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Publié le May 11, 2020

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Le  Monday, May 11, 2020

L'oral en cycle 4, en classe de 3ème : la pratique du débat interprétatif

Cette ressource, proposée par Carole Merle, enseignante de Lettres Modernes au collège Henri Wallon, est l’expérimentation de la pratique du débat interprétatif en classe de 3ème, ainsi que le prolongement que l’on peut en faire dans le cadre de la continuité pédagogique.

  • Pratique du débat interprétatif en 3ème

     

     

     

    L’ORAL EN CYCLE 4, EN CLASSE DE 3EME, LA PRATIQUE DU DEBAT INTERPRETATIF

     

     

     

    L’épreuve de soutenance orale du stage  d’observation de 3ème a été peut-être  l’occasion pour certains enseignants d’éducation prioritaire de mesurer la nécessité de porter une attention particulière à l’usage de l’oral partagé dans l’espace social.  Savoir prendre la parole en public, être éloquent demande, comme le préconise l’Institution, « un enseignement explicite et progressif. » Mais, comment pouvoir entraîner 25 élèves à un exercice aussi insécurisant qui, outre les compétences langagières qu’il requiert, implique d’être écouté, de s’engager physiquement ?

     

     

     

    Cette ressource est l’expérimentation de la pratique du débat interprétatif  en classe de 3ème, ainsi que le prolongement que l’on peut en faire dans le cadre de la continuité pédagogique.

     

     

     

     L’exercice pratiqué en classe met l’élève en situation d’expérimenter la construction et la défense d’un argumentaire, d’élaborer son propre savoir, mais aussi, de faire valoir son point de vue. Il mesure la capacité d’un groupe à étayer et défendre ensemble une position face à une équipe adverse qui, pour sa part, soutiendra la position contraire. La position est choisie par l’enseignant et ne procède donc pas d’une conviction. L’exercice oblige donc l’élève à envisager un autre point de vue que celui qu’il aurait défendu spontanément.

     

     

    Les sujets du débat correspondent aux questions présentées aux élèves en début de chaque séquence, dont les thématiques s’inscrivent dans les entrées du programme de culture littéraire et artistique. Ces questions doivent susciter l’intérêt des élèves afin de les engager dans un travail qui fait sens.

     

     

    Par exemple : Se chercher, se construire : l’enfance, ou grand(s) moment(s) de solitude : le récit d'un moment de solitude de l'enfance  dans une autobiographie ne sert-il qu'à témoigner de son expérience malheureuse ? 

     

     

    Regarder le monde, inventer le monde : la solitude, cette fleur du mal : le recueil de Charles Baudelaire n’est-il que l’expérience vécue de la solitude?

     

     

    Le débat interprétatif est le cadre propice au développement de l’expression et collective au sein de la classe et au respect de l’écoute de l’autre.

     

     

     

    DOCUMENTS

     

     

    L’intérêt du débat interprétatif pour l’oral (fichier audio)

     

    Il s’agit de développer les compétences langagières des élèves et de donner à l’oral une place prépondérante dans l’enseignement. L’oral doit être travaillé dans sa dimension réflexive et argumentative comme outil au service de l’apprentissage disciplinaire.

     

     

    Le cadre

     

    L’exercice oral intervient  à l’issue d’une séquence d’enseignement. Il fait l’objet d’une activité ritualisée de 15 minutes au sein de la classe et prend la forme d’un débat interprétatif. Ce dernier rend l’élève actif et lui permet, grâce à l’interaction, de participer à la construction de son propre savoir. Le débat, par son oralité présente en outre un aspect ludique qui peut constituer une motivation.

     

    De plus, il est important de montrer aux élèves que l’œuvre littéraire ou les groupements de textes autour d’une thématique, peuvent être compris et interprétés différemment selon leur expérience du monde, leurs repères culturels, leurs connaissances, leur histoire personnelle, leurs centres d’intérêt…

     

     

    Les objectifs :

    - prendre en compte les propos d’autrui

     

    - faire valoir son propre point de vue

     

    - apprendre à argumenter, à illustrer avec des exemples de textes étudiés

     

    - développer les outils et les procédés pour convaincre

     

    Avec cet enseignement explicite, les élèves parviendront  à s’exprimer de façon plus fluide devant un auditoire, à participer de façon plus constructive à des échanges oraux, prendront progressivement conscience des ressources expressives et créatives de la parole. 

     

     

    Le protocole :

     

     Instaurer dès le début de l'année un climat de travail participatif et expliquer qu’une place importante  sera accordée à la construction orale et au questionnement collectif.

     

    Annoncer aux élèves le questionnement préalable qui constitue la problématique de la séquence. Exemple : «le recueil Les Fleurs du Mal n’est-il que le témoignage de l’expérience de la solitude vécue par l’auteur ? » Questionnement travaillé individuellement en amont du débat et destiné à amorcer la réflexion collective.

     

     

     

    Proposition de mise en œuvre du débat et explication des règles

     

     

     Deux  groupes sont formés. Le premier défendra la thèse, le second, la réfutera. La difficulté et l'intérêt de ce type de débat réside dans le fait qu'il n'existe pas d’avis plus confortable et plus acceptable. Pour les deux groupes d'argumentation, la difficulté est de développer des idées parfois contraires à leurs convictions spontanées. La salle de classe est aménagée pour le débat. Chaque groupe se réunit, avec prise de notes, pour échanger autour des arguments qui pourraient étayer la thèse qui leur a été attribuée. Le professeur ouvre le débat en présentant le sujet

     

    - 1er  groupe : « Le recueil témoigne de l’expérience de la solitude vécue par le poète ». 

     

    - 2ème  groupe : « il ne témoigne pas de l’expérience vécue par le poète ».

     

     

    Enregistrement du débat : chacun des groupes organise sa prise de parole. A la fin du débat, les élèves synthétisent en une phrase ce qu’ils ont retenu de la séquence.

     

    Une grille d’évaluation commune pour l’oral peut être créée collectivement pour être ensuite employée régulièrement au cours de l'année lors des séances. S’exercer à l’auto-évaluation, après visionnage du débat, peut permettre à chaque élève d’avoir une démarche réflexive sur ses propres prestations orales. L’enseignant peut proposer également une grille d’observation du débat, plus simple d’utilisation : des binômes sont créés : un élève observe un participant au débat, puis inversement. Cela permet à chacun d’intégrer le respect des règles, d’être plus attentif à la manière dont il débat, favorise l’implication dans le travail collectif et la coopération.

     

     

     

    Le rôle de l’enseignant

     

    Les règles du débat ayant été préalablement définies ou rappelées, l’enseignant pose la question qui va susciter le débat. Il est le régulateur des interactions entre les élèves, mais il doit parler le moins possible, se mettre en retrait, afin de permettre aux élèves de confronter leurs lectures et de débattre véritablement les uns avec les autres. Le professeur peut relancer le débat par une autre question s’il constate que la discussion est dans une impasse.

     

     

     

     

    L’ORAL A DISTANCE

     

     

    • L’exploitation du débat interprétatif  à l’écrit pour assurer la continuité pédagogique

     

     

    Se constituer une banque de fichiers sonores au cours de l’année est très important. Dès que cela est possible, l’enseignant enregistre les débats, même s’ils ne sont pas aboutis. En cette période de confinement, l’exploitation de ces débats s’avère être un exercice très riche et innovant.

     

     

    L’enseignant peut adresser un des enregistrements à la classe et lui demander d'effectuer un travail de mise en forme, préalable à l’exercice de dissertation.  Les élèves doivent reconstituer les deux thèses défendues en organisant les arguments.

     

     

    En ce sens, cette activité "numérique" permet une continuité pédagogique. Elle permet d’avoir une posture réflexive sur le langage et réactive surtout  les connaissances acquises dans le cadre de la séquence. C'est le moment également de retravailler l’exercice d’argumentation et de construire l'armature de ce qui sera une « dissertation ». L’exploitation écrite du débat permet ici d’élaborer un plan dialectique (thèse-antithèse). Lorsque les élèves le peuvent, l’enseignant les invite à dépasser l’opposition par l’élaboration d’une 3ème partie de synthèse.

     

     

    • La présentation orale d'un texte, de son auteur, d’une citation du texte

     

     

    La période de confinement peut-être l’occasion d’approfondir le travail d’expression orale engagé en classe. L’enseignant peut demander aux élèves de choisir le texte d’une séquence, de le présenter brièvement à l’oral, de lire une citation, une phrase du texte et de le relier succinctement à la problématique dans laquelle il s’inscrit. Cet exercice permet à l’élève d’assumer un choix, de travailler sur la composante de l’oral (voix, structuration du propos), de l'amener à parler à travers une activité individuelle de présentation et de lecture, et à réfléchir sur la situation d'énonciation.

     

     

    Pour l’élève, l’objectif est de vaincre sa timidité, de parler et d’adapter sa parole à l'effet qu’il souhaite donner. L’activité est encore l’occasion pour l’élève  d’enchainer un propos argumentatif, de rendre compte d’un travail individuel et de réviser, par le prisme d’un texte, une séquence étudiée en début d’année.

     

     

     

     Documents :

     

    Consignes pour la présentation orale

     

    Grille d'observation débat

     

    Grille d'évaluation débat

     

    Un exemple de débat interprétatif : Baudelaire (casque audio conseillé).