui n’associait que la vieille Europe aux bains de sang.

    -Il rappelle également  que ce changement n’a pas aboli l’esclavage mais supprimé la frontière délimitant le territoire indien.

    -Il rappelle aussi des notions de classes qui n’ont pas été éradiquées avec cette « révolution »

    Une voix américaine qui s’élève contre la prétendue nécessité de l’histoire américaine. D’autres choix étaient possibles, voire préférables.

     

    -Contraste avec les deux documents précédents

    -Mise en lumière d’une contradiction entre l’idée d’une révolution libératrice et l’abolition de la limite qui garantissait le territoire indien, disparu avec les 13 colonies.

    Une démystification qui aide à faire la part du mythe dans la représentation de la naissance d’une nation.

    Document 5 : présentation du western de Sergio LeoneOnce Upon a Time in the West, une courte scène en particulier (chapitre 18)

    Une façon de revisiter l’histoire et d’affirmer des valeurs ; processus qui en dit autant sur la période revisitée que sur celle qui revisite.

    -Exploration du western en tant que genre (caractéristiques en termes de décors, personnages, intrigue)

    -Repères historiques et géographiques de la conquête de l’ouest, en particulier avec la construction du premier chemin de fer transcontinental (les voies ferrées sont reliées en Utah en 1869)

    -la scène permet de mettre en relief les qualités emblématiques du pionnier, prototype de l’Américain ou l’homme du nouveau (goût pour l’aventure, force morale, ingéniosité, capacité à se projeter … des qualités entrepreneuriales)

    -le décor est un désert qui attend d’être arraché à la friche

    -les quelques indiens aperçus sont inoffensifs et intégrés. Un noir est porteur à la gare.

    -Il apparaît que la veuve dont le héros porte les couleurs a été spoliée de sa propriété. Il s’agit de la rétablir dans son droit inaliénable au bonheur en lui restituant son dû et ainsi permettre la prospérité de l’ensemble de la communauté.

    Il s’agit de retrouver les valeurs exposées par O’Sullivan.

     -l’image de la terra nullius

    -le droit à la recherche du bonheur inscrit dans la déclaration d’indépendance, présente sous la forme de droit à la propriété chez Locke et dans la constitution des Etats Unis.

    -Le titre en soi est une invitation à voir le film sous l’angle de la légende, celle de la conquête de l’ouest mythique.

    -Le duel final a lieu entre le héros tout de blanc vêtu et son adversaire tout en noir dans une sorte de théâtre antique naturel suspendu entre ciel et terre, au milieu du désert. La théâtralisation de la scène renforce le sentiment d’une mise en abyme de l’épopée qui se joue : les héros fondateurs livrent un combat dont l’issue affectera la communauté toute entière. Après le triomphe du bien sur le mal, la veuve est restituée dans ses droits inaliénables, le chemin de fer peut se construire et la vie peut reprendre ses droits.

    Document 6 : Petit texte publié dans le manuel de première Broadways (version 2004)p.200 présentant les Pilgrim Fathers suivi d’une vidéo de 3mn intitulée John Winthrop, a city upon a hill à compléter par l’étude du tableau de Jean Louis Gerome Ferris The First Thanksgiving (1915)

    -Introduction aux Pilgrim fathers

    - évocation du sermon de John Winthrop“ A model of Christianity”

    -Tableau représentant une fête célèbrée le 4° Jeudi de Novembre

    Ancrage puritain des valeurs :

    -Notion de stewardship (intendance)comme qualité première d’un bon chrétien, le véritable propriétaire étant Dieu.

    -Notion de City upon a hill, expression régulièrement utilisée par les hommes d’état. La mission divine dépasse les frontières car l’Amérique a un rôle de phare et doit éclairer le monde.

    -scène de genre qui montre une volonté de partage et de communion dans l’action de grâce. La composition du tableau suggère une hiérarchie.

    -Eclairage religieux de la destinée manifeste

    -Commémoration d’un partage entre puritains et indigènes qui ensemblent rendent grâce à Dieu

    -Peut-on voir dans cette fête une propagande subtile de la Destinée manifeste ?

    Echo manifeste aux documents 2, 3 et même 5

    Mythe des pères pèlerins à l’origine de la nation.

    Fonction sociale des fêtes populaires

    Document 7 : chanson de Woody Guthrie This Land is Your Land

    Chanteur de folk music repris par Springsteen ou Dylan

    -chanson écrite en réaction à God Bless America (de Irving Berlin) abondamment chantée  par Kate Smith dans les années 1930.

     

    -Attention particulière portée aux couplets 5 et 6 enregistrés mais omis des disques des années 1950 en particulier.

    -Références à la période du Maccartisme, aux ennuis de Woody Guthrie à ce moment-là.

    Titre initialement prévu: God bless America for me

    -Dénonciation de la complaisance d’un chant patriotique en forme de prière, dans le droit fil de l’esprit de la Destinée Manifeste:

    God bless America,

    Land that I love,

    Stand beside her, and guide her

    Through the night with a light from above

    -contradiction soulevée au coeur du rêve américain: le bonheur individuel (the pursuit of happiness/ property) conduit à  cloisonner et exclure ; il est une entrave à la liberté d’aller et de venir pour tous.

    Le 5° couplet fait apparaître 2 côtés de la propriété privée (dedans et dehors), deux aspects de la Destinée Manifeste. Le couplet suivant pose même la question : Is this land made for me and you ?

    -3 premiers couplets qui sont un hymne à la beauté du continent. Sensualité amoureuse dans l’abondance des noms qui renvoient à chaque coin et recoin.

    -Importance du mouvement dans la prise de conscience d’une identité américaine , comme si parcourir les vastes représentait des promesses de réalisation de soi.

    - Rappel de la Destinée Manifeste avec le refrain (pourquoi « this land was made for you and me » au lieu de « was made for us ? »)

    Mise en question d’une même destinée pour tous dans une société fondée sur l’individualisme.

    -Perception de l’intemporalité de la Destinée Manifeste sous différents avatars : l’espace perçu comme champ de tous les possibles, régénération par le déplacement, le parcours boulimique de paysages.

    De nombreux échos dans la littérature ( Whitman, Kerouac …) et le cinéma en particulier le road movie.

    -Expression de doutes

    Document 8  : Kill the Indian, Save The Man (excerpt from a paper read by Pratt at the Nineteenth Annual Conference of Charities and Correction, at Denver, Colorado, in 1892)

    -Le titre du cadre de la conférence mérite réflexion (qui aime bien châtie bien / il s’agit de mettre dans le droit chemin, de formater par la coercition)

    -le titre du discours lui-même, par delà la provocation, claironne l’universalité de l’Américain blanc,  fleuron le plus achevé de l’humanité.

    -référence au General Custer « A good Indian is a dead one »

    -on peut penser au poème The White Man’s Burden, The US and The Philippine Islands (1899, soit 7 ans après ce discours)

    -référence au Dawes Act

    -supériorité de l’intégration sur l’assimilation

    - notion de self righteousness, condescendance, charité

    -deux paralllèles avec les noirs (l. 31 et l.70) ,signe de l’oubli de la préexistence des indigènes.

    -universalisme affirmé

    -reprise de l’idée développée par O’Sullivan selon laquelle le nouveau monde est une friche en attente de la culture. Ici (l.21 He is born a blank)

    Messianisme du ton : contraindre le sauvage c’est le libérer de ses entraves (l.18) « When we cease to fetter him to conditions which keep him in bondage, surrounded by retrogressive influences »

    Déterminisme de l’environnement et universalité des valeurs dites de civilisation.

    -illustration de la mission divine (doc 6)

    -confrontation possible avec de nombreux westerns qui montrent une vision contestable de la « civilisation »

    Approche sous un angle différent de la Destinée Manifeste : mission civilisatrice

    Document 9 : Extraits deThe Lonesome Dove, Larry McMurtry 1985 tirés du manuel Meeting Point Terminale p.220, 221 et 224

     

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