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PREVENTION DE L'ILLETTRISME

Publié le Jul 4, 2012 Modifié le : Nov 5, 2018

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Le  Wednesday, July 4, 2012

Plan académique de prévention de l’illettrisme, année 2010-2011

Année 2010 - 2011

  • Principes généraux

    L’illettrisme touche dans notre académie environ 9% de la population adulte. Il ne s’agit pas de personnes non francophones nouvellement arrivées en France, mais d’adultes nés ou installés en France, y ayant été scolarisés et dont les difficultés avec l’écrit sont telles qu’ils ne parviennent plus à émettre ou recevoir efficacement un message écrit de vie courante. Si la lutte contre ce fléau social ne constitue pas une mission immédiate de l’Éducation Nationale, en revanche nous devons tout mettre en œuvre pour le prévenir.

    La prévention de l’illettrisme ne constitue pas, pour l’école, une mission nouvelle, étrangère aux objectifs de formation des jeunes qui lui sont normalement assignés : transmettre les connaissances et les compétences fondamentales définies par les programmes et le socle commun, aider les élèves qui à tel ou tel moment de leur scolarité en éprouvent le besoin. Toutefois, l’importance de l’enjeu et le constat des difficultés effectives observées dans nos écoles et établissements conduisent à dégager des priorités particulières et à approfondir l’attention accordée à la prise en charge de la grande difficulté.

    Le plan académique de prévention de l’illettrisme vise à mettre en œuvre ces différents axes de travail. Il se définit en cohérence avec le plan régional de lutte contre l’illettrisme et ajuste à la réalité de notre académie les orientations contenues dans le plan national présenté le 29 mars 2010 par le ministre Luc Chatel.
    Une baisse sensible du taux d’élèves en difficulté avec l’écrit à l’entrée en Sixième et une réduction signification du nombre des jeunes signalés comme éprouvant des difficultés (sévères) avec l’écrit à l’issue des tests des Japd (appellation devant être modifiée) constitueront à terme une évaluation positive de cette action de prévention.
    Les axes de travail présentés ci-dessous motivent l’installation de plusieurs groupes de travail académiques. La finalité de ces réflexions et travaux est d’aboutir concrètement à une évolution positive des pratiques dans nos classes et dans nos écoles et établissements.

     Axe 1 : les apprentissages premiers

    La problématique des premiers apprentissages de la langue, en lecture et en écriture, est fort ancienne ; il ne s’agit pas ici de relancer les débats dans ce domaine, ou de considérer comme vaines toutes les initiatives déjà prises (notamment, dans notre académie, en ce qui concerne l’écriture des élèves, le développement du plaisir de la lecture ou bien encore les dispositifs d’aide au cycle 2). 
    Deux questions apparaissent toutefois essentielles, dès l’école maternelle, et relativement nouvelles : les pratiques de l’oral (non seulement celles des élèves, mais aussi celles des maîtres) et les apprentissages lexicaux. Ces deux domaines doivent constituer, dans le premier degré, une priorité pour les animations et les formations pédagogiques à venir.
    La question de l’aide aux élèves qui éprouvent des difficultés de lecture au cycle 2 continuera à faire l’objet d’une attention spécifique.
    Enfin, on accordera une attention particulière aux apprentissages linguistiques (orthographe, grammaire et lexique) au cycle 3, en liaison avec le collège.

    Ces grandes orientations se traduisent par des objectifs opérationnels qu’il s’agit d’impulser ou d’accompagner, par des productions de groupes de travail ou par des actions de formation continue (ou d’animation pédagogique) :

    ► assurer la diffusion des outils nationaux (cf. DVD sur les apprentissages lexicaux, doc. Eduscol sur les enjeux de l’oral…) et leur appropriation par les enseignants.

    ► 
    assurer la participation la plus nombreuse et la plus réussie possible à l’opération « Dictionnaire numérique des écoliers ».

    ► répondre favorablement aux offres de l’Unaf et de la Ligue de l’enseignement concernant l’opération « Lire et faire lire » (association d’ A. Jardin et de G. David) ; soutenir le déploiement de ce dispositif sur des secteurs prioritaires sur lesquels il n’est pas aujourd’hui implanté.

    ► développer le recours, dans nos quatre départements, au dispositif associatif « Coups de pouce CLE ».

    ► faire connaître l’organisation et l’intérêt du système des maîtres PAR mis en place dans les Bouches du Rhône.

    ► poursuivre l’élaboration commune de protocoles d’évaluation à l’entrée en Sixième ; 

    ► poursuivre le travail de production d’outils progressifs et harmonisés (Ce2 – 5ème) dans le domaine de la grammaire (« réseaux » Pythéas et Briançon).

    Complémentairement à ces objectifs portés par les acteurs scolaires, un axe de travail en lien avec la question des pratiques de l’oral en maternelle sera proposé aux partenaires associés au plan d’action régional de la lutte contre l’illettrisme : la sensibilisation des agents territoriaux spécialisés en école maternelle (ATSEM) à l’importance des échanges oraux qu’ils ont au quotidien avec les enfants, leur formation et leur outillage pour qu’ils contribuent dans ce cadre à la prévention de l’illettrisme. 
    La possibilité de mise en place d’une action expérimentale associant l’éducation nationale sera étudiée par G. Costantino avec le centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) et des collectivités locales à cibler.




     Axe 2 : les élèves en grande difficulté dans le 2nd degré (collèges, SEGPA, LP)
     

    Prendre en charge positivement et efficacement les élèves ne sachant pas, ou pratiquement pas, lire alors qu’ils sont confrontés à des apprentissages plus diversifiés et approfondis, nécessitant une autonomie suffisante avec l’écrit, constitue un défi extrêmement important, notamment sur le territoire de l’éducation prioritaire. En ce qui concerne les plus âgés, ces publics sont pour une part repérés avec les résultats des tests aux JAPD.
    On mettra à la disposition des équipes de Clg, de Segpa et de LP des outils d’évaluation diagnostiques prenant en compte explicitement les compétences fondamentales de la lecture (identification des mots / lecture des enchaînements de groupes et de phrases… / représentations mentales des signifiés) et accordant une large place à la parole orale des élèves et à leur « grammaire intuitive ».
    Au-delà du diagnostic, ces évaluations suggéreront aux équipes du 2nd degré, généralement démunies lorsqu’il s’agit de s’intéresser à des apprentissages premiers défaillants, des pistes de travail à la fois cohérentes et ajustées au public aidé. Un groupe de travail sera chargé de concevoir et de proposer des démarches et des contenus à la fois adaptés et « durables ». 
    La question des dispositifs, ou des structures, à mettre en place pour une prise en charge réellement efficace de ces publics (notamment pour les élèves qui sont isolés) sera également traitée dans un groupe de travail.

    Objectifs opérationnels 

    ► produire des protocoles d’évaluation diagnostique pour les élèves en grande difficulté des Clg, des Segpa et des LP, prenant en compte leur diversité d’âges et de centres d’intérêt et s’appuyant sur les conseils d’une ressource scientifique.

    ► impliquer dans le groupe de travail constitué ad hoc des enseignants de ces différents niveaux d’enseignement, ainsi que des personnels de l’enseignement agricole concernés par le même genre de difficulté, et, éventuellement, des personnels de la PJJ ; bénéficier de l’appui d’un expert scientifique (par exemple, Maryse Bianco, MCF à Grenoble).

    ► rassembler et communiquer les résultats des tests des Japd (prochainement « Journées défense et citoyenneté ») et le bilan des différentes initiatives qui concernent les jeunes en grande difficulté, voire en situation de décrochage scolaire et social (cf. le dispositif des PPPRS dans les Bouches du Rhône).

    ► valoriser et aider à concevoir les dispositifs les plus pertinents pour la prise en charge de ces publics les plus en difficulté avec l’écrit.

    ► diffuser les outils d’évaluation et mutualiser les bonnes pratiques dans le cadre d’actions de formation ; les prolonger par la mise à disposition d’outils de travail cohérents avec les visées de l’évaluation diagnostique (actualiser la « mallette illettrisme »).

     Axe 3 : actions éducatives familiales
    (cet axe de travail sera prioritairement développé, en direction de l’école maternelle, sur les territoires de l’éducation prioritaire et de la politique de la ville)

    L’école sollicite en permanence les parents d’élèves, que ce soit par une communication institutionnelle diversifiée, mais relativement complexe ou pour susciter un accompagnement des apprentissages des élèves, un appui au travail personnel hors temps scolaire. Si les parents sollicités sont eux-mêmes en difficulté avec l’écrit, on installe un rapport trop difficile avec l’école et les apprentissages dont elle est porteuse, on crée de l’inégalité. Permettre aux parents en situation d’illettrisme d’accompagner positivement le parcours scolaire de leurs enfants et améliorer le rapport familial aux apprentissages scolaires et à la culture de l’écrit, constituent donc des enjeux essentiels de la prévention de l’illettrisme.
    Des actions de natures très diverses en direction des parents existent depuis assez longtemps ; elles touchent, pour l’essentiel, des familles non francophones, nouvellement arrivées en France. Ces actions sont évidemment très importantes et méritent d’être développées et optimisées ; elles ne concernent pas pour autant les parents en situation d’illettrisme qui le plus souvent dissimulent leurs difficultés et évitent les contacts avec les enseignants. Des relations de confiance doivent être rétablies entre l’Ecole et ces parents, un appui doit leur être apporté pour qu’ils accompagnent efficacement et dignement les apprentissages de leurs enfants. Il est alors essentiel d’informer les enseignants sur la réalité concrète de l’illettrisme, de leur fournir des outils efficaces pour identifier les parents concernés et pour communiquer avec eux sur ce point. Enfin, des expériences le montrent, les acteurs scolaires en contact avec les parents peuvent jouer un rôle incitatif intéressant pour amener ces personnes à s’inscrire à des actions de formation pour adultes dites « de base ».

    Objectifs opérationnels :
    ► exploiter les ressources disponibles (produites notamment par l’ANLCI) pour sensibiliser les équipes à la question de l‘illettrisme des adultes et les outiller (identification, communication) ;► repérer et analyser des pratiques qui prennent en compte les difficultés des parents face à l’écrit au niveau de la communication avec les familles et de l’appui à l’accompagnement du travail personnel ; prendre appui sur ces pratiques pour constituer des ressources au service de la professionnalisation des équipes sur ces questions,► outiller et soutenir les équipes pour faciliter leur participation au développement d’ « actions éducatives familiales » comportant un volet de formation « de base » pour des parents illettrés : valorisation et exploitation d’action existantes, mise à disposition d’un cadre de référence, appui de la mission LCI sur le volet partenarial et la mobilisation des financeurs, en tant que de besoin ;► mobiliser les personnels d’encadrement, les équipes de pilotage et d’animation des RAR/RRS prioritairement et mettre en place des actions de formation pour relayer l’information et assurer la diffusion et l’appropriation des outils et des démarches ;► installer un groupe de travail chargé de susciter un ou deux lieux d’expérimentation et d’y accompagner le travail en direction des parents.