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Publié le 3 oct. 2017 Modifié le : 23 oct. 2017

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Le  mardi 3 octobre 2017

Citéphilo 2017 : Que croyez-vous ?

Du 7 au 26 novembre 2017

  • Voici 20 ans déjà que Citéphilo existe. 20 ans que tous les ans nous nous efforçons d’accomplir le mot d’ordre de Spinoza : être le plus nombreux possible à penser le plus possible. 20 ans que des penseurs de toutes les disciplines, venus de toute la France, de toute l’Europe, du monde entier, nous font l’honneur et la joie de répondre à notre appel, et, ce faisant, donnent un corps, c’est-à-dire un visage et une voix, à la recherche intellectuelle la plus actuelle. 20 ans que tous acceptent d’exposer publiquement, et dans la langue de tous, leurs thèses et leurs idées, mais aussi, car c’est là la marque de la pensée authentique, leurs doutes et leurs questionnements. Plus que jamais nous avons besoin d’eux pour nous comprendre et nous réinventer.

     

    Programme Citéphilo 2017 en pièce-jointe

     

    Personne n’échappe aux croyances. Pas seulement ni d’abord à celles des autres, mais aux siennes avant tout. Pas seulement ni d’abord parce qu’elles seraient un piège ou une fatalité, mais parce qu’elles désignent peut-être la manière la plus générale et la plus spontanée que chacun a de se rapporter au monde : nous croyons en nos chances de réussir, qu’il va pleuvoir aujourd’hui, que le soleil se lèvera demain… Untel pourra toujours objecter qu’il ne croit à rien. Ne pas croire, c’est encore croire qu’il vaut mieux ne croire en rien que croire en quelque chose. Puisque de la croyance il est impossible de faire l’économie, Citéphilo propose cette année d’en faire la cartographie. En commençant par suspendre ce qui est sans doute la première de nos croyances au sujet de la croyance, celle de son caractère fragile et incertain. Car c’est un fait : qualifier une idée ou une thèse de « croyance » revient aussitôt à la disqualifier ou à la discréditer en lui attribuant une valeur simplement subjective et relative, quand ce n’est pas fantaisiste et irrationnelle. En lieu et place de ce préjugé, il conviendra donc plutôt de s’interroger. Quelles sont les modalités de la croyance ? Ce n’est pas en effet la même chose de croire « à », de croire « en » ou de croire « que ». Y a-t-il une « logique » de la croyance ?

     

    Existe-t-il des croyances « rationnelles » ? Faut-il aborder la croyance comme un phénomène unitaire, ou bien la diversifier en fonction de son « objet » en distinguant « des » croyances : religieuses, politiques, économiques… ? De telles questions trouvent assurément plus d’un écho dans notre moment présent et traversent indéniablement toute la recherche actuelle : sur la religion, en philosophie analytique et en logique, en sociologie et en économie, ou encore dans l’anthropologie, comme il apparaîtra dans la conférence inaugurale proposée par son éminent représentant en France, Maurice Godelier. Au-delà de ses excès et ses illusions, qui appellent une nécessaire critique, ces tentatives invitent aussi à prendre la mesure de la puissance tout aussi bien créatrice de la croyance qui, en nous déconnectant du réel, en rend peut-être possible la transformation.